Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 7 septembre 2018

Belvès. La Ferme de Marcillac a commencé son activité en maraîchage bio cette année. Hugo, Margaux et Gaspard inaugurent les lieux en construction ce vendredi au lieu-dit Pascal. 

Des néo-paysans motivés et engagés

Cette année 2018 aura été celle des grands débuts pour les créateurs de la ferme de Marcillac. Ce joyeux trio de néo-paysans a vécu sa première saison maraîchère sur un espace-test d’un hectare, une ancienne prairie clôturée pour parer aux dégâts de gibiers, à l’entrée de laquelle trône une petite serre pour les semis. Ce vendredi 7 septembre à 18 heures, ils s’attendent à recevoir du monde pour l’inauguration des lieux qui s’annonce comme un beau moment de convivialité et de découverte avec un petit marché de producteurs locaux. Agrobio Périgord sera présent, ainsi que des élus et des habitants locaux. 

Ces trois trentenaires, de purs citadins originaires de la région parisienne, ont un parcours atypique qui les a menés sur les terres périgourdines. Hugo Carton est ingénieur de formation. Il a travaillé dans une association environnementaliste. Sa compagne, Margaux Bounine Cabalé a suivi des études de droit et environnementales avant de faire du bénévolat dans des fermes biologiques en Amérique du Sud, puis de réaliser un tour de France des fermes alternatives. Elle a créé l’association Happy cultors pour rendre compte de cette orientation vers une agriculture vertueuse. Quant à Gaspard Recoing, il effectue ses études dans le commerce international, puis travaille dans une entreprise qui concevait des étiquettes électroniques de supermarché. Il a pratiqué le woofing dans différentes exploitations. Hugo Carton raconte leur rencontre : « J’ai fait deux ans de bénévolat dans une association à côté de Poitiers qui s’appelle Terre, paille et compagnies. Elle organise des formations en permaculture. On s’est rencontrés à cet endroit. On avait tous les trois le projet de créer une ferme. On a monté un dossier en collectif ».

« Tester notre activité le temps nécessaire »

Après avoir cherché des terrains dans le sud de la France, une bonne opportunité se profile grâce aux parents d’Hugo. Tous les deux architectes, ils décident d’acheter un gîte à Belvès. « On aimait beaucoup cette région. Il y avait des terres autour des bâtiments qui correspondaient à ce que l’on cherchait. Mes parents nous en ont laissé l’usufruit. On a acheté d’autres parcelles complémentaires et une maison d’habitation qu’on a retapée ». Hugo et Gaspard ont obtenu leur BPREA en juin au lycée agricole de Périgueux. 

En espace-test actuellement, l’exploitation n’en est qu’à ses prémices. Elle comprendra, une fois la vitesse de croisière atteinte, trois pôles : un espace maraîcher (1,5 ha), un verger de fruits diversifiés (4 ha) et des poules pondeuses sous les arbres. « Notre idée consiste à tester notre activité le temps nécessaire et de passer dans un véritable parcours à l’installation et de solliciter la DJA. Cette année, on a produit pas mal de haricots verts bio pour rembourser nos investissements car on avait de la demande. On a constaté qu’il existait des besoins en légumes d’hiver et en fruits bio locaux », explique Hugo Carton. Dès le printemps prochain, les premiers poulaillers mobiles devraient être installés sous les vergers existants, tandis que l’hiver suivant verra la plantation de nouveaux arbres fruitiers, essentiellement des fruits de table. Le trio envisage aussi l’installation de serres de production plus grandes. 

Pour la commercialisation, la vente directe va être privilégiée. Les trois compères n’excluent rien en la matière. « On a commencé le marché du Bugue, le mardi matin. L’idée est d’en faire 2 ou 3 par semaine avec de la vente à la ferme. On pense à acheter un ancien séchoir à tabac pour faire office de magasin de vente ». Dans cette optique, ils voudraient essayer des nouveaux modes de vente comme le libre-service ou l’auto-cueillette. 

 


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