Auteur : Lucie Roth
Créé : jeudi 23 juin 2022

Grand périgueux. Pour éviter la prolifération de l’insecte, potentiel vecteur de maladies, l’Agence régionale de santé forme les élus locaux et leurs techniciens à la lutte contre le moustique-tigre.

 

Moustique : la chasse au tigre est ouverte

 

Sous la chaleur des jours de canicule, un petit groupe longe l’Isle à Boulazac, dans le quartier de l’Agora. Pas d’éléphant ni de girafe en vue, ce safari peu ordinaire se concentre sur un animal dont la taille le rend bien plus difficile à repérer : le moustique- tigre. Originaire d’Asie du Sud-Est, l’insecte a élu domicile depuis quelques années dans nos contrées et, en l’absence de ses prédateurs naturels, il prolifère et empoisonne la vie des habitants. 

« D’année en année, les signalements montent dans la commune, constatent Martine Doyen et Janique Plu, élues à Boulazac-Isle-Manoire et membres de la commission environnement. Les habitants se plaignent de ne plus pouvoir manger dehors les soirs d’été et nous demandent ce que nous allons faire contre ce problème. » Elles ont donc sollicité l’Agence régionale de santé (ARS) pour bénéficier d’une formation à la lutte contre l’insecte. « Nous l’avons étendue au Grand Périgueux, pour un total d’une dizaine de communes et une quinzaine de participants », indique Jean-François Vaudoisot, ingénieur d’étude sanitaire à l’ARS Nouvelle-Aquitaine. 

Durant une journée, élus et techniciens des collectivités ont ainsi pu bénéficier des conseils de Delphine Binet, formatrice de la société Altopictus, experte en matière de lutte contre le moustique-tigre. Une partie de la formation est plutôt théorique, consacrée aux caractéristiques de l’insecte, pour apprendre à l’identifier et à comprendre son cycle de reproduction. Reconnaissable aux rayures noires et blanches qui strient son corps et ses pattes, le moustique-tigre sort – et pique – plutôt en journée, contrairement à ses homologues communs, qui agissent de nuit. Il privilégie les parties basses de l’anatomie humaine (jambes, chevilles, pieds...) et sa petite taille le rend plus difficile à repérer. S’il pique un porteur de certaines maladies comme la dengue ou le chikungunya, il peut la transmettre à la prochaine personne qu’il piquera, d’où l’intérêt de limiter sa prolifération.

 

Contenants artificiels

 

Pour cela, la meilleure stratégie reste de s’attaquer aux gîtes de ponte afin de détruire les larves avant qu’elles n’éclosent. Les élèves d’un jour ont suivi leur formatrice à l’extérieur pour quelques exercices pratiques. Tous les réceptacles d’eaux stagnantes peuvent offrir un abri de choix. La femelle moustique dépose ses œufs le long de la paroi sèche et ceux-ci se développent, une fois immergés. « Tous les contenants artificiels de nos jardins sont des endroits privilégiés », explique Delphine Binet aux élus. L’intervention est donc plutôt de l’ordre des particuliers, qui doivent prendre soin de vider régulièrement coupelles, seaux et autres arrosoirs entreposés à l’extérieur. « Il est préférable de les stocker à l’envers, pour éviter qu’ils se remplissent d’eaux de pluie », conseille la formatrice. 

Du côté des collectivités, une attention particulière doit être apportée aux regards de gouttières et réservoirs pluviaux. Épuisette en main, Delphine Binet effectue des prélèvements pour vérifier une éventuelle présence de larves. Quelques produits larvicides existent mais le principal enjeu reste d’empêcher l’accès de l’eau à l’insecte. Cela peut passer par des moustiquaires, posées sur les réceptacles d’eau quand on ne peut pas les vider régulièrement, ou la dépose d’un film gras sur la surface, qui empêche les larves de respirer et les élimine.


Réussir le Périgord
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