Les parents d’élèves se battent pour conserver leurs classes

Les parents d'élèves et les enfants ont à cœur de conserver toutes les classes ouvertes et la qualité de l'enseignement et de vie qu'ils ont dans leur école. (Ph. L. Lemaire)

Mouleydier-Saint-Germain-et-Mons Les parents d’élèves se mobilisent avec une pétition face à la menace de fermeture d’une classe à la rentrée prochaine.

Dans le bourg de Saint-Germain-et-Mons, peu de voitures circulent ; sauf aux heures d’école. Aux heures d’école, la vie se saisit de cette petite commune à l’est de Bergerac. Le ballet des voitures se fait, déposant ou emmenant les enfants, leurs cris et leurs rires emplissent l’air, les parents s’arrêtent, discutent, plaisantent. Le tableau dépeint la vie classique de n’importe quel village d’un territoire rural évidemment. Sauf qu’ici, l’image d’Épinal est menacée par l’annonce d’une potentielle fermeture de classe dans le RPI (Regroupement pédagogique intercommunal) qui unit Saint-Germain-et-Mons à sa voisine Mouleydier. « On nous a annoncé ça il y a un mois, juste avant les vacances scolaires. Nous nous sommes réunis dans la foulée, le second vendredi des vacances, pour mettre une action en place, relate Sophie Lelais, déléguée des parents d’élèves. L’idée est de faire un peu de bruit autour de cette menace de fermeture par le biais d’une pétition.« 

Mise en ligne il y a une dizaine de jours, ladite pétition a recueilli près de 400 signatures. « Nous l’avons mise sur les réseaux sociaux, imprimé des affiches que nous avons posées dans les commerces alentour et bientôt des tracts sur les voitures. Il y a juste un QR code à flasher pour aller signer« , ajoute la déléguée bien déterminée à mobiliser rapidement le plus de monde possible autour de cette problématique à la fois très locale et très globale. « Nous sommes conscients qu’il y a d’autres communes où des classes sont menacées aussi, mais avec les élections municipales qui approchent, le dossier pourrait passer à la trappe des préoccupations.« 

Or, les parents d’élèves du RPI de Mouleydier-Saint-Germain-et-Mons sont pressés. « Nous venons d’avoir confirmation par la commune et l’école que la scolarisation aux toutes petites sections serait ouverte à la rentrée prochaine. Cela concerne les enfants qui n’auront pas encore 3 ans en septembre mais au moins au premier trimestre 2027. Mais il faut s’inscrire avant le 31 mars 2026« , détaille Pauline Lechien, autre déléguée des parents d’élèves. « Nous savons qu’il n’y aura pas des centaines d’inscrits mais même quelques-uns prouveraient qu’il y a matière à ne pas fermer de classes« , renchérit Sophie Lelais.

« Nous voulons garder la qualité de vie et d’apprentissage. »

Les parents d’élèves aimeraient par ailleurs que les politiques se saisissent du sujet, cette fermeture de classe potentielle impactant autant la vie de la commune que leurs enfants. « Ici, à Saint-Germain, il y a de plus en plus de jeunes couples et de familles qui font construire. Comme animation, il n’y a que l’école. Si on veut installer un commerce et faire revivre le bourg, elle est essentielle« , plaide Sophie Lelais.

Chiffres idéaux

Le RPI de Mouleydier-Saint-Germain-et-Mons représente une population de 132 élèves, répartis sur les deux communes dans des classes de double niveau allant de la maternelle au CM2. À Mouleydier, les maternelles, le CP et le CE1, à Saint-Germain-et-Mons, les classes de CE1, CE2, CM1 et CM2. Les plus petits sont à peu près 20 par classe, les plus grands, de 16 à 18. On est loin du seuil de 23 élèves maximum à ne pas dépasser dans les classes de grande section de maternelle, de CP ou de CE1.

« Effectivement, ça ne correspond pas aux chiffres idéaux pour l’Éducation nationale. Mais cela confère un confort, autant aux enfants qu’aux professeurs, que nous voulons garder. Trop de bruit, sur le cerveau des enfants, on sait que ce n’est pas bon« , soupire Pauline Lechien, mère de Lya, 10 ans, et d’Emy, 6 ans. Sophie Lelais, quant à elle, a Lyam, 4 ans et demi, qui est en moyenne section, et Zakary, bientôt 9 ans, qui évolue dans la double classe de CE1-CE2. « Une première année à l’école, pour des petits de 3 ans, à 25, ce n’est pas possible. Ils découvrent le fait de se sociabiliser. À 25, c’est plus compliqué qu’à 18« , constate-t-elle avant d’ajouter : « Aujourd’hui, tout est dimensionné pour qu’ils aient une bonne qualité de vie. À la cantine, il y a deux services. Couper la viande et aider 18 enfants à manger, c’est possible ; à 25, tout le monde sera beaucoup moins détendu.« 

Les neuf délégués de parents d’élèves aimeraient a minima décrocher une entrevue auprès de l’inspectrice d’académie départementale, Nathalie Malabre, pour « montrer qu’il y a pas mal de personnes qui comptent sur le maintien de cette classe« , argue Sophie Lelais. « C’est l’avenir de nos enfants mais pas seulement. Nous nous battons aussi pour les enfants à venir dans notre RPI« , ajoute Pauline Lechien.

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