Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : jeudi 10 décembre 2020

Élevage. Avec l’aide de La Périgourdine venue à la rescousse en juin dernier, Univia s’emploie à réorganiser ses équipes, dynamiser ses débouchés et développer de nouvelles productions pour redresser la barre.

 

Univia renaît de ses cendres

 

Il y a six mois, rares étaient ceux qui auraient donné cher de la carcasse d’Univia. Avec une baisse de 10 % de la collecte pour le groupe (la coopérative et Périgord bétail) et, surtout, des pertes s’élevant à quatre millions d’euros, Univia était au bord du gouffre. « Quatre millions, c’est colossal à l’échelle d’une entreprise. Ça signifiait plus de fonds propres, donc cessation de paiement », constate Jean-François Lacoste, le nouveau directeur général arrivé en même temps que La Périgourdine pour s’engager à la relance du groupe coopératif. Première réaction : ne garder que la coopérative et réinjecter des fonds. « Nous savions que c’est à fonds perdu mais nous avons décidé de remettre un million d’euros. Il était impossible pour nous de ne pas soutenir les éleveurs de
Dordogne quand on s’appelle “Périgourdine”. »

Jean-François Lacoste s’est ensuite efforcé de redresser la barre en misant sur deux catégories des forces vives d’Univia : les jeunes et les employés de longue date, « très expérimentés, qui ont accepté de jouer le jeu et aider les jeunes à avancer ». Pour tous, le nouveau directeur général reconnaît que « c’est un tsunami » qui a déferlé sur les habitudes de travail. L’un des grands axes depuis la reprise a été de réorganiser et alléger les équipes, notamment commerciales. Chaque éleveur s’adresse désormais à un seul interlocuteur, qui évolue sur une zone géographique donnée. La partie vente ne comprend plus que deux éléments.

Guillaume Baillet est l’un de ceux-là, dédié à la gestion des ventes de veaux. À 33 ans, avec dix ans d’expérience dans la coopérative, il reconnaît qu’aujourd’hui, tout le monde y voit plus clair. « C’est mieux organisé. Avec mon collègue Romain qui s’occupe de la partie broutards et taurillons, nous gérons tout de A à Z. Le tri des volumes est plus facile, nous rentrons tout le même jour et les clients, tous présents, peuvent accéder aux différentes gammes. La relation avec eux n’en est que meilleure. » 

Les autres commerciaux, quant à eux, « optimisent leur temps de présence sur le terrain ; ils n’ont plus que ça à faire : acheter », ajoute le jeune responsable des ventes.

 

Opération 1 000 veaux

 

L’autre axe fort de restructuration repose sur une vieille amitié entre deux Périgourdins désireux de faire vivre leur territoire. Jean-François Lacoste et Gilles Gauthier se connaissent de longue date. « Quand il a appris que je prenais les rênes d’Univia, il m’a proposé son aide. » Au-delà de l’expertise de ce professionnel à la tête de Sobeval depuis 43 ans, s’ouvre l’opportunité d’un nouveau débouché de qualité : le veau sous la mère. « C’est un axe important avec les veaux sous la mère en label, souligne Jean-François Lacoste. Il était capital pour nous de nous diversifier pour sortir du piège du client unique. »

Univia continue donc de travailler avec Saprimex (repreneur des abattoirs de Thiviers) et sa marque Viande du Périgord tout en attaquant de nouveaux segments « de qualité ». « Si l’idée était de créer ce débouché, c’est bon, c’est fait, confirme Gilles Gauthier. Mais ce n’est pas suffisant. Nous voulons aller plus loin et en faire une filière à part entière ; c’est-à-dire aussi aider à l’installation de nouveaux éleveurs de veaux sous la mère. » « C’est un produit du terroir où l’on retrouve de la valeur ajoutée, insiste le directeur général d’Univia. Nous nous sommes lancés un défi en interne, baptisé “Opération 1 000 veaux”. C’est le nombre de têtes que nous voulons gagner sur l’année. Nous devrons aller chercher les éleveurs qui sont partis, ceux qui sont chez les concurrents et en installer de nouveaux. »

Dans la même veine, Jean-François Lacoste aimerait valoriser la section ovine, « récupérer les éleveurs partis et installer des bergeries à taille périgourdine », et revaloriser la filière des jeunes bovins et des bêtes de qualité bouchère. « Optimiste de nature » et plein d’idées, il espère bien impulser une nouvelle dynamique à la coopérative et surtout aux éleveurs.


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