Auteur : Alexandre Merlingeas
Créé : jeudi 31 mars 2022

Production. Patrick Dubesset, éleveur de veau sous la mère à Ribérac, cultive du soja depuis une dizaine d’années. Il travaille son autonomie alimentaire et a converti ses cultures en bio.

 

Les atouts de la culture du soja

 

Patrick Dubesset commence à connaître la culture du soja qu’il pratique depuis dix ans dans son exploitation à Ribérac. En 2022, il prévoit d’en implanter 18 ha sur deux parcelles. « En général, cela varie entre 10 et 20 ha en fonction des années et de l’assolement », explique l’éleveur de veau sous la mère. Le Gaec de La Pichie dirigé par Patrick Dubesset, Catherine, son épouse, et son fils, Sébastien, compte 207 ha de surface agricole utile, dont 110 ha de cultures (blé, triticale, pois, maïs, tournesol, soja et sorgho graine) converties en bio depuis 2021, et une centaine d’hectares de prairies naturelles. L’exploitation élève des veaux sous la mère pour Sobeval avec 110 mères limousines. 

Il cultive du soja irrigué. « Sinon cela n’a pas d’intérêt tellement les rendements sont bas. Un soja consomme autant d’eau qu’un maïs », dit-il. Au départ, si l’éleveur donnait les graines aplaties dans la ration de ses animaux, maintenant mieux vaut le vendre tant les cours sont élevés. « En bio, actuellement, avec des prix à 850 € la tonne, je n’ai aucun intérêt à toaster les graines », estime-t-il. Il ajoute qu’une partie de sa production est utilisée pour l’alimentation humaine, l’autre pour les animaux. 

 

Conversion bio

 

Atteindre l’autonomie alimentaire est une volonté vieille de 15 ans pour l’exploitant. « Nous sommes autonomes en foin et protéines. Nous n’achetons pas de soja. Par contre, je pourrais couvrir mes besoins en céréales mais je n’ai pas intérêt. Il vaut mieux les vendre en bio et racheter du conventionnel pour l’élevage qui n’est pas converti. Je peux vendre mon maïs bio à 300 € la tonne et en racheter sec en conventionnel à 250 €. Je n’ai pas intérêt à le faire sécher », calcule-t-il. Une situation variable en fonction de l’évolution des cours. Le triticale et le pois produits alimentent les vaches de l’élevage. « Nous étions des précurseurs de la production de féverole en conventionnel. Cela fait 15 ans que nous n’achetons pas de tourteaux de soja. » Avec le passage en bio, la luzerne a pris une grande place dans l’alimentation des bovins avec le triticale et le pois. « La culture des féveroles se complique en bio à cause des maladies », explique-t-il.

Depuis qu’il s’est converti, l’éleveur n’a plus de souci avec l’azote puisqu’il recourt aux couverts végétaux et au fumier de la ferme qui couvrent une grande part des besoins. Le tout est complété par des engrais bio en bouchon. « Leurs prix ont augmenté un peu mais pas énormément, au maximum 100 € la tonne », dit-il. La culture du soja n’est pas trop difficile, selon l’agriculteur. « Il n’y a pas besoin d’azote et peu d’intrants. Il faut juste un peu de phosphore localisé. Il s’agit de la seule culture en bio où nous ne mettons quasiment rien en engrais. »

 

Du semis à la récolte

 

L’agriculteur réalise les semis généralement début mai, en fonction des conditions météorologiques. « Nous faisons nos propres semences pour ressemer. L’investissement de mise en culture est faible. » Même si l’achat des semences, la première année, s’avère onéreux (250 € de graines à l’hectare). La récolte a lieu en octobre, en même temps que le tournesol. « C’est le moment le plus embêtant car il ne faut pas d’humidité. Le soja sèche très mal au four. Il faut essayer d’alterner avec des variétés précoces mais pas trop. » La récolte peut se faire avec une moissonneuse-batteuse classique avec une coupe repliable mais c’est mieux avec une coupe flexible. « Avec celle-ci, achetée par un voisin entrepreneur, nous arrivons à gagner deux à trois quintaux par hectares. » Au final, il affiche un rendement moyen de 30 q/ha, assez identique en conventionnel ou en bio. 

Il s’agit aussi de gérer l’enherbement. « Il faut beaucoup d’heures de travail en bio », reconnaît Patrick Dubesset, qui recourt à une herse étrille et une bineuse pour le désherbage mécanique. Il sème à 55 cm d’écartement pour que la plante couvre rapidement le sol.


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