L’arbitrage des aides est fait

Les services de l'État ont annoncé la répartition des mesures d'aides financières pour l'agriculture en Dordogne. (Ph. Th. Mercier)

[Aléa climatique] Vendredi 25 septembre, la préfète Marie Aubert a rendu ses arbitrages sur la mise en œuvre du fonds d’urgence agricole en Dordogne. L’objectif est de soutenir les filières agricoles en difficulté.

Cette fois, c’est tranché. Marie Aubert, préfète de la Dordogne, a rendu ses conclusions pour la mise en œuvre du fonds d’urgence agricole dans le département. Un arbitrage budgétaire qui a été réalisé à l’appui des tours de plaine, filière par filière, « pour essayer d’objectiver la situation ». La préfète a débuté son intervention en annonçant les taux de dégrèvement pour le foncier non bâti. Le taux pour les prairies et les terres arables est de 50 %, 55 % pour les vergers et 30 % pour les vignes. Ce volet financier représente une enveloppe de 8 millions d’euros de fiscalité en moins pour les exploitants agricoles.

En parallèle, la préfecture a engagé des démarches dans le cadre de l’indemnité de solidarité nationale pour les pertes de récoltes sèches (ISN). Les filières concernées sont les grandes cultures avec les céréales, les légumes pour l’industrie, l’arboriculture, les fraises et les petits fruits rouges.

De lourdes pertes pour les récoltes

« Sur le maïs grain, les taux de pertes estimées sont de l’ordre de 65 %, 55 % pour le maïs vert et plus de 50 % pour le tournesol ou l’orge. Les pertes en viticulture et en châtaigne seront étudiées lors d’une prochaine commission en décembre afin d’attendre la fin des récoltes », ajoute la préfète. Cette dernière a insisté sur le travail d’anticipation mené avec la Direction départementale des territoires, qui va permettre aux exploitants de toucher leurs indemnités avec six mois d’avance par rapport à un cycle normal de gestion de l’ISN.

Le troisième volet du dispositif concerne les aides sur le gasoil non routier (GNR). L’aide à hauteur de 0,15 €/l est prolongée jusqu’au 31 décembre. Il en va de même pour les engrais azotés, dont le montant plancher a été abaissé de 750 à 350 € ; ce qui permet à un plus grand nombre d’agriculteurs d’en bénéficier.

1 000 à 4 000 €

Le dernier volet concerne le fonds de réarmement agricole appelé Casi, dont l’enveloppe pour la Dordogne était de 2,87  M€. La priorité a été mise sur les exploitations les plus touchées selon cinq critères. Les 1 000 à 1 300 exploitants concernés vont recevoir une indemnisation qui varie de 1 000 à 4 000 €. Le public visé est en premier lieu les agriculteurs les plus en difficulté, connus par les acteurs agricoles (MSA, cellule Agridiff…). Viennent ensuite les éleveurs qui ont dû faire face à des dépenses imprévues pour l’alimentation du bétail. La troisième catégorie concerne les maraîchers ayant eu des pertes de récoltes. Enfin, les arboriculteurs et les céréaliers complètent la liste.

La procédure de demande d’indemnisation pour ce fonds Casi est à effectuer sur la plateforme de l’État « Mes démarches numériques ». « Toutes ces mesures n’ont qu’un seul objectif : permettre aux agriculteurs de retrouver de la trésorerie pour passer ce cap difficile. Néanmoins, elles ne seront pas suffisantes et les filières doivent s’inscrire dans une démarche plus structurelle et réfléchir à l’adaptation de l’agriculture périgourdine aux changements climatiques. Par le passé, celle-ci a réussi à le faire à la suite de la chute de la filière tabac en se tournant vers des productions à haute valeur ajoutée », estime la préfète.

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