Les piégeurs ont le blues

Ludovic Lompech, président de l'ADPAD 24, est soulagé de la publication du nouvel arrêté Esod. (Ph. A. Merlingeas)

[Faune sauvage] Dans un contexte compliqué, Ludovic Lompech, président des piégeurs de la Dordogne, invite les adhérents à participer à l’assemblée générale, le 5 septembre à Coulounieix-Chamiers.

L’incertitude autour de la suspension de la régulation des espèces Esod (espèces susceptibles d’occasionner des dégâts) depuis le 1er juillet, dans l’attente d’un nouvel arrêté ministériel (finalement publié le 21 août, ndlr), une fonction en mal de considération et victime d’actes de malveillance, le vieillissement de la population, un passage au tout numérique chaotique… Autant d’éléments qui rendent la vie dure aux piégeurs du département. Ludovic Lompech, président de l’Association départementale des piégeurs agréés de la Dordogne (ADPAD 24), témoigne d’une usure générale dans les rangs.

À près d’une semaine de l’assemblée générale de la structure, le 5 septembre à partir de 9 h à la Fanole à Coulounieix-Chamiers, l’homme bat rappel pour remotiver des troupes gagnées par le découragement.  » Nous travaillons pour lutter contre la tuberculose bovine et la prolifération du ragondin « , rappelle le président. L’ADPAD 24 compte 350 adhérents. Elle est rattachée à l’Unapaf (Union nationale des associations de piégeurs agréés de France). La structure périgourdine travaille avec le SMBI (syndicat mixte du bassin de l’Isle) et le SRB Dronne (syndicat de rivière du bassin de la Dronne). Concernant le ragondin, Ludovic Lompech revendique 1 600 animaux piégés sur le territoire du SRB Dronne et 206 pour le SMBI.  » En 2025, nous avons pris 380 blaireaux auxquels il faut ajouter 88 ramassés sur les bords de routes, soit plus de 460 au total « , énumère-t-il. Des chiffres de prélèvement qui baissent ces dernières années.  » Les piégeurs sont très âgés « , souligne en premier lieu le président pour expliquer cette diminution.

Nouvel arrêté Esod

Depuis le 1er juillet, le dispositif Esod, renouvelé tous les trois ans, était suspendu dans l’attente d’un nouvel arrêté du Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature. Ce qui empêchait le piégeage et la destruction par tir des espèces concernées, dites « du groupe 2 ». Finalement, l’arrêté, signé le 10 août, a été publié le 21. La liste des Esod a été renouvelée jusqu’au 30 juin 2029.  » Ça ne change pas grand-chose sauf que l’on peut piéger la fouine sur l’ensemble du département contre une trentaine de communes avant. La zone pour l’étourneau sansonnet s’étend à Saussignac et Monbazillac « , explique Ludovic Lompech qui invite les piégeurs à venir se renseigner auprès de l’ADPAD (www.adpad24.fr ou au 05 54 54 99 98) pour connaître les détails de l’arrêté et les modalités de piégeage.  » Nous sommes soulagés, même si les associations environnementalistes vont contre-attaquer « , pense-t-il. Longtemps inquiet d’un possible non-renouvellement de cette liste, d’autant plus que les déclarations de dégâts chutent, Ludovic Lompech tient à rappeler l’utilité des piégeurs pour réguler une maladie comme la tuberculose bovine, notamment.  » On a besoin des piégeurs, de les rassembler et d’en recruter. Malheureusement, on les dégoûte plus qu’autre chose « , assure-t-il.

Il évoque le passage au tout numérique dans les démarches et la communication.  » Le papi de 80 ans ne s’y fait pas ! selon le responsable périgourdin. Le problème, c’est qu’on ne peut plus faire d’envois postaux car les trois quarts des courriers reviennent à cause des nouveaux adressages. «  Un élément qui pose des difficultés de communication entre l’ADPAD 24 et les piégeurs. Les listings et les adresses sont loin d’être à jour. La population des piégeurs est vieillissante et peu portée vers les nouvelles technologies.  » Le problème est que l’on piège lorsqu’on est à la retraite car c’est très prenant « , précise le président.

Très sollicités

 » Nous sommes là pour aider le monde agricole et tous les citoyens. Toutes les semaines, j’ai des appels pour aller chercher une fouine dans un grenier ou un renard dans un poulailler. Nous sommes de plus en plus sollicités. Par exemple, un maraîcher nous appelle pour sortir un ragondin et le mettre chez le voisin car il n’est pas d’accord pour qu’on le tue. La loi ne nous permet pas ça. Sauf qu’il oublie les maladies comme la leptospirose « , affirme-t-il. S’ajoute à cela l’augmentation des cas de destruction de pièges.  » Des promeneurs sur les secteurs du SMBI et SRB Dronne les jettent à l’eau « , affirme-t-il. Des piégeurs sont aussi victimes de menaces et d’intimidations.

En dépit de toutes ces difficultés, Ludovic Lompech invite les piégeurs à participer à l’assemblée générale le 5 septembre.  » Il ne faut pas hésiter à venir prêter main-forte au sein de l’association et du conseil d’administration qui enregistrera trois démissions cette année. Le monde agricole a besoin de nous « , insiste-t-il. L’association offre aux participants l’apéritif déjeunatoire le midi.

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