Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : jeudi 11 mars 2021

Innovation. À l’initiative de La Périgourdine, une expérimentation de production de jeunes bovins est lancée dans six fermes du département. L’objectif est de tester la faisabilité de relocaliser cette filière en Périgord.

 

Une nouvelle filière jeunes bovins

 

Jusqu’à présent, les jeunes bovins français partent le plus souvent à l’exportation vers l’Italie, l’Espagne ou la Grèce. À La Périgourdine, on aimerait inverser le mouvement, profiter de la tendance à la relocalisation de la consommation et faire de même pour la production. « La difficulté à l’export est que nous sommes tributaires de la consommation des pays acheteurs du bassin méditerranéen. Pour ne plus faire partir nos animaux à l’étranger, nous voulons créer une filière contractualisée qui soit l’équivalent de celle des génisses pour les mâles », projette Jean-François Lacoste, directeur de la coopérative.

La Périgourdine a donc initié une expérimentation qui regroupe pour l’instant six éleveurs répartis dans tout le Périgord. L’objectif est clair : créer un atelier de 10 à 12 animaux par élevage pour tester la faisabilité d’une telle filière au niveau local. « Nous voulons proposer une alternative à la production actuelle de taurillons avec des carcasses qui répondent à des créneaux porteurs », explique Camille Duboucher, animatrice technique à Univia et responsable de l’expérimentation pour La
Périgourdine. La difficulté principale étant l’absence de précédent. « Aujourd’hui, nous manquons de références à propos de ce marché », confirme-t-elle.

 

Les coûts pris en charge

Unique point de repère donné par Viande du Périgord, qui assurerait le débouché : des carcasses de 340 à 400 kilos pour des animaux de 24 à 30 mois.

Lors de la réunion de présentation du projet, les chiffres font tilter les éleveurs. « Il va falloir faire l’inverse de ce qu’on fait d’habitude : freiner leur croissance. Et quand bien même, on va se retrouver avec des bêtes qu’on aura du mal à finir », remarque David Romain, éleveur à Saint-Martin-de-Fressengeas, volontaire à l’expérimentation. Camille Duboucher s’est voulue rassurante, rappelant que c’est justement « l’intérêt de cette expérimentation : savoir si l’on peut engraisser pour arriver à ce poids carcasse à 24/30 mois ou si nous sommes à côté de la plaque parce que l’animal est trop jeune avec une viande trop claire ou trop vieux et trop lourd ». « Le défi, finalement, ça sera de mettre de la couleur à la viande », résume David Romain. « Pour mes génisses, je compense avec la luzerne », commente
Philippe Vasseur, un autre éleveur tenté par l’expérimentation.

Pour les exploitants prêts à s’engager dès maintenant dans cette phase test de plus de deux ans, La Périgourdine insiste sur l’accompagnement ; technique d’abord pour des points clés tels que la castration dans les 10 ou 30 premiers jours mais aussi les pesées et les relevés de données, financier ensuite : « Qui dit expérimentation, dit risque. C’est notre rôle d’assumer cette partie. Dans la limite du raisonnable, nous vous paierons les coûts observés », a enfin souligné Jean-François Lacoste.

 

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