Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : jeudi 11 février 2021

Consommation. Le monde agricole se mobilise afin de valoriser ses producteurs auprès des transformateurs et de la grande distribution et solliciter le soutien de l’État. Ils se sont réunis le 4 février.

 

Pour un prix rémunérateur

 

Cela fait bien longtemps que l’on n’a pas vu les agriculteurs descendre dans la rue, envahir les villes, bloquer les barrières de péage ou déverser du fumier sur les parkings des supermarchés. Les procédures judiciaires et la crise de la
Covid-19 entre-temps ont pu refroidir les velléités de certains.

« Et puis, il y a eu les états généraux de l’alimentation et la loi EGAlim (loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, ndlr), entre 2017 et 2019 », analyse Fabien Joffre, président de la FDSEA 24, pour expliquer la patience et l’espoir du monde agricole. Mais là, ç’en est trop. « Dans les campagnes, ça bouillonne », ajoute-t-il.

C’est ce message d’urgence que sont venus porter les responsables syndicaux des Jeunes Agriculteurs de Dordogne, de la FDSEA 24, FNB 24 (Fédération nationale bovine) et de la FDPL (Fédération des producteurs de lait), lors d’une réunion à la préfecture, jeudi 4 février. Surtout, avaient été conviés les représentants de la grande distribution (Super U, Hyper U, Leclerc et Auchan) et Gilles Gauthier en tant que président national de la Fedev (Fédération des métiers de la viande). « Ce sont eux qui doivent prendre conscience qu’ils vont perdre une partie de leurs fournisseurs locaux, dans le département ; à eux de faire remonter cette information au niveau national pour faire réagir leurs centrales d’achat », martèle Fabien Joffre.

 

Négociations jusqu’à fin février

 

Le moment est crucial : chaque année, c’est lors du Salon international de l’agriculture (SIA), habituellement Porte de Versailles à Paris, que se déroulent les négociations de prix des produits agricoles. Cette année, si le SIA ne se tiendra pas en présentiel, ces tractations commerciales n’en ont pas moins lieu ; avec les déconvenues attendues. « Les GMS (grandes et moyennes surfaces) demandent des tarifs à la baisse, notamment sur les cours de la viande, jusqu’à - 12 %. Or, tous les coûts de production sont à la hausse, que ça soit l’énergie ou même les aliments avec les cours des céréales ou du soja qui explosent au niveau mondial », souligne le président de la FDSEA.

« Il faut revaloriser le prix au producteur, insiste Yannick Frances. Ces - 12 % sont impossibles à absorber. Et, en plus, même si les GMS ajoutaient 50 à 60 centimes d’euros à leurs prix d’achat, ça couvrirait à peine les coûts de production pour les éleveurs. » Les agriculteurs veulent donc avertir qu’un prix rémunérateur devient une urgence. « Il n’y a plus de trésorerie. Les agriculteurs sont à bout », prévient Pierre Veyssi, président de la FDPL 24. Les responsables syndicaux mettent en garde : « Nous sommes encore dans le dialogue mais si rien de concret n’est décidé, nous allons entrer dans le temps de l’action. Et si nous en arrivons là, le plus dur pour nous ne sera pas de lancer les actions mais plutôt de les freiner, car les agriculteurs sont très remontés. »

Les négociations commerciales seront closes à la fin du mois.


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