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Techniques simplifiées. Après une première intervention l'an dernier, le formateur Frédéric Thomas a rencontré à nouveau, les 28 et 29 octobre à Saint-Cyprien, le groupe d'agriculteurs du Sarladais testant intercultures et semis direct.
Impacts des TCS sur la fertilité des sols

1917_tcsCe n’est pas Frédéric Thomas, agriculteur et agronome, rédacteur en chef de la revue TCS, qui dira le contraire : les techniques culturales simplifiées (TCS) améliorent sur le long terme la fertilité des sols. Des parcelles d’essai en Mayenne ont prouvé que, grâce au semis direct, aux couverts végétaux et aux rotations, la moyenne des rendements sur l’ensemble des cultures de la rotation (blé + blé + maïs + pois + colza) a considérablement augmenté. De fait, la marge brute s’est améliorée de 230 e/ha par rapport à la moyenne des exploitations de Mayenne ayant le même assolement.
Oui mais voilà, comme l’ont fait remarquer des agriculteurs du groupe du Sarladais qui testent les TCS sur leurs parcelles, « la mise en place des TCS implique une perte de fertilité des sols les premiers temps, imposant d’apporter plus d’engrais ».
Après une première formation l’an dernier, Frédéric Thomas est revenu en Dordogne à la demande du CRDA du Périgord noir pour faire le point avec le groupe. Une formation de deux jours, jeudi 28 et vendredi 29 octobre à Saint-Cyprien, a permis de répondre aux questions et de rassurer les expérimentateurs des TCS qui n’obtiennent pas encore les résultats escomptés. 

Déperditions d’azote
« En France, on perd 50 unités d’azote par hectare et par an, par lessivage et volatilisation », estime Frédéric Thomas. En 10 ans, 973 unités d’azote ont été lessivées et, « même si l’irrigation permet de remonter l’azote lessivé dans certains cas », il faut lutter contre cette déperdition pour préserver la fertilité des sols.
La première solution est évidemment de compenser en augmentant les apports minéraux, avec les limites économiques et environnementales qu’on imagine.
Le compromis est un travail du sol capable d’agir sur tout le système. C’est là qu’interviennent les TCS, à même de restaurer la vie biologique des sols, de faire remonter le taux de matière organique et de limiter le lessivage de l’azote minéral. À l’attention des stagiaires, le formateur rappelle que lorsqu’on passe en semis direct, il faut revoir ses apports d’intrants. En effet, décaler les apports, fertiliser plus tôt permettraient de « fonctionner en flux » et de mieux valoriser l’azote. « À condition que le sol ne soit pas une passoire. »
Parce qu’elles favorisent l’enracinement des plantes, les TCS vont réorganiser le sol et c’est à cette seule condition qu’il va bien capter l’azote. Le but étant d’arriver par les TCS, et en particulier grâce aux couverts végétaux, à une auto-fertilité des sols, capables de se régénérer eux-mêmes, de garder l’humidité, de valoriser l’humus. Mais, avant d’en arriver là, il faut du temps et de la patience. 

Nelly Fray

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