Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : jeudi 11 février 2021

Élevage. Mis en redressement judiciaire en fin d’année dernière, l’abattoir de Ribérac, en difficulté depuis plusieurs années, a officiellement fermé ses portes vendredi 5 février.

 

L’abattoir de Ribérac liquidé

 

La décision est tombée mardi 2 février. Le tribunal de commerce de Périgueux a tranché : l’abattoir de Ribérac, après avoir été mis en redressement judiciaire en octobre 2020, vient d’être liquidé. Son activité a définitivement cessé vendredi 5 février. Cette décision met fin à de longues années de tergiversations et de difficultés financières subies par l’établissement.

L’abattoir, qui fonctionnait en fin d’année dernière avec 750 tonnes de viandes traitées, avait accusé plusieurs coups durs durant 2020 : en avril, le principal apporteur qu’était Arcadie se retirait et, avec lui, entre 35 et 45 % du tonnage total. En octobre, le Pré vert choisissait également de se retirer de la liste des apporteurs, portant la perte d’activité à 70 %.

Parallèlement, la structure, gérée par une Semop (Société d’économie mixte à opération unique), accusait 700 000 euros de dettes et 200 000 euros de loyers impayés. « Chaque jour devenait dangereux », résume Nicolas Platon, maire de Ribérac et administrateur de la Semop. Même s’il admet « qu’il était temps que ça s’arrête », cette liquidation représente « une catastrophe pour le personnel et les éleveurs ». C’est en effet 18 salariés directement concernés par cette fermeture, qui se retrouvent sur le carreau, et plusieurs dizaines d’éleveurs, sans solution d’abattage de proximité.

 

L’idée d’un nouvel abattoir

 

Les petits apporteurs de même que les plus gros n’auront désormais plus d’autres possibilités que d’aller faire abattre leurs bêtes à Chalais ou Bergerac. Thiviers dispose bien d’un abattoir mais tourné vers un fonctionnement industriel. « Ils ont récemment refusé un éleveur privé. C’est un abattoir industriel et nous regrettons qu’il y ait eu tant de moyens déployés pour le sauver alors qu’aucune aide ou solution n’a su être trouvée pour Ribérac », déplore Jules Charmoy, qui s’agace par ailleurs que l’idée d’un abattoir agrémenté d’un atelier de transformation arrive si tard.

Cette solution avait en effet émergé, en fin d’année dernière, alors que les sénateurs Serge Mérillou et Marie-Claude Varaillas avaient été mobilisés par Nicolas Platon pour intégrer l’abattoir au plan de relance. « Nous avons un projet qui s’oriente vers l’amélioration de l’état sanitaire et la création d’un atelier. Nous sommes parfaitement dans les clous », avait évoqué le maire de Ribérac, alors convaincu que redimensionner le site en l’agrémentant d’un atelier de transformation pourrait le sauver. Mais Jules Charmoy prévient : « Rouvrir un abattoir c’est compliqué » ; tout en portant malgré tout cette option : « Évidemment que nous (la Confédération paysanne, ndlr) appelons tous les éleveurs à se mobiliser pour faire revivre un abattoir. Mais ça va prendre un temps fou et il y a un risque énorme. » Nicolas Platon n’a pas non plus abandonné l’idée d’un nouvel abattoir, à recréer en partant de zéro : « Le moment peut-être mis à profit pour tout mettre à plat et réfléchir collectivement à un nouveau projet ».

Une réunion avec les éleveurs locaux et les intercommunalités est prévue le 16 février pour évoquer le sujet.


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