Auteur : Suzanne Boireau-Tartarat
Publié : jeudi 25 juin 2020

Social. Ils l’ont obtenue à l’usure, mais à l’unanimité : la pension des retraités agricoles sera revalorisée de 10 % pour atteindre 85 % du Smic. Après l’Assemblée nationale, jeudi 18 juin, le Sénat s’exprime cette semaine.

 

1 000 euros de pension minimum en 2022

 

 

C’est un vote historique, 80 ans après un célèbre appel : l’Assemblée nationale a voté le 18 juin, à l’unanimité, la loi Chassaigne (député PCF) proposant de porter la retraite des agriculteurs* à 85 % du Smic, à égalité avec les autres régimes. « La commission des affaires sociales avait déjà voté à l’unanimité l’amendement d’Olivier Damaisin, souligne Roger Tréneule, président de l’association nationale des retraités agricoles de France (Anraf) depuis 2018. Les parlementaires locaux nous ont aussi aidés, nous avons pu rencontrer Jean-Paul Delevoye grâce à eux. » Et sensibiliser le président de la République, notamment lors du Salon de l’agriculture. 

La crise sanitaire a empêché Emmanuel Macron de les recevoir ensuite, comme prévu, mais il a appelé le retraité périgourdin sur son portable, mardi 16 juin, sans autre formalité qu’un interlocuteur annonçant : « Ici la présidence de la République, M. le président veut vous parler ». 

La surprise passée, Roger Tréneule a conversé un quart d’heure avec lui, au-delà de la question des retraites, « il s’est intéressé au soutien à l’agriculture française et a salué l’attitude du secteur lors de la période de confinement ». Il fallait l’aval du président sur cette augmentation des pensions pour que cette tentative-là soit la bonne, après pas mal de rendez-vous manqués et de manifestations d’ampleur. « L’annonce actuelle porte sur le 1er janvier 2022, mais le président ne serait pas contre avant, il faut discuter au niveau national avec la MSA, ça peut encore passer pour 2021. » 

 

Après les autres

 

Roger Tréneule et ses troupes ont les tempes grisonnantes mais ne manquent ni d’énergie ni d’endurance : « On a beaucoup travaillé pour redresser la situation des retraités actuels, très inférieure aux minima sociaux. Nous ne faisons pas l’aumône, nous voulons juste obtenir ce qui nous est dû. » La somme minimale de 1 000 euros s’inscrira enfin sur le relevé de pension (il n’y aura pas de revalorisation pour ceux qui sont déjà au-dessus) : « difficile de rattraper le temps perdu, nous sommes toujours en retard, 30 ans après les autres pour la retraite complémentaire ! », note le président national, qui entend maintenir la pression sur le combat suivant, celui des conjoints et aides familiaux. « Nous sommes déjà écoutés par les parlementaires et dans les ministères. Nous pouvons miser dès l’an prochain sur une proposition de loi pour les épouses, qui perçoivent un montant dérisoire, cela pourrait se faire dans le cadre du budget de la sécurité sociale. » 

Et ce n’est pas tout, Roger Tréneule suit de près le projet d’ouverture d’une 5e branche de la sécurité sociale, celle de la dépendance, « car nous ne pouvons pas nous offrir une prise en charge en maison de retraite ».

 

• Ce régime créé en 1952 compte 484 000 cotisants. Ils étaient deux fois plus il y a 20 ans ; et seront bientôt deux fois moins.


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