Créé : jeudi 10 décembre 2020

Développement. Coste Bois va déménager sa production au Pays-de-Belvès et investir dans du matériel. Le préfet, Frédéric Perissat, a visité l’entreprise qui développe le négoce et la fabrication.

 

Ça déménage chez Coste Bois

 

Il souffle comme un vent de changement sur l’ancien site Gascogne (ex-Imberty) depuis que l’entreprise Coste Bois a pris partiellement possession des lieux en 2018. L’année 2021 va marquer un tournant décisif dans cette évolution avec le déménagement de toute la partie production au Pays-de-Belvès et l’investissement massif dans du matériel et des machines. Il s’agit de réaliser des économies d’échelle, de gagner de l’espace et de rationaliser le fonctionnement. En dépit des perturbations engendrées par la crise sanitaire, Christophe
Genson, le gérant, reste optimiste pour l’avenir : « Les ventes immobilières sont plutôt dynamiques. Nous avons une grosse partie de rénovation de maisons dans notre activité. »

Actuellement, Coste Bois exploite plusieurs sites. Celui de Vézac, près de Sarlat, comprend une salle d’exposition de 1 000 m2 où sont accueillis particuliers, artisans et architectes, auquel il faut ajouter ceux de La Chapelle-Péchaud à Castelnaud et de Saint-Laurent-la-Vallée pour la production. « À l’horizon de six mois, ces deux sites vont être rapatriés à Belvès. La Chapelle-Péchaud va devenir un lieu de stockage », a expliqué Christophe Genson, le gérant, à Frédéric Perissat, le préfet de la Dordogne, Sébastien Lepetit, le sous-préfet de Sarlat et Amélia Chabbert, directrice adjointe de la Direccte de la Dordogne, venus visiter le site le 2 décembre.

L’entreprise investit dans une nouvelle scie achetée à la société française Brenta, en Bourgogne, ainsi que des séchoirs en provenance d’Italie, des machines outils de rabotage, de pressage et d’emballage. La Région (140 000 €) et le Département (60 000 €) participent à cette dépense totale d’environ 3 M€. 

 

Négoce et fabrication

 

L’entreprise développe une activité de négoce. Elle achète des plots séchés, tranchés et revendus à des artisans de Dordogne, Lot et Lot-et-Garonne (dans un rayon de 150 km) ou des négociants. C’est le cœur d’activité de l’entreprise (70 %). « Nous travaillons pour tous les corps de métiers : l’ébéniste, le menuisier, le charpentier ou l’agenceur », selon le dirigeant.

Depuis une quinzaine d’années, l’entreprise a développé l’offre bois et ses dérivés par la fabrication de panneaux d’isolation, de parquets, du lambris et autres produits pour la maison et la rénovation. La société s’est lancée aussi dans la fabrication via du sciage, séchage et rabotage sur quatre essences locales (le châtaignier, le chêne, le peuplier et le pin maritime). L’entreprise envisage d’implanter des agences de distribution dans le Lot et le secteur de Bergerac. 

 Début 2020, un atelier d’usinage a vu le jour. « Demain, nous aurons un bureau d’études charpente et un autre pour l’isolation. Le métier d’artisan change. Nous devons donner des conseils et nous engager sur des normes de produits. Demain, le métier du négociant sera plutôt de faire des produits semi-ouvrés à destination de nos artisans et les accompagner sur les chantiers. C’est le devenir de l’entreprise dans les trois à cinq ans. » Christophe Genson constate une perte de savoir-faire chez les artisans liée au départ en retraite de professionnels sexagénaires. « Nous avons affaire à des poseurs qui peuvent mal poser. C’est à nous d’apporter cette compétence. »

En matière d’approvisionnement, les bois sont achetés sur pied ou en bord de route aux propriétaires forestiers avant d’être transformés en scierie. « Nous avons un massif forestier sous exploité », s’inquiète un peu Christophe Genson. 

Pour la partie négoce, Coste Bois s’approvisionne à 70 % de bois d’origine française, ainsi que des produits de charpente, du sapin ou de l’épicéa qui proviennent de Finlande, Suède, Allemagne ou Autriche. « La qualité est bien meilleure que les nôtres du fait de leur emplacement géographique », affirme le fils, Romain Genson. L’entreprise s’approvisionne aussi en bois exotique d’Afrique, du Brésil ou du Pérou. « Nous avons une trentaine d’essences d’arbres en stock », indique-t-il. 

« Nous n’avons pas de problèmes d’approvisionnement mais à l’avenir il faudra trouver des bûcherons », a affirmé le gérant.


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