Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : jeudi 2 juillet 2020

Chantier. Le Conseil d’État a rejeté les requêtes du Conseil départemental voulant achever la déviation de Beynac. Si les opposants jubilent, le Conseil départemental crie au scandale politique.

 

Déviation de Beynac, clap de fin !

 

 

De recours en recours, il semble bien que la décision du Conseil d’État du 29 juin de ne pas admettre l’ultime pourvoi du Conseil départemental de la Dordogne ait enterré définitivement le chantier de la déviation de Beynac. Entamé en 2018, puis suspendu en décembre de la même année après 11 mois de travaux, le chantier de la déviation routière est un feuilleton périgourdin à rebondissements marqué aussi par les premières acquisitions de terrain en 1982 et l’arrêté de la préfecture de Dordogne autorisant le début des travaux en janvier 2018. 

Ce coup fatal, porté par la plus haute cour de justice française, lundi dernier, n’a pas manqué de faire réagir les deux partis. Du côté des opposants, comme la Sepanso, association environnementaliste, c’est la satisfaction qui prime après un combat mené au titre de la protection de l’environnement. Dans un communiqué, pour Europe écologie les verts Dordogne, « le droit a eu le dernier mot dans ce dossier », fustigeant par ailleurs la gestion politique de ce dossier. Même son de cloche pour Kléber Rossillon, le propriétaire du château de Castelnaud et des Jardins de Marqueyssac, à la pointe de cette lutte pour préserver la vallée de la Dordogne et ses atouts touristiques. Pour le versant people de cette histoire, Stéphane Bern, la vedette de la télévision, s’est fendu d’un tweet sur « une belle victoire pour les défenseurs du patrimoine et de l’écologie ». Jacqueline Dubois, la députée, affirme que « les droits des différentes parties ont été respectés » et que « si scandale il y avait, il faudrait le chercher du côté de ceux qui n’ont pas su attendre la fin des recours, ont essayé à marche forcée d’imposer le contournement tout en lançant des soupçons d’indépendance de la justice ». 

 

En résistance

 

Au Conseil départemental, Germinal Peiro, le Président, ne veut pas lâcher l’affaire. Dans un communiqué rageur, il crie à « l’injustice » et au « scandale d’État ». Par cette décision du Conseil d’État, on condamne « les Périgourdins à jeter plus de 40 M€ à la poubelle », dénonçant « d’obscures motivations politiciennes » allant à l’encontre de la volonté des élus du Département, de la population et des quatre communes concernées. Ce serait la protection même de l’environnement, mise en avant par la justice administrative, qui serait remise en cause avec cette décision parlant du niveau des compensations environnementales proposées par le chantier et l’état de dégradation du site après la démolition des travaux. 

Car il reste maintenant au Département à remettre en état les lieux, à détruire et nettoyer tout ce qui avait déjà été édifié. Le Département aurait jusqu’en janvier 2021 pour cela. Il ne semble pas l’entendre de cette oreille et ne désarme pas. Le communiqué poursuit : « Face à un tel scandale démocratique, le Département entre aujourd’hui en résistance afin de faire triompher le bon sens et de dénoncer les accointances entre le lobby des châtelains fortunés et certaines personnalités du monde politique. » En conclusion, le Département en appelle même au Président de la République, « premier garant du bon fonctionnement des institutions de notre pays ».


Réussir le Périgord
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