Auteur : Théophile Mercier
Publié : jeudi 28 avril 2022

  

Nuciculture. Alain Dominique est producteur d’huile de noix depuis bientôt dix ans sur la commune de Grignols. Son fils Théo l’a rejoint récemment pour développer et dynamiser la production familiale.

 

La valorisation du terroir

 

Installé depuis 1988, Alain Dominique conduit une exploitation en polyculture élevage de 150 ha avec 50 vaches limousines. La ferme qu’il dirige est installée à Grignols depuis bientôt 100 ans. Avant lui, cinq générations se sont succédé. Il y a 10 ans, l’exploitant a décidé de se tourner vers la culture de noix en vente directe. 10 hectares sont consacrés à cette production pour laquelle 1 500 noyers ont été plantés. « J’ai fait le choix de travailler avec les variétés franquette et fernor car elles ont une croissance tardive. Sachant que nos vallons sont froids, c’est l’idéal », estime l’exploitant. Ce dernier explique aussi que son atelier noix commence à prendre de l’ampleur sur le reste de la ferme. « Je fais un chiffre d’affaires de 170 000 euros dont 25 à 30 000 euros sont réalisés grâce à la production nucicole », détaille-t-il.

 

Changement de stratégie

Mais l’homme n’est plus seul dans son travail puisque Théo, son fils, l’aide désormais dans sa tâche. Ce commercial chez John Deere a apporté un dynamisme et un regard neuf au travail de son père. Les deux hommes collaborent pour perpétuer la tradition familiale avant une installation de Théo prévue dans les cinq ans qui viennent. Le travail entre eux est parfaitement bien réparti : le fils se charge de la commercialisation et de la communication ; son père de la production. L’arrivée de Théo, il y a deux ans, a permis à l’atelier noix de prendre un virage important en orientant la production vers l’agriculture biologique. Pour le moment en conversion, celle-ci devrait être certifiée dans un an. « Nous avions une demande de la part de nos clients et lorsque nous avons regardé notre conduite, nous nous sommes aperçus que nos pratiques se rapprochaient du cahier des charges de l’agriculture biologique. Nous avons donc sauté le pas », explique Alain. 

Dans leur conduite, le paillage des noyers à l’aide de fumier a remplacé le désherbage chimique. Et pour lutter contre la mouche du brou, principal nuisible, le nuciculteur utilise du kaolin qui a aussi pour bénéfice de protéger les feuilles des arbres des rayons du soleil en été. Au total, pas plus de six passages de traitement sont réalisés par an. Pour donner encore plus de visibilité à leur production, Théo Dominique a décidé de créer la marque “la Ferme de Peyrignolles”, entièrement dédiée à la commercialisation de l’huile de noix. 

 

Se distinguer

Récemment, ce travail a été couronné de succès car les deux hommes ont obtenu la médaille d’argent au concours général agricole au Salon de l’agriculture grâce à leur huile de noix AOP. « Nous avons toujours eu des bons retours de nos produits, mais il était important pour nous de nous confronter à des productions plus importantes. Cette médaille vient conforter notre travail et donne un coup de projecteur à notre exploitation », estime Alain. La production justement se décompose en deux catégories : une huile de noix en AOP et une huile traditionnelle. La première est chauffée à moins de 100 °C pour respecter le cahier des charges. « Nous avons toujours été en AOP depuis le début de la production car le signe de qualité permet de se distinguer et de se faire connaître plus facilement », explique l’exploitant. 600 litres sont produits chaque année par la Ferme de Peyrignolles, qui travaille avec le moulin de La Veyssière pour la partie transformation. « Nous produisons de la manière la plus naturelle possible, c’est-à-dire que l’huile n’est pas filtrée mais décantée pendant un mois dans des cuves en inox. L’intérêt de cette pratique est d’éviter les manipulations et l’oxydation du produit », précise Théo Dominique. 

 

Partenariat familial

 

Des huiles qui sont vendues ensuite en partie par la coopérative La Périgourdine et le reste aux particuliers ou via les comités d’entreprise. Le père et le fils proposent aussi des cerneaux sous vide. Pour le moment, les noix sont cassées à la machine mais décortiquées et triées à la main sur place en grande partie par les grands-parents. Les frères de Théo, quant à eux, mettent la main à la pâte au moment de la récolte. Mais dans une optique de développement, Théo et Alain envisagent de s’équiper : « 30 à 50 000 euros d’investissements sont à prévoir sur la partie transformation et conditionnement car le travail reste encore très artisanal », détaille Théo Dominique. Il précise ses objectifs : « Mon idée est de développer une commercialisation intégrée qui ne soit pas dépendante de la grande distribution. Nous allons devoir entreprendre un travail de démarchage important auprès des épiceries fines, par exemple. Il n’y a qu’en étoffant le portefeuille de clients que l’on va pouvoir se sécuriser », explique-t-il. 

Pour ce faire, Théo mise beaucoup sur la communication et l’image de ses produits. Une fois encore, la famille n’est jamais loin puisque certains de ses cousins s’occupent de la gestion du site internet et les autres l’aident dans la commercialisation des produits. « C’est un véritable partenariat familial », conclut Alain Dominique.


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