Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 15 mars 2019

 

Thiviers. Le préfet de la Dordogne, Frédéric Perissat, est venu visiter l’exploitation de Joël Faure, sur les sites de Razac et Planeau, pour constater les efforts faits par les éleveurs contre la tuberculose bovine.

La biosécurité au quotidien

La génisse rue, tente de se dégager puis se retrouve la tête bloquée dans le couloir de contention mobile. Les autres bêtes attendent derrière la première. Le vétérinaire, Aurélien Margueritte, de la clinique de Thiviers, peut officier. Il s’approche avec sa tondeuse de l’encolure de la vache, il rase deux petites bandes et mesure chacun des deux plis de peau. Il revient avec deux seringues et, bien que la génisse essaie d’y échapper, effectue les deux injections, de la tuberculine aviaire et bovine. Dans quelques jours, il reviendra mesurer la réactivité. C’est comme ça que se réalisent les test d’intra dermo tuberculination des cheptels bovins en Dordogne, pour dépister le plus précocement possible la tuberculose bovine.

Cette maladie, Joël Faure est malheureusement bien placé pour en parler, comme il l’a rappelé au préfet lors de la visite de sa ferme, mardi 12 mars : « J’ai eu à subir un abattage total en 2005 et un abattage partiel en 2012, à cause de la tuberculose bovine ». Et l’éleveur d’évoquer le traumatisme psychologique et le fiasco économique que ça représente. Le préfet, Frédéric Perissat, compatit : « C’est toujours très compliqué mais on ne peut pas faire autrement. La moindre défaillance fait prendre un risque à tout le monde. »

Près de la stabulation, au lieu-dit Razac où se déroule la prophylaxie sur le lot de génisses, le fumier est entouré d’une clôture électrifiée. Cette précaution contre l’intrusion de faune sauvage participe des mesures de biosécurité simples à mettre en place sur une exploitation. Parce qu’il en va de la lutte contre la tuberculose bovine comme de la vaccination : c’est une œuvre collective à laquelle doivent participer tous les acteurs, au premier rang desquels les éleveurs. Le préfet, le directeur de la DDCSPP, Frédéric Piron, le responsable vétérinaire, Franck Martin, ou encore Patrick Bardou, directeur de GDS, n’ont pas cessé de répéter la même chose.

Mobilisation collective

Après le site de Razac, la visite s’est poursuivie à Planeau, siège de l’Earl éponyme et site d’engraissement de l’exploitation. La mise aux normes a eu lieu dans les années 1999/2000 et l’outil est fonctionnel tout en incluant, là aussi, des aménagements de biosécurité. Par exemple, les eaux de toitures sont récupérées puis busées jusqu’au fond du vallon en contrebas. L’avantage ? Elles alimentent le ruisseau et fixent sur place les ragondins qui « avant, venaient rôder près des bâtiments », se souvient Joël Faure. Les abreuvoirs font l’objet d’attentions particulières. L’éleveur préconise aussi l’utilisation de culbuto pour les pains de sels laissés dans les prairies, ainsi seules les vaches y ont accès.

« Avec mon voisin Sébastien Lechevalier, nous avons des prairies mitoyennes. Nous y pratiquons le pâturage alterné et une partie est en double clôture », précise Joël Faure. Dans ce secteur du Périgord vert où sévit la tuberculose bovine depuis longtemps, tout ce qui peut être fait contre cette maladie est bienvenu. Le préfet, s’appuyant sur l’exemple des Ardennes où il était en poste et où la maladie a été éradiquée, le réaffirme : « Il faut une mobilisation collective pour obtenir des résultats »

 


 

DÉTECTION

Des chiffres encourageants

En 2018, 31 foyers de tuberculose bovine ont été révélés sur 98 000 animaux testés. En 2019, 140 000 bovins vont être dépistés, on est à neuf foyers révélés, on était à 16 à la même période, en 2018.

 

 


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