Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 11 octobre 2019

 

HAUTEFORT - LA BACHELLERIE. La coopérative agricole de La Bachellerie a célébré ses 100 ans. Ses dirigeants préparent l’avenir et adaptent les services proposés dans un contexte où le nombre d’agriculteurs régresse.

 

La coopérative souffle ses 100 bougies

On n’a pas tous les jours 100 ans. À cette occasion, les administrateurs et dirigeants de la coopérative agricole de La Bachellerie ont élaboré un jeu-concours, du 24 septembre au 8 octobre, avec des cadeaux surprises à gagner ainsi qu’un séjour. « On voulait remercier nos adhérents et clients », dit Alain Larue, directeur. Si la structure a commencé son activité du côté de La Bachellerie, où se trouve également un atelier de réparation de motoculture, elle compte un autre magasin à Hautefort, entre l’ancienne gare et l’Intermarché. À croire le directeur, c’est même ce point qui marche le mieux puisqu’il se situe dans une zone passante avec un plus grand potentiel agricole. 

 

La coopérative est née en 1919 de la volonté d’agriculteurs. C’est dans les années 80 que le magasin voit le jour à Hautefort. La structure comprend 7 salariés à temps plein. Elle écoule des engrais (1 200 tonnes), des semences, des aliments pour animaux. En matière de fertilisation et de biocontrôle des végétaux, elle se fournit auprès d’Agri Synergie, basée en Dordogne. « J’essaie de travailler le plus possible avec des fournisseurs locaux, Périgueux ou Brive », assure le directeur. Dans un secteur où la culture de la noix est forte, ainsi que l’élevage bovin et l’aviculture, les produits proposés tournent autour de ces spécialités. La coopérative revendique 200 adhérents et 500 clients. 

 

Bien évidemment, les services et ventes ont évolué en 100 ans. Les produits de traitement bio gagnent du terrain dans un contexte d’évolution agroécologique des pratiques. La coopérative s’est lancée dans la vente et la livraison de pellets de bois. Elle livre aussi de plus en plus de bouteilles de gaz à domicile. « On va changer les bouteilles chez les personnes âgées. Le lien social occupe une place importante », dit Alain Larue. « On essaie de rester proche des adhérents et des clients en milieu rural », ajoute Valérie Delbast Joffre, la présidente de la coopérative. Face aux difficultés, les agriculteurs sont plus que jamais en quête des meilleurs prix, ce qui oblige à s’adapter. « On est une petite coopérative par rapport à nos concurrents. On conseille l’agriculteur. On propose les semences les plus adaptées au terroir », ajoute-t-elle. « On est aussi là pour écouter leurs besoins, pas seulement pour leur vendre des produits », selon le directeur.

 

« Il faut changer les mentalités »

 

« Aujourd’hui, on couvre un périmètre d’intervention un peu figé sur les cantons de Hautefort et La Bachellerie, ainsi que les communes limitrophes », explique Alain Larue. Avec la déprise agricole et le recul du nombre d’agriculteurs, le statut de coopérative de l’entité est remis en cause. Son chiffre d’affaires (2 MÄ) est de plus en plus le fait des non-agriculteurs. « On travaille beaucoup avec les artisans, les communes et les intercommunalités. On est plus qu’une coopérative. On devient une grosse quincaillerie. On vend du sable, du ciment, des matériaux pour l’électricité ou la plomberie. Petit à petit, on s’est élargi. » 

 

Valérie Delbast Joffre compte bien redonner un nouvel élan à l’entité : « Il faut changer les mentalités. Ce n’est pas évident dans un milieu rural et masculin. Le nombre d’adhérents diminue. La vision de la coopérative doit évoluer », explique-t-elle. Pour autant, pas question de parler de fusion avec une coopérative concurrente. Elle espère bien préserver ce statut coopératif, gage d’indépendance. Elle parle de changer le mode de communication avec les adhérents et la clientèle via la téléphonie mobile et internet. Parmi les projets, un parking commun doit être construit en 2020 avec l’Intermarché d’Hautefort pour dynamiser les ventes. « Ce n’est pas facile de se faire connaître du grand public », reconnaît la présidente. Surtout sur le site de La Bachellerie qui ne se situe plus sur la route de passage principal depuis la création de la déviation et du rond-point de l’autoroute.

 

En dépit de ces transformations, au sein de la coopérative, on espère que la centenaire poursuivra sa route 100 ans de plus.

 

 


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