Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : vendredi 19 juillet 2019

 

Liorac-sur-Louyre. Hugues de Froment a repris l’élevage familial ovin, il y a cinq ans. Pour l’aider à gérer son troupeau, il peut compter sur Hanoï, un chien de troupeau avec lequel il sera à Terre en fête pour des démonstrations.

Le chien de troupeau, outil indispensable

Pour atteindre les brebis qui ont trouvé l’ombre tant appréciée à l’abri d’un bosquet d’arbres bas, il faut marcher un peu ; ce qu’Hugues de Froment fait volontiers en compagnie d’Hanoï, un border collie de 4 ans, chien de troupeau docile et efficace. Doux et joyeux, Hanoï obéit sans rechigner à la voix du berger, sans même qu’il ait besoin de l’élever ; au contraire. « Je l’ai habitué comme ça, presqu’au murmure ; du coup, lorsque je pousse la voix ou que je m’énerve c’est contre-productif : il ne comprend plus. » Hanoï est le premier chien de troupeau qu’Hugues de Froment a dressé. C’est sans doute pour ça qu’il a été si attentif à ce genre de détail, au fait que « la tonalité importe davantage que le mot ; crier peut le déformer donc il faut des ordres courts et audibles par le chien ». Certains bergers optent d’ailleurs parfois pour le sifflet, plus neutre.

Difficile donc de “prêter“ Hanoï à un collègue. Hugues de Froment ne s’en séparerait pour rien au monde, en fait. Son travail au quotidien n’est que trop facilité par la présence du canidé. « C’est une question de dépense d’énergie. On est plus tranquille de se dire qu’on a un chien qui va faire une partie du travail plutôt que d’avoir la perspective de passer deux heures à courir après une brebis, explique le berger. Ça n’arrive que sur un coup de panique, lequel survient si le berger est stressé, et il l’est plus quand il n’a pas de chien. C’est un cercle vicieux. »

Il en sait d’autant plus quelque chose qu’il a passé un an sans l’aide d’Hanoï. « J’ai vu la différence. Le bâtiment où se trouvent les agneaux de boucherie est loin du quai d’embarquement. Pour les trier, je les fais sortir avec le chien. S’il n’était pas là, je ne pourrais pas passer par l’extérieur. Je devrais regrouper les bâtiments. Hanoï me permet aussi de pouvoir étaler le travail sur la journée plutôt que tout concentrer aux heures fraîches. »

« Il faut deux ans minimum pour dresser un chien. »

Avec une perle pareille, difficile d’envisager faire sans ou avec un autre. Mais le temps consacré au dressage peut aussi être un argument dissuasif. « Il faut deux ans minimum pour élever un chien de troupeau. Beaucoup cherchent un chien déjà dressé mais ça n’est pas possible. Il faut le faire soi-même. C’est de l’investissement de temps. Les agriculteurs ont déjà tellement de choses à faire dans la journée que lorsqu’ils ont fini, ils n’ont pas forcément envie de se mettre à dresser leur chien. »

Hugues de Froment continue lui-même de se former pour toujours améliorer son rapport avec Hanoï. « Il faut aller à des stages de dressage. Il y a deux fois six journées sur deux ans. Ce n’est pas obligatoire mais fortement recommandé, car elles sont encadrées par des moniteurs et ça aide beaucoup. » Pour convaincre les curieux ou les éleveurs sur le point de se convertir, le berger jouera la carte de la démonstration. Il sera pour cela à Terre en fête, le 28 juillet, entre
Montagnac-la-Crempse et Beleymas, la grande réunion des Jeunes Agriculteurs. Trois démonstrations de 30 minutes environ du travail de chien de troupeau sont prévues dans l’après-midi. Petit challenge : la cinquantaine de brebis à diriger ne seront pas issues du troupeau d’Hugues de Froment. De quoi vérifier l’efficacité d’Hanoï.

 


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