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Auteur : Nelly Fray
Publié : jeudi 5 décembre 2013
Mis à jour : vendredi 21 mars 2014

Bénéficier du dynamisme du groupe

Benjamin Deffarge s’est installé en 2011 sur la propriété familiale, le château Moulin Caresse à St-Antoine-de-Breuilh, en même temps que son frère Quentin, mais il y travaillait déjà en tant que salarié depuis dix ans. Aujourd’hui, l’EARL Deffarge-Danger compte quatre associés pour un vignoble d’une quarantaine d’hectares en appellation Montravel (rouge, blanc sec, moelleux) et en AOC Bergerac (rouge et rosé). En tout, la famille propose une quinzaine de cuvées différentes, essentiellement vendues en bouteille. L’éventail des modes de commercialisation est également très ouvert : chez les cavistes, auprès de clients particuliers et de la restauration, en France comme à l’export (Europe, Asie, Canada et même certains pays d’Afrique.)
Une autre caractéristique de ce vignoble est de viser le moins de pollutions possibles dans la vigne et dans le vin tout en se méfiant du bio. « J’estime que la viticulture bio n’est pas forcément pertinente sur le plan environnemental car elle consomme trop de carburant. Si nous étions en bio, nous devrions faire plus de passages, notamment pour les traitements, vendanger à la main... pour une qualité de produit égale », explique le jeune viticulteur. Alors, il s’intéresse de près à la viticulture raisonnée et rejoint le réseau de surveillance viticole du Bergeracois géré par la Chambre d’agriculture.

Reconnaissance Terra vitis

Le réseau permet de bénéficier du dynamisme du groupe et d’avoir une information actualisée. Concrètement, il se traduit par des réunions techniques et des bulletins d’alerte hebdomadaires lorsque la vigne est poussante (sinon ils sont mensuels). L’antenne bergeracoise de la Chambre propose aussi des suivis à la parcelle et l’accompagnement via des logiciels de gestion du vignoble ou du suivi au chai, mes parcelles et ma cave. Ces dernières prestations sont payantes (en plus de l’adhésion pour devenir membre du réseau). Selon Benjamin Deffarge, « on réduit tellement les charges des phytosanitaires que le gain sur les coûts de production nous rembourse largement ce que ça coûte ».   
L’EARL qui veut arriver à limiter au maximum ses intrants procède par des comptages quotidiens et des piégeages lorsque la pression des parasites est forte. « Le traitement, s’il est déclenché, est toujours justifié », précise Benjamin. Le problème, ajoute-t-il, est qu’il n’y a pas de valorisation de ces bonnes pratiques.
C’est encore le réseau qui lui apporte la solution en lui permettant de découvrir la démarche Terra vitis qui permet de « cumuler les bonnes pratiques environnementales dans tous les domaines ». Le respect du cahier des charges permet de bénéficier de la marque, après audit. Au château Moulin Caresse, le millésime 2013 sera le premier à être
commercialisé sous cette marque, avec la mention haute valeur environnementale (HVE) 2. Mais déjà, le domaine espère atteindre le HVE 3 cette année : la marche la plus haute en matière de normes environnementales.

L’ENTREPRISE

EARL Deffarge-Danger
à St-Antoine-de-Breuilh
4 associés exploitants
47 ha de vignes, 2/3 en AOC rouges (Montravel, Bergerac), 1/3 en blancs
80 % des vins vendus en bouteilles

Réseau de surveillance. Avec son collègue François Ballouhey, le conseiller de la Chambre d’agriculture Laurent Colombier gère un groupe de 70 vignerons, en agriculture raisonnée ou en bio. Il souhaite l’ouvrir à plus de viticulteurs.

« Le but, c’est de provoquer les échanges »

2082 10 basDepuis quand le réseau de surveillance viticole du Bergeracois existe-t-il ? Dans quel but a-t-il été créé ? 

Laurent Colombier, conseiller viticole à la Chambre d’agriculture : Mes prédécesseurs ont créé le réseau au tout début des années 2000 pour accompagner les vignerons dans une démarche de viticulture raisonnée. L’idée était d’apprendre ensemble à reconnaître les maladies de la vigne, les auxiliaires, de discuter à plusieurs avant de prendre les décisions, le tout dans une optique à la fois économique et environnementale. On estimait alors qu’au bout de trois ans, le vigneron avait acquis assez d’autonomie pour se passer du réseau.

Une décennie plus tard, le réseau existe toujours. A-t-il évolué ?

L. C. : Oui forcément puisque la viticulture a évolué. Aujourd’hui, on estime que 12 % des domaines viticoles du Bergeracois se sont convertis à l’agriculture biologique. Pour François Ballouhey, mon collègue, et moi-même, qui gérons le réseau, il ne faut surtout pas créer de scissions entre bio et non bio. Le but au contraire, c’est de provoquer les échanges, de s’enrichir mutuellement des pratiques des uns et des autres. Et c’est gagné. Aujourd’hui, il y a 70 vignerons qui participent activement au réseau, une dizaine en bio, tous très différents par la taille du vignoble exploité, leur système de production et de commercialisation... Nous avons aussi des partenariats avec des caves coopératives, qui peuvent par exemple juste demander le bulletin d’alerte hebdomadaire. Ainsi, nous touchons la moitié des exploitations viticoles du Bergeracois. 

Avez-vous fait évoluer les services rendus aux membres du réseau ?

L. C. : En même temps que la typologie du réseau changeait, les services évoluaient, de nouveaux besoins naissaient. Nous avons maintenu le principe des réunions hebdomadaires en bout de rang chez les membres de notre réseau, mais nous faisons aussi de plus en plus d’expérimentations chez eux, sur des parcelles de référence. Elles concernent la gestion de l’enherbement, de la matière organique, l’agronomie, en plus évidemment de l’économie des traitements, toujours à l’ordre du jour.

Pourquoi vouloir étendre le réseau qui compte déjà 70 viticulteurs ?

L. C. : Parce que c’est de la diversité que nait l’enrichissement mutuel. Plus nous serons nombreux, plus nous partagerons de connaissances. Nous-mêmes, conseillers, nous ciblons mieux nos conseils, nous les adaptons à la problématique de chaque exploitation, grâce aux échanges dans le réseau. Nous espérons que la réunion annuelle du réseau, vendredi 31 janvier, ouverte à tous, donne l’envie à d’autres vignerons de venir nous rejoindre. 

Réunion du 31 janvier

Le réseau de surveillance viticole du Bergeracois se réunit vendredi 31 janvier, de 9 h à 12 h 30 au Pôle viticole de Bergerac sur le thème “Pression des ravageurs, baisse des intrants phytosanitaires : quelles solutions ?”
Programme : Analyse de la campagne viticole 2013. Eudémis : biologie de l’insecte et confusion sexuelle. Mise en œuvre de la confusion sexuelle au vignoble. Mobilisation contre la flavescence dorée autour du GDON, les clés de la réussite pour réduire les interventions insecticides.
À 12 h 30, un casse-croûte à base de produits locaux est offert par la Chambre d’agriculture. Réservation obligatoire au 05 53 63 56 60.


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