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Démonstration. Pour faire des économies et utiliser moins d’intrants, les arboriculteurs s’intéressent aux outils combinant désherbage et travail du sol. Les Chambres d’agriculture de Dordogne et du Lot-et-Garonne ont fait le point le 30 septembre.

L’entretien mécanique des vergers

1913_15_comprendre_gdeBeau succès pour la journée de démonstration de matériels organisée à Penne-d’Agenais, jeudi 30 septembre, par les techniciens référents en agriculture biologique de Dordogne et du Lot-et-Garonne, Jacques Tournade et Séverine Chastaing.
Il est apparu que les techniques alternatives aux traitements chimiques ne concernent pas les seuls agriculteurs en bio ou en conversion. Beaucoup d’arboriculteurs, produisant des pruneaux d’Agen, des pom­mes ou des noix ont fait le déplacement pour comparer les outils qui permettent de tondre l’herbe, de travailler le sol des vergers, voire qui combi­nent les deux en un seul passage.
Après avoir présenté des techniques culturales pour améliorer la structure des sols, les techniciens ont mis en avant une belle panoplie d’outils. Les démonstrations étaient commentées par Jérôme Allègre, de la Fédération départementale des Cuma de Dordogne.

Des outils polyvalents
Premier à être présenté par la Sarl Soreau, l’Herbanet est modulable et polyvalent : disposé à l’avant ou à l’arrière du tracteur, il peut désherber mécaniquement et détruire les rejets dans les vergers de pruniers, noyers, kiwis... voire épamprer les vignes. Avec son moteur hydraulique tournant jusqu’à 2 300 tours/minute qui actionne un rotor composé de 126 fils nylon, il permet, d’après son constructeur, d’intervenir au pied des arbres sans abîmer l’écorce.
Deuxième outil, l’intercep d’Avif 33 peut être équipé de rotofils, de protofils, de lames pour intervenir dans les vergers ou dans les vignes. Là encore, il s’agit de désherber sans abîmer l’arbre grâce à un outil modulable, équipé de deux têtes de fauchage couplées avec l’alimentation hydraulique. Un des avantages du système est qu’il peut être monté sur un outil à dents, par exemple, pour coupler tonte et travail du sol.
Une des constantes de ces outils est de s’adapter à différentes situations. Ainsi, sur un même porte-outil, on peut changer les parties
qui travaillent en optant pour tel ou tel appareil de la gamme Boisselet : un système rotatif pour un travail à plat, des disques ou des dents
pour butter ou débuter... Le tout équipé d’un système d’effacement hydraulique avec un palpeur pour éviter tout contact entre la lame et le tronc.

Tout terrain
Un châssis sur lequel est montée une double brosse peut, d’après son concepteur Natura Griff, détruire les adventices aussi bien au pied des arbres fruitiers que des plantes aromatiques. Là encore, l’outil est simple mais perfectible : équipés de dents, lames, intercep, tête rotofil..., il est multi-usage et s’adapte aux situations : présence de pierres, racines en surface...
Pour les terrains plus rocailleux, le Triplex, présenté par la SARL CLM, apporte une solution adaptée grâce à un ustensile de fraisage à grosses pointes réglables assurant le broyage des mottes et la destruction des adventices. Un ustensile à spirale rechausse le terrain en même temps, même dans les pentes.
Sur le porte-outil arbocep, de l’entreprise Chabas, peuvent également être adaptés disques, broyeurs, lame intercep... Selon son concepteur, il a l’avantage de pouvoir être tracté sur du matériel de faible puissance car, grâce à ses deux pompes intégrées, il ne dépend pas de la puissance hydraulique du tracteur. Lors de la démonstration, doté d’une fraise rotative, il a montré sa capacité à désherber, enfouir le fumier et les apports nutritionnels au plus près du tronc.
Comme l’ont rappelé les techniciens, l’acquisition de ce type d’outils peut être aidée dans le cadre du plan végétal environnemental (PVE) à hauteur de 40 % de l’investissement hors taxe.
Nelly Fray

 

Techniques culturales. Des pratiques pour améliorer la structure et la fertilité des terres dans les vergers ont été passées en revue.
Revitaliser ses sols

1913_15_comprendre_basRevenir aux bases de l’agronomie était également au programme de la journée de démonstration. Jacques Tournade, technicien de la Chambre d’agriculture, a rappelé qu’un sol fertile et bien structuré assurait le bon équilibre d’un verger. Les mérites et limites des différentes techniques ont été commentés : ainsi le travail total ou l’enherbement total du verger peuvent être envisagés selon les situations, l’âge de la plantation...
Des alternatives existent comme le système sandwich qui consiste à installer sur la ligne de plantation une plante peu concurrentielle pour limiter le travail sur le rang. À l’inverse, le système mixte préconise un enherbement entre rangs et un travail du sol sur la ligne de plantation.
Enfin, le mulch permettant de pailler les arbres est aussi très intéressant. Il s’agit de recouvrir la ligne de plantation avec une couche conséquente de paille, ou bien de bois vert haché selon la technique du bois raméal fragmenté (BRF).


La machine coup de pouce
Enfin, un outil qui améliore la productivité du sol a été présenté par la société Grégoire agri. En prairie ou dans les vergers, on a besoin d’intervenir mécaniquement pour créer une micro-porosité sans détruire la surface, explique son concepteur. La démonstration de l’outil rotatif auto-animé a permis de voir l’effet des deux rouleaux équipés de couteaux droits qui travaillent le sol sur les 15 premiers centimètres. Le réglage angulaire des couteaux crée un effet de soulèvement de la terre qui permettrait aux sols les plus tassés de retrouver une bonne circulation de l’air et de l’eau et une vie biologique.
N. F.


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