Une exposition gratuite fait découvrir l’univers poétique et engagé de Banksy, du 1er au 17 mai, au Sîlot, à Coulounieix-Chamiers, dans un environnement urbain en accord avec le street art.
Hasard ou coïncidence, la barrière en bois qui fait face à l’entrée du Sîlot, peinte par des artistes de rue locaux, vient juste de changer d’aspect. « Les graff’ ont changé ce matin ou hier. Ils viennent juste de les refaire. » « Ils » ne sont pas forcément connus. S’ils ont un nom, on n’y associe pas toujours un visage. C’est comme ça dans l’univers du graffiti, longtemps resté illicite parce que réalisé sur des éléments de l’espace public (toilettes, murs, monuments publics…).
D’ailleurs, de celui dont les œuvres ont pris place dans la halle 3 du Sîlot jusqu’au 17 mai, on ne sait précisément pas à quoi il ressemble, malgré un nom plus que célèbre. Banksy pose en effet une partie de ses valises et de son art, pour une quinzaine de jours, dans l’auditorium du site dédié à la street culture sous toutes ses formes.
« Nous sommes le lieu parfait pour accueillir une exposition Banksy, avance Simon Déforge, responsable de la communication du Sîlot. C’est une ancienne friche industrielle avec des espaces pour des sports urbains comme le skateboard ou la culture urbaine avec la capoeira, des ateliers de graff, du hip-hop. C’est dans notre ADN.«
De fait, les membres de l’association Banksy modeste collection, qui font tourner l’exposition dans toute la France et même quelques pays limitrophes, auraient adoré l’installer dans la halle 7, là où se trouvent les rampes de skate. Ils ont finalement opté pour les 350 m2 de l’auditorium pour ériger les palettes récupérées auprès d’une entreprise locale, qui serviront de supports aux 300 œuvres de Banksy.
« On essaie de toujours avoir une scénographie différente. »
L’association a voulu cette exposition gratuite. « Pour nous, la culture doit être accessible à tous. L’idée, c’est de mettre en avant le tissu associatif local. On est là pour lever des fonds, pour des associations« , souligne Barnabé Dutheil, directeur de collection chez Banksy modeste collection. Une trentaine d’associations locales et artistes se sont greffés au projet, en « profitant » de l’attrait et des thématiques de l’artiste britannique engagé. « Banksy va parler de sujets de société, de problématiques sociales, d’écologie, d’autoritarisme, de société de surveillance, de soutien et de solidarité. Et avec lui, nous interpellons les gens : « Banksy parle ainsi de ces problématiques mais sachez qu’ici, il y a des associations qui travaillent aussi activement sur ces sujets ».«
Montée différemment selon les lieux où elle prend place, l’exposition ne ressemble jamais à la précédente sinon qu’elle exploite le même fonds d’œuvres. L’équipe choisit à chaque fois de mettre en avant des thématiques propres au lieu ou à la période. « Nous avons essayé de mettre à l’honneur tout le travail que Banksy a fait en Ukraine. Ce sera entre les deux grosses tours ; on a créé tout un salon, une ambiance vraiment très immersive« , ajoute Barnabé Dutheil.