Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 15 novembre 2019

Saint-Cyprien. Une visite de la laiterie Péchalou s’est déroulée dans le cadre du Mois de la bio. La marque a présenté sa démarche territoriale où le bio tient une place grandissante.

Péchalou en quête de lait bio et local

Le temps a passé depuis la création de Péchalou en 1988 au Gaec de Péchalifour. Frédéric Pallier, cofondateur de la structure avec Frédéric Villefert, est aujourd’hui directeur de production. Il reste un grand témoin de cette évolution. Le 6 novembre au siège à Saint-Cyprien, à l’occasion de la première visite organisée dans le cadre du Mois de la bio, il a énoncé les nouveaux besoins de la société productrice de yaourts. « On se dirige de plus en plus vers la transformation de lait biologique. Nous avons besoin de recruter en lait de vache et brebis », a-t-il expliqué à la trentaine de participants.

Sans délaisser pour autant les yaourts au lait conventionnel, le “projet“ Péchalou penche de plus en plus du côté du bio. Il faut dire que le patron de l’entreprise, Thomas Breuzet, n’est sans doute pas étranger à cette évolution depuis qu’il en a pris les rênes en 2014. Il est également administrateur d’Interbio Nouvelle-Aquitaine et président de la commission restauration collective. Il a fait un petit historique du développement de l’entreprise. « L’an dernier, on a allongé notre bâtiment de 500 m2. Cela prouve que Péchalou se porte bien puisqu’on est en mesure d’investir : 2 millions d’euros en quatre ans. » Il a mis en avant l’esprit d’équipe de l’entreprise qui compte 29 salariés, et cette volonté de concevoir des produits laitiers « gourmands, simples et bons ». Le projet s’ancre dans un territoire. « En achetant un yaourt Péchalou ou Laiterie du Périgord, on achète aussi un morceau de Périgord. »

Les premières fabrications en bio datent de 2004 mais c’est en 2008 qu’une gamme est lancée en grande surface. La marque
Laiterie du Périgord voit le jour en 2015 pour le réseau spécialisé bio, alors qu’en 2018, c’est au tour de la gamme au lait de brebis bio d’être lancée. Péchalou est vendu en grande surface avec sa déclinaison bio qui gagne du terrain. « Aujourd’hui, Péchalou fabrique 50 % de bio. Cette marque est aussi vendue dans les cantines, uniquement en bio », affirme Thomas Breuzet. L’an dernier, l’entreprise a réalisé un peu plus de 5 M€ de chiffre d’affaires. En 2019, le dirigeant table sur 5,7 M€. « On a une croissance annuelle autour de 15 %. »

Des besoins à combler

1 200 tonnes de lait de vaches ont été collectés en 2018. Il faut y ajouter 83 tonnes de lait de brebis. La laiterie fabrique 1 800 tonnes de yaourts par an avec une capacité de production de 2 500 tonnes contre 800, cinq ans auparavant. L’approvisionnement en lait de vache bio se partage entre quelques éleveurs locaux historiques, notamment dans le sud du département. Le reste des volumes provient de Biolait aussi localement. Pour le lait de brebis, la laiterie s’approvisionne auprès de deux éleveurs locaux, partagés avec la laiterie le Chêne vert, mais l’essentiel (70 %) vient de l’Aveyron. « Notre objectif est de trouver des éleveurs de brebis bio en Dordogne », espère Frédéric Pallier, soulevant l’importance des coûts et des difficultés logistiques de ramassage propres à la filière laitière. « On aurait tout intérêt à aller chercher notre lait de brebis en Aveyron. Il nous coûte 150 € la tonne pour le ramener ici. En Dordogne, le coût de collecte dépasse les 260 €. »

Il évalue la collecte de lait de vache à 1 400 tonnes en 2019, dont 60 % en production biologique. À l’horizon 2022, les besoins seront de 180 tonnes en lait de brebis bio. En lait bio de vache, la progression devrait avoisiner les 400 tonnes, dont 200 tonnes fin 2020, alors que la croissance s’annonce légère en conventionnel. Frédéric Pallier a ensuite détaillé le système de production développé en ovin lait avec des mises bas en janvier, une tendance à l’autonomie alimentaire maximale. Le prix moyen à l’année payé à l’éleveur oscille de 1 380 à 1 400 € la tonne avec un pic bas de 1 000 € en mars, avril et mai. En lait de vache bio, il sera de 500 € la tonne avant une indexation qualité. La laiterie s’engage sur un premier contrat de sept ans pour les producteurs en conversion avec un prix fixe sur trois ans.

 

 


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