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Promotion. La Chambre d’agriculture organise les premières visites “Saveurs du Périgord” chez les producteurs de la marque ou en passe de le devenir, à l’intention des grandes surfaces et des partenaires.
« Se démarquer sur une identification forte »

C’est un peu l’envers du décor que la C1914_lou_cocalhambre d’agriculture se propose de faire découvrir aux partenaires de la marque Saveurs du Périgord, à savoir les grandes surfaces qui distribuent les produits et le Crédit agricole qui finance ces visites. Une dizaine de rendez-vous sont programmés chez les producteurs périgourdins commercialisant sous la marque, comme les yaourts et spécialités laitières Péchalou à St-Cyprien ou les canards gras de La Truffe périgourdine à Bergerac qui ont ouvert leurs portes en début de semaine.
Au programme également, la découverte de structures qui aspirent à produire sous la marque Saveurs du Périgord.
Mardi dernier, Gérard Teillac, vice-président de la Chambre d’agriculture et président de l’antenne Périgord noir, Aude Liquière, agent de développement à l’antenne Périgord noir, Marc Péan, chef de magasin du Leclerc Clos-Chassaing à Périgueux, et Nicolas Minard, du Crédit agricole de Sarlat, se sont rendus à la biscuiterie artisanale Lou Cocal, à Sarlat, pour rencontrer son propriétaire Olivier Charpenet.
Ce dernier s’attache tout parti-culièrement à utiliser des ingrédients identifiés au terroir. Il se fournit auprès de Damien Marty à Corgnac pour les noix, à Inovfruit pour les châtaignes, les pruneaux et les fruits viennent de producteurs du Lot-et-Garonne. Les pommes sont soit sous AOC Limousin soit produites en Lot-et-Garonne. Tout ce qui contribue à donner une identité régionale à ses produits l’intéresse. Mais jusqu’à présent, il ne lui était pas possible d’accéder à la marque Saveurs du Périgord qui impose que 99 % de l’ingrédient principal composant le produit soient issus du département. Dans le cas d’Olivier Charpenet, la plus grande partie de la matière première de ses biscuits est le sucre, et bien sûr la farine dont il n’existait pas à ce jour de production locale.
D’ici la fin de l’année, Olivier Charpenent devrait pouvoir bénéficier de la marque. En effet, un partenariat entre la Chambre d’agriculture, la Fédération des boulangers, les minotiers et les organismes stockeurs est en passe d’aboutir avec la mise sur le marché, normalement en décembre, d’une farine du Périgord.

« Made in Périgord prévendu »
Lors de cette visite, qui a particulièrement intéressé le responsable du Leclerc Périgueux, parce que le « made in Périgord est prévendu », Olivier Charpenet a présenté la « petite structure » qu’il a créé en 1996. L’entreprise a une activité à forte saisonnalité. L’été, il s’agit de fabriquer les produits à base de noix, de noisettes et de pruneaux, et à l’automne de faire face aux comman­des pour les fêtes de fin d’année. À ces moments-là, une vingtaine de saisonniers vient renforcer l’équipe des dix permanents, avec un rythme de travail en 2/8.
Olivier Charpenet et son épouse Évelyne ont créé leur outil de production en achetant beaucoup de matériel d’occasion et en l’adaptant. Ainsi, la ligne qui sert à confectionner les biscuits secs date de 1957. En outre, de nombreuses tâches sont réalisées manuellement, car explique le responsable de Lou Cocal, « si on veut se renouveler, il est difficile de se mécaniser sur un produit spécifique avec un retour sur investissement ». En effet, à côté de sa gamme classique, la biscuiterie artisanale s’adapte à la demande de ses clients. En ce moment, par exemple, elle travaille sur des bouchées salées pour l’apéritif.

Produits fragiles
Les biscuits et autres douceurs de la biscuiterie sont vendus sur toute la France, sous l’étiquette Lou Cocal ou sous celle du distributeur. Certains biscuits sont présents dans les épiceries haut de gamme comme Pétrossian pour les tartelettes à la pêche et au confit de Monbazillac.
En Dordogne, les produits Lou Cocal sont vendus dans de petites enseignes et chez Leclerc et Intermarché, entre autres. Le fabricant fournit le mobilier à la GMS, se charge du réassort et surtout du suivi des produits, très fragiles de par leur packaging. Avec la difficulté de trouver du personnel qui soit disposé à se lever tôt pour effectuer ce travail, avant l’ouverture des magasins.

La question du développement
La biscuiterie occupe depuis sa création un bâtiment de 1 000 m2, production, bureau et stockage compris. Difficile dans ces conditions d’envisager une augmentation de l’activité.
Aujourd’hui, Olivier Charpenet se pose beaucoup de questions. Soit il laisse les choses en l’état, soit il envisage un déménagement qui lui permettrait de doubler la surface, d’avoir des conditions de travail meilleures et surtout de développer des activités complémentaires en lien avec la biscuiterie. Il se dit tenté par le tourisme industriel. Moyennant une participation symbolique, il accueillerait des touristes l’été et des seniors en basse saison. Et surtout, titulaire d’un CAP de cuisine, il se verrait bien animer des ateliers de confection de biscuits pour des scolaires…
Nadine Berbessou

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