Créé : jeudi 2 juillet 2020

Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil. Au sein de l’Association des feuillardiers du Périgord (AFP), Franck Quintard, le président, et les adhérents souhaitent valoriser ce métier et installer des jeunes alors que la demande des tonneliers reste importante.

 

Pérenniser le métier de feuillardier

 

Il fait partie de ces métiers anciens dont on a peine à croire qu’ils existent encore. On les observe parfois en démonstration sur des foires ou des sites touristiques. Pourtant, les feuillardiers occupent une activité traditionnelle du Périgord, du Limousin et de la Charente. La moyenne d’âge des pratiquants dépasse la soixantaine. Pour autant, ils exercent souvent en complément d’autres activités ou de la retraite.

L’Association des feuillardiers du Périgord (AFP) a vu le jour l’an dernier et compte six adhérents, obligatoirement feuillardiers. Présidée par Franck Quintard, ancien contrôleur de gestion dans l’audiovisuel dans la région parisienne, qui a embrassé ce métier depuis cinq ans aux Eyzies, elle commence à sortir de l’ombre pour se faire connaître. « En venant de l’extérieur, je me suis dit que c’était bizarre qu’un métier où il y a de la demande ne propose pas d’offres. J’ai 60 ans et je fais partie des plus jeunes ! », explique Franck Quintard. 

Le métier de feuillardier consiste à fabriquer des cercles en lattes, avec des taillis de jeunes pousses de châtaigniers, pour cercler les barriques de vin. Des tonnelleries de Bourgogne, Cognac, de l’est de la France ou du Bordelais sont demandeuses. « L’association se propose de discuter avec les tonnelleries pour mieux identifier leurs besoins. » Les professionnels sont rémunérés à la couronne de feuillard, dont la longueur varie, allant de 80 € à 150 €. « Un feuillardier réalise une à deux couronnes en une journée. »

Il s’agit d’assurer la gestion des ressources et des coupes de bois. Il existe également la volonté de la structure de participer à l’entretien du patrimoine végétal, très morcelé dans le département, par la gestion, la restauration ou la réhabilitation de coupes. « On veut essayer d’aboutir avant la fin de l’année à une vraie stratégie. »

 

Capter la valeur ajoutée

 

Les raisons du déclin de l’activité de feuillardier sont multiples. On peut évoquer la désertification rurale ou la concurrence du feuillard en fer. « C’est un métier qui ne s’est pas professionnalisé et qui n’était pas rentable. Il existait une répartition de la valeur ajoutée inéquitable pour celui qui réalisait le plus gros du travail », explique Franck Quintard.
Difficile pour un jeune de se lancer dans un métier assez compliqué et peu ou pas rémunérateur. « Nous voulons faire en sorte que les feuillardiers puissent être autonomes sur une grande partie de la production, peut-être pas sur la propriété du bois, mais sur tout le reste pour capter les différentes valeurs ajoutées. » 

L’association a identifié plusieurs actions à mener pour pérenniser le métier. L’AFP se rapproche des collectivités. « On tient à favoriser l’installation de quelques feuillardiers. On ne va pas en mettre des milliers. C’est une activité que l’on peut faire l’hiver en complément d’activités touristiques l’été. C’est ce qui m’a décidé à la faire. »

Depuis sa création, l’AFP a surtout travaillé à la mise en place de relation avec la Communauté de communes Vallée de l’homme et le grand site Vallée Vézère réunissant 35 communes afin de préserver les savoir-faire traditionnels. « On discute des moyens financiers ou humains pour recenser des parcelles ou les feuillardiers. On va aussi commencer à parler avec les chambres consulaires. Des tonneliers, comme Hennessy et Taransaud, seraient prêts à soutenir l’association », indique le président. 

L’association cherche à établir un inventaire des feuillardiers. Une estimation en dénombre 80, un chiffre qui demande à être affiné. Quant à la formation, il n’en existe pas. La transmission du savoir se passe entre professionnels.


Réussir le Périgord
7, rue du Jardin Public - BP 70165 - 24007 Périgueux cedex