Comment recréer les prairies ?

Jean-Luc Laforge reconnaît que, sans eau, ses 90 mères limousines ont entamé les réserves de fourrage de l'hiver, et cherche une solution pour relancer ses prairies. (Ph. L. Lemaire)

[Mutualisation] La 2e journée organisée par la FD Cuma se tiendra à Buissière-Badil, chez Jean-Luc Laforge. Dans un contexte de sécheresse extrême, la question de régénération des prairies sera au cœur des discussions.

À peine Jean-Luc Laforge descendu de son 4×4, sans même encore le seau d’aliment à la main, ses limousines, pas farouches, s’approchent rapidement au milieu du pré. À cette période, habituellement, l’herbe, même entamée, est verte, régénérée par des averses ou orages d’été bienvenus. Là, la couleur tire davantage au jaune et les animaux sont rassemblés autour des fourrages d’hiver que l’éleveur a déjà sortis. « On avait un peu de stocks mais on va voir ce que ça va donner juste avant le printemps prochain.« 

Installé depuis 20 ans en bovin viande, passé en bio en 2020, Jean-Luc Laforge gère seul 120 hectares de prairies dont 10 en méteils. C’est chez lui qu’aura lieu la deuxième journée de rencontres organisée par la FD Cuma, autour de cette thématique de régénération des prairies devenue tellement d’actualité. « Avec le changement climatique, on le voit bien, en cette période de fin d’été, les prairies sont « cuites ». On n’est pas sûr qu’elles repartent. Il va falloir apprendre à régénérer les prairies sans pour autant les refaire à 100 % », note Gwendoline Borloz, animatrice à la FD Cuma de Dordogne. Le but de la journée est donc de montrer les différents outils qui existent, « sans faire de comparaisons entre marques de matériels mais plutôt en se concentrant sur le sol, la météo et les autres conditions et contraintes de chacun« .

« Ici, nous sommes sur des sols argilo-siliceux (qui combinent de l’argile et des éléments sableux ou siliceux, ndlr), quand c’est humide, c’est plus facile à travailler. Mais vous parcourez cinq kilomètres et vous vous retrouvez sur du sable. Et quatre kilomètres dans l’autre sens, c’est argilo-calcaire, énonce Jean-Luc Laforge. C’est intéressant de voir quel engin ou quel système fonctionne selon les différentes conditions. Un engin peut être efficace sur du sable et pas sur de l’argile.« 

Plusieurs matériels seront donc en démonstration : un herbasol, pour le travail du sol en profondeur, une herse à prairie pour illustrer le travail en surface et plusieurs semoirs de semi direct concernant l’implantation de la graine ; « deux concessionnaires et deux agriculteurs viennent avec leurs semoirs« , note Gwendoline Borloz.

De l’IA dans les prés

La nouveauté, lors de cette journée, réside dans le dernier engin exposé. « J’ai gardé le meilleur pour la fin avec le pulvérisateur Ecorobotix, avec intelligence artificielle qui détecte les rumex.« 

Comme Jean-Luc Laforge est en bio, la démonstration aura lieu non pas avec un phytosanitaire mais un colorant. « On va ainsi pouvoir se rendre compte que le robot détecte les mauvaises herbes et disperse le produit dessus. Il permet une économie de 95 % de produit phyto sur les exploitations« , assure l’animatrice de la FD Cuma, qui concède que le prix du matériel est dissuasif mais dont l’achat peut être envisagé à plusieurs.

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