Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : jeudi 1 octobre 2020

Développement. L’usine de séchage de luzerne et de granulés de bois va investir dans un foyer biomasse en 2021 afin de développer la capacité de production. Elle recherche de nouveaux producteurs pour cela.

 

GraSaSa voit plus grand

 

« Nous voulons renouveler la ligne de séchage afin d’augmenter la capacité de déshydratation », explique Vincent Mercier, responsable luzerne, qualité et certification à l’usine GraSaSa, installée à Sainte-Sabine-Born. 

Le foyer biomasse actuel a 30 ans. Il s’agit d’un foyer volcan alimenté par des connexes de scieries locales alors que la nouvelle chaudière sera un foyer gradin permettant d’utiliser des combustibles d’un peu moins bonne qualité de types écorces, châtaigniers dépérissants, coquilles de noisettes et de noix ou du bois issu de déchets verts… La nouvelle ligne va permettre de passer de 9 000 litres d’évaporation à 14 000 litres. « Aujourd’hui, nous utilisons des produits très propres. Demain, on rentrera des produits un peu plus sales, selon Christophe Collignon, le directeur général de GraSaSa. Les combustibles resteront en classe A, moins nobles, mais sans peinture ni colle pour rester dans un esprit de préservation de l’environnement. » 

 

Des embauches prévues

 

Le montant de l’investissement est estimé entre 2,5 M€ et 3 M€. Le foyer biomasse sera installé en parallèle du système existant pour le remplacer une fois opérationnel. Les travaux doivent démarrer en avril 2021 pour une mise en route prévue en octobre. La plateforme de stockage va être refaite et améliorée. Des aides de la Région et de l’Ademe doivent accompagner cet investissement. 

Le groupe emploie actuellement 25 permanents et une dizaine de saisonniers. « On progresse un peu tous les ans. Avec le nouveau foyer, nous comptons embaucher cinq ou six personnes en CDI. Cela s’ajoute à toute l’activité autour. Il faudra davantage de sous-traitants pour le transport », explique Vincent Mercier. 

À la base, GraSaSa est une coopérative à partir de laquelle a germé différentes filiales : GraSaSa SAS pour l’outil de fabrication, Grasapro (atelier de maintenance), la Cuma GraSaSa et une inter-cuma. Le personnel est salarié d’un groupement d’employeurs et détaché dans les différentes structures. 

 

Vers l’autonomie protéique

 

Actuellement, l’usine traite 7 000 t de luzerne, dont 70 % en bio, pour l’alimentation du bétail (ovin, caprin et bovin), ainsi que plus de 22 000 t de granulés de bois. « Nos produits sont distribués localement via les coopératives », insiste Vincent Mercier. 

La structure produit aussi 2 500 t d’amendements organiques du sol à base de marc de raisin, prisés par les maraîchers et les viticulteurs, une activité lancée depuis trois ans avec une progression régulière. « Avec l’engrais organique, nous voulons développer une troisième branche. Ce sont des marcs de distilleries du Bergeracois et un peu du Bordelais », précise Christophe Collignon.

Le groupe traite environ 1 000 ha de luzerne. « Il faudrait monter à 1 400 ha », souhaite Vincent Mercier qui veut aussi augmenter la production de granulés de bois, même si le nouvel investissement est surtout porté par le développement de la luzerne. « L’autonomie protéique est devenue une demande nationale. Il faut limiter la pollution par les nitrates tout en enrichissant le sol en azote. » La plante fourragère est implantée pour trois ou quatre ans et constitue une bonne tête d’assolement. « C’est un partenariat avec les agriculteurs. Nous avons besoin d’eux pour nous apporter de la luzerne », ajoute-t-il. En parallèle, la Cuma GraSaSa existe afin de mettre à disposition du matériel agricole, d’assurer la récolte et le transport de la matière végétale vers l’usine.

Pour augmenter la production de granulés de luzerne, il reste à trouver de nouveaux producteurs dans un rayon de 35 à 40 kilomètres autour de l’usine, en Dordogne et Lot-et-Garonne. « Pour que les gens le sachent, nous communiquons dessus », dit-il.

Pour convaincre des agriculteurs d’adopter la luzerne, les responsables de l’usine mettent en avant une mécanisation moindre, la réduction de l’utilisation de produits phytosanitaires, la restructuration du sol ou encore un taux de protéines élevé pour l’alimentation animale lorsque les paramètres de culture sont réunis. « La politique française et européenne pousse les agriculteurs vers cette culture pour réduire les importations de soja américain et produire de la protéine locale. Les aides PAC ne sont pas négligeables », indique Christophe
Collignon. Le prix payé aux producteurs par GraSaSa s’élève en moyenne à 60 e la tonne de produit sec. 

Par ailleurs, les dirigeants ont arrêté leur petite production de bottes de luzerne brins longs pressés au champ et séchées dans un séchoir spécifique. « Le cahier des charges était assez drastique. Nous avons préféré la mettre en stand-by », affirme le directeur général.


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