Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : vendredi 23 novembre 2018

 

Pâturage. La Chambre d’agriculture de Dordogne met en place une initiative innovante : faire pâturer des brebis au milieu des vignes. Cette expérimentation a débuté mardi 20 novembre et devrait s’étaler sur deux ans, à l’hiver et au printemps.

Brebis, les grandes nettoyeuses

Lâcher des brebis au milieu des pieds de vigne, mais quelle idée ! Elles vont dévorer les raisins ! Voilà la première pensée qui vient lorsqu’on parle de ré-instaurer ces animaux en viticulture. Oui, “ré-instaurer“. Car cela se faisait beaucoup avant ; « des troupeaux du Pays basque remontaient jusqu’en Gironde pour venir entretenir les interrangs des vignes, raconte Camille Ducourtieux du département élevage de la Chambre d’agriculture de Dordogne. Et non, a priori elles ne mangeront pas les raisins ; ce ne sont pas des chèvres. Les brebis sont avant tout attirées par les couverts plutôt que par l’écorce ou les fruits. »

Nous voilà rassurés. Mais pourquoi, d’un seul coup, procéder à ce lâcher de quarante brebis au sein d’une parcelle de Monbazillac ? La démarche est expérimentale et se prénomme “Brebis_link“. L’ambition est moins de reproduire ce qui se faisait ailleurs en disant “C’était mieux avant“ que, au contraire, de créer son propre modèle de fonctionnement, en tirant bénéfice des bonnes expériences du passé. « L’idée est de dynamiser les territoires tout en créant du lien social autour du pâturage ovin, explique Camille Ducourtieux. C’est ce qu’on appelle du pâturage additionnel tel que les vergers, les couverts, les céréales... C’est de la ressource fourragère qui peut être valorisée pour les brebis. Après, c’est du donnant-donnant entre l’éleveur et le viticulteur, qui voit ainsi ses vignes entretenues. »

Les responsables du projet espèrent ainsi que les brebis se chargeront de nettoyer les interrangs en hiver et éclaircir les vignes de leurs feuilles, au printemps, juste avant la véraison.

Phase test sur deux ans

« Les interrangs sont de nouveau enherbés. Habituellement, il faut passer avec la machine pour limiter la pousse. Avec les brebis, ça signifie moins de passage de tracteur donc moins de tassement des sols », souligne la technicienne avant d’ajouter que les brebis pourraient aussi avoir une action bienfaitrice au niveau du mildiou : « La maladie fait son cycle en hiver, dans les feuilles. Si les brebis agissent sur celles-ci, cela peut impacter le développement du mildiou et le freiner. »

Les arguments ne sont pour l’heure qu’hypothèses, et c’est à confirmer ou infirmer ces dernières que l’essai va servir. La parcelle pâturée représente 1,5 ha sur lequel les brebis vont rester une semaine, jour et nuit. Si l’affaire est concluante, elles reviendront au printemps, puis l’année prochaine. Durant ces phases test, rien n’est laissé au hasard : les vignes seront étudiées mais les brebis également. Le bien-être animal, ça compte aussi.

 

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