Auteur : Lionel Robin
Publié : jeudi 6 août 2020

Élevage. Le Groupement de défense sanitaire du bétail (GDSB) a tenu son assemblée générale, le 30 juillet, à Coulounieix-Chamiers. La tuberculose bovine continue d’aviver les tensions.

 

Les nerfs à vif du GDSB

 

Nicolas Robert cache à grand-peine son exaspération. « Notre travail, martèle le président du GDS Dordogne, est de nous protéger et de protéger nos voisins des maladies telles que la tuberculose bovine ; Mais qui nous protège de la faune sauvage ? » Les raisons de sa colère : le manque de moyens octroyés à la biosécurité, notamment au niveau de la région Nouvelle-Aquitaine. « J’en suis arrivé à refuser d’envoyer nos agents dans certains secteurs pour ne pas leur faire prendre de risques. Il faut que l’État reprenne la main parce que je n’attends plus rien de la Région », clame Nicolas Robert.

Le Groupement de défense sanitaire du bétail de Dordogne (GDSB) a tenu son assemblée générale, jeudi 30 juillet, à la salle Gérard Philipe à Coulounieix-Chamiers. Comme souvent ces dernières années, et bien malgré les responsables, la tuberculose bovine était en quelque sorte “l’invitée d’honneur” de cette réunion ; plus exactement les moyens que l’on se donne pour lutter contre cette maladie. En 2019, 19 foyers ont été découverts, en baisse par rapport aux années précédentes. En 2020, les chiffres seront similaires et c’est ce qui inquiète les responsables du GDSB.

Nicolas Robert, dans son rapport moral, a rappelé que « d’intenses négociations sont en cours tant au niveau national que régional pour modifier les modalités de surveillance de la tuberculose bovine ». Ce qu’a confirmé le directeur adjoint de la DDCSPP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations). Hervé Simon a en effet affirmé que « la Direction régionale de l’agriculture discute avec le Conseil régional pour obtenir des financements afin d’étendre régionalement les diagnostics d’exploitation », dans la droite ligne de ce qu’avait proposé le directeur général de l’alimentation lorsqu’il était venu en Dordogne. Hervé Simon a même précisé qu’il fallait réaliser « ces diagnostics dans les départements limitrophes de la Dordogne ».

 

Ne plus perdre de temps

 

Le président du GDSB estime surtout « qu’il n’y a plus de temps à perdre », et ça concerne autant l’extension des mesures de biosécurité, que s’imposent déjà les éleveurs périgourdins, aux départements limitrophes que la mise en place de protection efficace contre la faune sauvage.

Si la transmission de voisinage direct ou indirect est indéniable, elle prend aussi en compte la faune sauvage. Ce qui alarme particulièrement les éleveurs et les responsables du GDSB, c’est bien la recontamination, dont certaines exploitations après abattage total.

Le réseau Sylvatub surveille la circulation du virus dans la faune sauvage. Marie Lestrade en a présenté les derniers résultats. Pour le sanglier, sur la zone de surveillance programmée, la prévalence reste stable à 1,2 % des prélèvements effectués. Ce taux de prévalence se situe aux alentours de 7 % pour le blaireau, que ce soit dans la zone de surveillance programmée ou événementielle (sur déclaration). En revanche, pour les renards, l’incendie du laboratoire départemental de Dordogne a fait prendre du retard. « Nous attendons les résultats pour la fin de l’année pour connaître leur rôle dans la circulation de la tub », a précisé Marie Lestrade. Sangliers, cervidés, blaireaux, renards... Ce qui importe pour les éleveurs, c’est bien de savoir comment s’en prémunir. Et à quel prix.


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