Auteur : Aurélien Tournier
Publié : jeudi 3 décembre 2020

Bergerac. L’association “L’attache rapide” s’intéresse particulièrement au réemploi du verre. Une activité dédiée pourrait être lancée au printemps prochain.

Une Scop pour utiliser fûts et bouteilles

Lorsqu’un français veut jeter une bouteille en verre, il se dirige – dans la plupart des cas – vers un conteneur de tri sélectif. Un geste pour l’environnement. Mais pour certains, ce n’est pas suffisant, surtout lorsque l’on sait que les ressources viendront un jour à manquer. Cette réalité a poussé Hélène Bromblet et Pierre Manchot à fonder l’association “L’attache rapide”. Créée à Bergerac en avril dernier, celle-ci s’est donnée pour objectif de réduire les déchets en Dordogne, au travers de la collecte des biodéchets et la mise en place d’une filière de réemploi du verre. La structure, qui a récemment candidaté pour intégrer l’incubateur Émergence Périgord, pourrait évoluer en Scop (Société coopérative de production) afin de consolider ses activités. 

Associer les professionnels

Des projets qui séduisent les professionnels. Deux réunions de travail relatives au réemploi de bouteilles en verre ont d’ores et déjà été organisées avec eux ; une troisième le sera dans les prochains jours. « Nous avons des demandes régulières de nos clients autour de la notion de réutilisation du verre. On ne peut pas continuer à produire des déchets, il faut anticiper avant le manque de ressources », indique Emmanuel Marseille, patron de la brasserie artisanale La Nòvé. Laver les bouteilles afin de les réutiliser, il a déjà testé. « 150 bouteilles à la main, c’est une demi-journée. Dans ces conditions, on ne peut pas le faire. » 

L’atelier des maraîchers (situé dans les anciens locaux de l’Escat) pourrait participer (pour leurs bocaux). Certains vignerons ont également montré leur intérêt. C’est notamment le cas de Florent Giroud, dont le domaine se situe à Prigonrieux. Installé depuis 2010, il cultive 12 ha de vigne. « Je travaille en biodynamie, ma femme produit des plantes à parfum, aromatiques et médicinales, pour apporter de la biodiversité, la distribution des vins est la plus locale possible, nous livrons nous-même les vins, etc. Nous recherchons la plus grande cohérence écologique. » 

 

Des paramètres à prendre en compte

Les fûts seront aussi concernés. « 800 fûts lavés, c’est près d’une tonne de plastique en moins. C’est parfois le tonnage annuel d’une brasserie artisanale. Sur le département, on pourrait éviter 10 tonnes de plastique, c’est énorme », souligne Emmanuel Marseille.

Ce service de lavage de bouteilles pourrait débuter au printemps ; l’activité sera implantée dans les anciens locaux de l’Escat. « Partir sur un système mobile a été évoqué. Mais il y a la question de la gestion des effluents. » De nombreux points restent encore à définir. Faut-il par exemple, pour les étiquettes, partir sur des colles hydrosolubles ? Quels modèles pour les bouteilles ? « Pour les bouteilles de vin, on va se focaliser sur trois à quatre modèles », indique Pierre Manchot. Comment organiser la collecte auprès de la distribution ? « Qui dit collecte dit aussi proposition d’un service de livraison de bouteilles pleines. Il faut travailler sur une démarche globale. »  Dernière problématique : le coût. L’achat d’une bouteille neuve reste en effet davantage économique. « Le prix d’une bouteille de 33 cl va s’élever à 16 centimes l’unité. Si elle est lavée, son coût sera un peu supérieur, à 25 centimes la bouteille », précise Pierre Manchot. Une différence qui pourrait être répercutée sur le prix de vente ou qui reposera sur toutes les parties prenantes. Pour l’heure, rien n’est arrêté.


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