[Interview] Olivier Lasternas est devenu président de France Limousin sélection (FLS). L’éleveur-sélectionneur de Dordogne veut poursuivre l’adaptation aux enjeux actuels de la deuxième race allaitante française.
Quelles sont les raisons de votre arrivée à la tête de France Limousin sélection (FLS) à la place de Jean-Marc-Alibert qui a démissionné ?
Olivier Lasternas : En général, quand le président de France Limousin sélection démissionne, c’est toujours le président du Herd-book limousin qui prend la suite. Jean-Marc Alibert ne souhaitait pas renouveler son mandat. Je suis élu pour trois ans. Il faut conjuguer cette fonction avec la présidence du Herd-book limousin et mon exploitation. Je suis éleveur à Saint-Cyr-les-Champagnes avec mon épouse et notre fille aînée. Nous élevons 100 mères limousines sur 200 ha avec un atelier de post-sevrage et engraissement de 650-700 porcs par an, en agriculture biologique.
Quels seront les principaux enjeux de votre mandat ?
O. L. : On peut assimiler France Limousin sélection au parlement de la race limousine. C’est l’organisme de sélection agréé par le Ministère de l’agriculture. Il décide en quelque sorte de l’évolution de la race limousine. Les sujets sont nombreux. France Limousin sélection, par le biais de sa structure de recherche IngenomiX, mène des programmes de recherche. Les projets en cours portent sur l’adaptabilité de la limousine aux enjeux climatiques. Quand on voit la canicule de ces jours-ci, il existe une vraie nécessité.
Précisément, quels sont les sujets de recherche ?
O. L. : Par exemple, nous avons un programme où nous sommes en train de mesurer l’épaisseur du cuir des animaux et voir s’il existe un lien avec le stress thermique. Nous en sommes au début.
Concernant l’actualité, on entend parler des prix élevés de la viande et de déconsommation. Quel est votre avis sur ces sujets ?
O. L. : Arrêtons de nous faire mal. Globalement, la courbe de la consommation est linéaire depuis un certain temps. Tout dépend de ce que l’on met dans la consommation de la viande bovine. Si on intègre les plats préparés, nous sommes sur une quasi-stabilité. Le problème est plutôt de dire que la viande a atteint des sommets en termes de prix par rapport au déficit de l’offre. Ce prix-là permet de rémunérer nos structures mais il ne faut pas aller au-delà.
Côté sanitaire, quelle est la situation, en particulier au sujet de la tuberculose bovine ?
O. L. : On se rapproche du seuil de prévalence concernant la tuberculose bovine. C’est inquiétant. Si jamais on devait le dépasser, le commerce de nos animaux vivants, notamment des broutards, va devenir compliqué au niveau européen. On n’en est pas encore là. La vigilance est de mise, en particulier en Dordogne et Haute-Vienne.