Auteur : Laetitia Lemaire
Créé : jeudi 31 mars 2022

Saint-Saud-Lacoussière. Manon Romain a repris la ferme de L’autruche périgourdine en août 2020. Elle découvre depuis cette volaille à la viande de grande qualité qu’elle commercialise en direct ou en collectivités.

 

Drôle d’oiseau que cette éleveuse

 

Au cœur du Périgord vert, en pleines terres d’élevage, croiser la silhouette d’une ou même dix limousines au détour d’un virage est monnaie courante. Plus personne ne s’en étonne sinon peut-être les touristes. Il est une autre rencontre, en revanche, qui peut encore surprendre même les locaux. Elles sont hautes à la petite tête et au cou aussi long que les pattes. Leur plumage est marron ou noir selon que ce sont des femelles ou des mâles. Et, contre toute attente, si l’on est davantage habitué à voir l’autruche dans des documentaires animaliers consacrés à l’Afrique, il est possible d’en croiser du côté de Saint-Saud-Lacoussière, depuis maintenant plus de 25 ans.

La ferme de L’autruche périgourdine fait en effet se côtoyer les traditionnelles limousines avec ces grands oiseaux exoti-
ques. Gérard Gadeau, son fondateur, a passé la main à Manon Romain en août dernier, tout en restant sur site en tant que boucher et pour apprendre les ficelles de ce type d’élevage à la jeune agricultrice. Cette dernière, fille d’éleveurs, reconnaît qu’au départ « ça a toujours été les vaches ma passion. Mais je ne voulais pas m’installer au Gaec de mes parents. Reprendre L’autruche périgourdine était
l’occasion de m’installer et, finalement, j’aime les autruches. C’est agréable et le rythme d’élevage complète bien celui des vaches. »

L’élevage comprend ainsi 15 autruches femelles, cinq mâles, 90 mères limousines et même une vingtaine de bisons. Manon Romain vend une trentaine de jeunes autruches de trois ou quatre mois à d’autres élevages ou des zoos. Mais la véritable activité de L’autruche périgourdine est la commercialisation de la viande. Faible en matière grasse et chargée d’oméga 3 et 6, elle est réputée pour être de grande qualité. Transformée sur place en pâtés, terrines ou plats cuisinés, elle est ensuite vendue via le site internet, en magasins de producteurs ou à certains restaurants, friands de mettre cette volaille originale sur leur carte, notamment au moment des fêtes. « La consommation est assez saisonnière. Nous vendons beaucoup au moment des fêtes de fin d’année ou pendant l’été, explique Manon Romain. Nous profitons du tourisme pour vendre. Les gens viennent visiter la ferme et découvrent l’élevage avant d’acheter nos produits. »

La période de ponte démarre à la mi-avril et les premières autruches sont abattues à Pâques. « Les pontes reprennent au moment de la mise à l’herbe pour pouvoir élever les autruchons dans de bonnes conditions. Et nous attendons que les animaux aient un an avant de les tuer. » Attachée au fait de tout faire à la ferme, Manon Romain s’est entourée de Gérard Gadeau comme boucher mais aussi d’un apprenti commercial et, depuis peu, d’un autre boucher « pour les pics d’activité », avec l’idée d’agrandir le laboratoire de transformation. « En plus des autruches, nous abattons et vendons une vache par semaine. Nous aimerions passer à deux. Et nous avons pour perspectives de travailler avec la restauration collective. Récemment, nous avons livré une cantine scolaire en Haute-Vienne », raconte la jeune éleveuse d’à peine 20 ans.

Il va donc falloir que les Périgourdins s’habituent à voir gambader à l’air libre ces drôles d’animaux qui ne volent pas, dans le voisinage direct de limousines et de bisons.


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