Le cri d’alarme de la Capeb

Les élus de la Capeb ont alerté sur la situation catastrophique des entreprises périgourdines. (Ph. Th. Mercier)

[Économie] La Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment de la Dordogne alerte sur la situation difficile que traverse le secteur en raison de la crise au Moyen-Orient. C’est pour elle la crise de trop.

Ils en ont marre. Les élus de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) se sont réunis mercredi 22 avril pour dénoncer « la situation catastrophique » dans laquelle se retrouvent les sociétés périgourdines en raison du conflit au Moyen-Orient.

Au premier rang de leurs inquiétudes, la hausse du prix du carburant. « Un plein d’essence, c’est tout de même entre 30 à 40 € de plus par véhicule. Si vous prenez une petite entreprise avec une flotte de trois ou quatre voitures, c’est une augmentation de 600 € par mois », explique Benoît Jean-Louis, président de la Capeb Dordogne.

Le gasoil non routier (GNR), utilisé pour faire fonctionner les engins de travaux publics, est également concerné par cette hausse massive : de 1,60 € en janvier, il est passé à 2,20 € actuellement. Cette réunion de la Capeb est intervenue au lendemain des annonces du Premier ministre ; Sébastien Lecornu a promis une aide à la pompe d’environ 0,20 €/l pour le secteur du BTP. « Attention à l’usine à gaz. Il est inconcevable que nous ayons une procédure administrative complexe pour bénéficier de ces aides comme durant la Covid. Nous n’avons pas le temps pour cela. Ce qu’il nous faut, c’est une réduction directe à la pompe pour le secteur du bâtiment et des travaux publics », estime Magali Tournier, secrétaire générale de la Capeb Dordogne.

Des entreprises dans le flou

La seconde inquiétude de ces chefs d’entreprise, c’est la hausse des prix des matériaux de construction. La Capeb a fait ses comptes, tous les produits dérivés du pétrole ont augmenté dans la période du 25 mars au 10 avril de 2,5 à 20 %. Ce que la confédération craint, c’est une spéculation des prix comme ce fut le cas durant le choc ukrainien en 2022. « Actuellement, réaliser un devis est devenu impossible car nous n’avons qu’une estimation d’augmentation. Je ne peux pas dire à mes clients que le tarif sera revu à la hausse à l’issue du chantier, ça ne marche pas comme ça. Ce qu’il nous faut, c’est un délai de prévenance de la part de nos fournisseurs de matériaux pour pouvoir anticiper ces augmentations. Mais la crainte de ne pas pouvoir honorer mes chantiers existe », déplore à son tour David Barbier, chauffagiste à Négrondes et trésorier de la Capeb Dordogne. En corollaire de ces augmentations, les emplois dans ces PME sont directement impactés et des suppressions de postes ne sont pas à exclure. « Il y a également un très fort impact psychologique chez les dirigeants qui sont usés par ces situations qui se répètent. Certains de nos collègues ont déjà fait le choix de fermer leur entreprise pour devenir salariés », explique David Barbier.

« Ce que nous demandons, c’est une TVA à 5,5 % sur tous les travaux de rénovation. Nous voulons vivre de notre métier », clame Benoît Jean-Louis. « Cette mesure permettrait de favoriser la décision de réalisation des travaux de la part des ménages, sans avoir besoin d’injecter du cash dans l’économie et cela pourrait redonner du souffle au BTP », explique Magali Tournier. Désormais, la Capeb reste vigilante et n’exclut pas de descendre dans la rue pour se faire entendre.

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