Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : jeudi 1 avril 2021

Circuits courts. La Chambre d’agriculture, la Communauté d’agglomération bergeracoise et La Périgourdine s’engagent dans un projet pour fédérer les acteurs de la filière fruits et légumes de Dordogne.

 

Structurer la filière fruits et légumes

 

La volonté de structurer une filière fruits et légumes en Dordogne, de la production à la commercialisation en passant par la transformation, existe depuis plusieurs années. Il semblerait qu’une nouvelle étape soit franchie par ce partenariat entre la Chambre d’agriculture, la Communauté d’agglomération bergeracoise (CAB) et la coopérative La Périgourdine répondant à un appel à projets financé par la Région Nouvelle-Aquitaine baptisé circuits alimentaires locaux”. Son budget s’élève à 138 000 Ä pour une durée de 18 mois à compter du 1er avril 2021. En ces temps de crise sanitaire, la tendance du “manger mieux et local”, amorcée avant le confinement, s’accentue chez les consommateurs. Du côté de la restauration collective, la loi EGalim encadre l’approvisionnement en produits locaux et bio à l’horizon 2022. Les GMS doivent aussi répondre à une demande croissante dans leurs établissements. Il s’agit de saisir la balle au bond. « Nous voulons essayer de quantifier les volumes à mettre en œuvre », a dit Jean-Philippe Granger, président de la Chambre d’agriculture, en introduction d’un point presse le 31 mars au Pôle interconsulaire. Pour Didier Fourcaud, président de La Périgourdine : « Ce projet a pour intérêt de mettre en place une filière pour apporter à nos producteurs une bonne valorisation de leurs produits en maîtrisant l’amont, l’aval et les structures intermédiaires avec tous les acteurs du territoire. » Dans cette logique de circuits courts, les multiples filières présentes en Dordogne deviennent un véritable atout. 

 

Deux projets de légumeries

 

Dans la cadre du PAT, Projet alimentaire territorial, la CAB va construire une légumerie à l’horizon d’octobre/novembre 2021 pour un coût de 2 MÄ sur le site de l’Escat à Bergerac. Elle devra être alimentée par la production de fruits et légumes bio. « C’est un outil au service d’un projet politique et économique avec la nécessité de pérenniser et développer l’agriculture via le maraîchage. Il s’agit aussi d’un projet environnemental et de santé qui favorise l’agriculture bio », a expliqué Guy Pustelnik, conseiller du président de la CAB. La participation de la collectivité à ce projet a pour but de déterminer les besoins du marché, ses caractéristiques et d’identifier des points de blocage à lever. 

Stéphane Marteau, chargé de développement marchés de proximité à la Région Nouvelle-Aquitaine, a insisté sur l’importance de la notion de relocalisation des approvisionnements et du retour de la valeur ajoutée aux producteurs. 

Dans cette optique, Laurent Herbreteau, directeur du lycée agricole de La Peyrouse, a parlé du projet de légumerie de son établissement pour 1,8 MÄ. « Nous sommes partenaires du Projet alimentaire territorial du Pays de l’Isle. Le lycée possède un outil depuis plus de 35 ans avec son atelier agroalimentaire de transformation centré sur la viande, mais pas seulement. Il fait déjà un peu de légumes et de fruits. Nous souhaitons développer cette partie. » Cet outil fera aussi office de support pédagogique pour les élèves et les formations adultes. Il sera mis à disposition des producteurs. Le magasin du lycée sera une source de débouchés. Il devrait aussi approvisionner la restauration collective, en premier lieu le lycée. Le méthaniseur du lycée pourrait servir à recycler les déchets d’épluchures de la légumerie.

Jean-Philippe Granger a insisté sur la nécessité de mener à bien ces deux projets de légumeries avant d’en lancer d’autres.

 

Accompagner les producteurs

 

Le projet prévoit de réaliser un diagnostic foncier recensant les surfaces disponibles, d’assister les agriculteurs, d’accompagner les projets de légumeries, de sensibiliser le grand public aux bienfaits du manger local et de réaliser un guide d’outils et d’aides à la prise de décision. « Une étude de marché va être faite sur la base des débouchés de la restauration collective et de la GMS. À partir de là, nous pourrons accompagner les agriculteurs », affirme Maëlle Muller, conseillère à la Chambre d’agriculture.

Depuis trois ans, 73 maraîchers se sont installés en Dordogne. Trouver des producteurs ne devrait pas être le principal problème du projet. Ils peuvent être des agriculteurs déjà en maraîchage, d’autres qui souhaitent s’installer ou des producteurs en quête de valeur ajoutée qui cherchent à se diversifier pour faire des légumes de plein champ, tels des céréaliers. « Il existe un vivier », selon Johan Sees, du Conseil départemental de la Dordogne. Le plus difficile va consister à structurer la filière, mettre en adéquation l’offre et la demande, et orienter les maraîchers vers une production adaptée, sans vente directe ce que la plupart des porteurs de projets actuels en maraîchage souhaitent faire ou pratiquent déjà.


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