Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : jeudi 3 décembre 2020

Industrie. La société Ecil (Entreprise de chaudronnerie industrielle en laboratoires), à Saint-Laurent-des-Hommes, augmente son activité en fabriquant notamment des cuves pour la production de vaccins.

Production de cuves en hausse

Les salariés d’Ecil (Entreprise de chaudronnerie industrielle en laboratoires) travaillent en ce moment à pied d’œuvre. « Nous sommes un peu sous les eaux », reconnaît Pierre Rongiéras, créateur et gérant de la société, ajoutant : « Nous sommes spécialisés dans la chaudronnerie à 80 % avec l’industrie pharmaceutique pour la production de vaccins pour les humains et les animaux. » L’entreprise fabrique des appareils à pression, généralement des cuves en inox, soumis à une réglementation et un contrôle importants. Ce genre de pièces nécessite un certain niveau de finition. « Tout ce que l’on fabrique est en contact avec le vaccin », précise-t-il. Il faut environ 100 à 700 heures de travail pour concevoir ces cuves, selon le volume (jusqu’à 30 m3) et la complexité (double ou triple enveloppe). L’entreprise élabore aussi des accessoires de cuves : plongeurs, chariots, instrumentations... Elles intègrent une partie commande pour gérer différentes fonctions comme la température, la pression, l’agitation, le pesage, la mesure ou le pH.

La chaudronnerie conçoit aussi des petites unités clé en main baptisées Skid, constituées d’un châssis entièrement équipé, avec tuyauterie et instrumentation en ligne. « Nous les livrons en camion sur le chantier. Nous les raccordons en fluide. C’est une unité autonome. » Cette année, la chaudronnerie a réalisé un gros Skid d’ultrafiltration pour purifier les vaccins. 

Parmi les laboratoires pour lesquelles Ecil travaille, Pierre Rongiéras cite Sanofi, Octapharma, Ceva Santé animale. « Nous travaillons beaucoup dans la région lyonnaise et l’Alsace », affirme Murielle Rongiéras, l’épouse de Pierre, qui travaille dans la société.

Le gérant distingue une activité de chimie fine avec comme principal client De Dietrich Process Systems qui construit des réacteurs pour l’industrie chimique. « Avec eux, nous travaillons sur des alliages de nickel. Il y a un peu moins de finition mais l’intérieur est poli. Nous restons dans le domaine de la pharmaceutique. Nous faisons une petite différence entre les deux mais la fabrication reste identique. » Par le biais de certains clients, les produits partent à l’exportation. De Dietrich vend des réacteurs dans plusieurs pays, notamment en Europe.

L’entreprise travaille également pour une multitude de petits clients locaux : la fromagerie de l’Abbaye d’Échourgnac, le laboratoire ELP Sublimo à Saint-Astier ou
Interspray à Neuvic-sur-l’Isle.

 

En quête de salariés

En 2019, l’entreprise affichait un chiffre d’affaires d’1,5 MÄ. Avec le surcroît d’activité survenu depuis le début de l’année 2020, il devrait dépasser les 2 MÄ. La crise sanitaire et le confinement n’ont pas trop bousculé le fonctionnement. Aucun cas de Covid-19 n’a été constaté jusqu’à présent dans l’entreprise. La matière en stock a permis de poursuivre la production en dépit d’un léger ralentissement de l’approvisionnement. « Cette année, la hausse de notre activité dépasse les 20 % », calcule Pierre Rongiéras. Le carnet de commandes est rempli jusqu’au mois d’avril. « Nous avons acquis une certaine notoriété dans le métier », assure-t-il. Ecil exploite 1 600 m2 d’atelier, une surface de production doublée récemment pour faire face à l’afflux d’activité.

La société emploie 11 salariés. Elle cherche activement à recruter des personnes qualifiées en chaudronnerie. Une tâche bien difficile dans un domaine professionnel peu couru par les jeunes même si un tiers des employés de l’atelier a moins de 22 ans. « Nous avons du mal à recruter, confirme le gérant. Nous avons passé des offres à Pôle emploi, Leboncoin, Newest, France Bleu Périgord. » Pas facile de trouver des chaudronniers formés, avec un BEP ou un bac pro, qui fassent l’affaire. « Il faut en passer dix pour en avoir un de bon ! Ils ont un manque de compétences. Ceux qui sont de qualité restent là où ils travaillent déjà. Il n’existe pas beaucoup de turn-over. » Actuellement, Ecil accueille trois jeunes en formation, deux apprentis en BTS et un contrat de professionnalisation.  « Si nous arrivions à recruter, nous serions beaucoup plus sereins », insiste Murielle Rongiéras.

 


 

CREATION : deux chaudronneries 

Ecil a vu le jour en 2006, au lieu-dit Fournil, à Saint-Laurent-des-Hommes. Auparavant, Pierre Rongiéras dirigeait une société à l’activité similaire à Lyon. Un jour, il décide de revenir avec sa famille sur ses terres natales (Mussidan) pour créer sa propre structure. Il s’installe en association avec une autre chaudronnerie, la CMI (Chaudronnerie métallerie industrielle) de Bernard Tessier, afin de bénéficier d’un outil de travail opérationnel et de pouvoir mutualiser l’outillage. Aujourd’hui, deux chaudronneries cohabitent sur le même site dans des bâtiments séparés mais la CMI s’est spécialisée dans la production d’équipements industriels, agroalimentaires, ferroviaires et de manutention.


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