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Promotion. Aujourd’hui a lieu la 8e édition des “Coulisses du bâtiment”, organisée à l’intention des jeunes par la Fédération française du bâtiment. Près de 900 collégiens et lycéens découvriront le chantier de la clinique Francheville.
La réalité des métiers du bâtiment

Ce sont près de 400 collégiens de 4e et 3e, et des lycéens de seconde, venus de tout le département, qui vont découvrir aujourd’hui les coulisses du chantier de la polyclinique Francheville à Périgueux.
Il s’agit de la 8e édition des “Coulisses du bâtiment”, proposée au niveau national par la Fédération française du bâtiment, organisation professionnelle rassemblant des entreprises du bâtiment et des travaux publics. La FFB Dordogne, présidée par Francis Lafaye, prépare activement l’événement. Après l’hôpital de Vauclaire l’an dernier, c’est Francheville qui a été choisi, explique Francis Lafaye, en raison de l’importance du chantier et de son état d’avancement. Les corps de métiers représentés sont la maçonnerie, la couverture et la charpente métallique.
Ces “Coulisses du bâtiment” ont pour objectif de donner une autre image des métiers du bâtiment, in situ, pendant longtemps réputés à risques, sales et pénibles. Les dispositifs de sécurité, l’état de propreté et les divers engins de levage présents sur les lieux seront là pour témoigner des évolutions.
Pour le président de la FFB, cette manifestation annuelle, les relations nouées entre la profession et l’Inspection académique, les revalorisations de salaire ont porté leurs fruits et les jeunes viennent plus volontiers vers les métiers du secteur.
Lors de la visite de la clinique, ils rencontreront dans un premier temps l’architecte Jean-Jacques Daniel qui présentera le projet, avant de visiter le chantier en lui-même.
Les collégiens, lycéens – et toute personne intéressée – seront guidés par des bénévoles du Club des jeunes dirigeants du bâtiment, du Groupe femmes et de jeunes apprentis du Centre de formation du BTP de Périgueux.
Chaque visiteur se verra remettre un porte-clefs lumineux solaire et un gilet de sécurité, et surtout “Le carnet des métiers du bâtiment”, édité par la FFB, présentant les professions, les filières de formation du CAP à l’ingénieur. Le guide met aussi l’accent sur les perspectives d’évolution via la formation professionnelle. Pour l’exemple, deux conducteurs de travaux de l’entreprise du président Lafaye sont issus de l’apprentissage et ont franchi tous les échelons.

La crise toujours
La crise ressentie dans notre département depuis la mi-2008 est toujours d’actualité. Sur les trois derniers mois, l’activité a encore baissé de 6 %. Pour Francis Lafaye, il faudra attendre fin 2011-début 2012 pour espérer en sortir. De plus, les entreprises ayant besoin de trésorerie pour garder leurs employés travaillent à des prix anormalement bas. Le tout conjugué à l’augmentation du prix de certaines matières premières fait que 48 % des entreprises du département reconnaissent avoir des difficultés de trésorerie.
Cette politique de prix cassés est dangereuse, explique en substance Francis Lafaye, « d’une part parce qu’il sera difficile de revenir à des niveaux normaux en sortie de crise, et qu’elle se fait au détriment des salariés ».
Autre effet de la crise, la baisse de 15 % des contrats d’apprentissage l’an dernier. Regrettable pour le président de la FFB, affirmant qu’il faut préparer l’avenir et la reprise, en ne prenant pas le risque de se retrouver dans la situation d’il y a 10 ans, avec du travail mais pas suffisamment de main-d’œuvre qualifiée.

Nadine Berbessou





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Thiviers. Douze stagiaires travaillent à la reconstruction, selon les techniques du bâti ancien, d’une petite maison, sur la zone d’activité de Labaurie.

Insertion, formation et patrimoine

Une borderie, en parler thibérien, c’est une petite maison, implantée dans les vignes, qui servait au repos des journaliers. Il se dit qu’après la disparition des vignobles du secteur suite au phylloxera, ces petites constructions ont abrité bon nombre d’amoureux. Toujours est-il qu’une de ces borderies est en train de revivre sur la zone d’activité économique de Labaurie, en bordure de la nationale 21, à quelques kilomètres de Thiviers.

Cette reconstruction est en fait un chantier d’insertion original regroupant 12 stagiaires qui vont, cinq mois durant, se former aux techniques du bâti ancien.

Le bâtiment en question, une charmante maisonnette à lucarne et à toit à quatre pans, se situait sur un terrain communal où elle gênait. Sous l’impulsion, entre autres, de Georges Brouillac, 1er adjoint de Nanthiat, élu de la Communauté de communes du Pays Thibérien, il a été décidé de la démonter pierre par pierre et de la stocker, avec l’objectif de mettre en place un chantier école plus tard.

La communauté de communes a repris le dossier l’an dernier, a fait réaliser une étude avant de décider de sa reconstruction sur la zone d’activité où elle apportera une touche esthétique. Le Conseil régional et l’Afpa, association de formation professionnelle pour adultes, ont fait part de leur intérêt pour le projet et le soutiennent. C’est ainsi que depuis fin juin, un groupe de douze stagiaires reconstruit à l’identique la borderie, encadré par Olivier Rougerie, formateur à l’Afpa de Boulazac. Du côté de Communauté de communes, les élus ont choisi de confier le chantier à Georges Brouillac qui est aussi encadrant technique à l’association d’insertion Intermaide 24.

Motivation et proximité

Les stagiaires ont été recrutés via l’Espace économie emploi, la mission locale, le pôle emploi et l’unité territoriale de Nontron. Deux réunions d’information collective ont été organisées réunissant 50 personnes. Douze ont été retenues en fonction de leur motivation et de leur capacité à travailler en équipe. Le critère de la proximité géographique a également joué, sachant que la mobilité est un problème important en milieu rural, pour des personnes en recherche d’emploi, les jeunes ou encore les allocataires du RSA, qui constituent le public visé par les chantiers d’insertion.

Métiers du bâti ancien

Pendant cinq mois, les stagiaires vont apprendre les techniques du bâti ancien, à travers plusieurs métiers. Ils ont commencé par les fondations et la construction d’une dalle. Actuellement, ils montent les murs en moellons, en respectant le plan de la construction initiale. Ils passeront ensuite à la charpente et à la toiture. Une fois la maison terminée, sera mise en œuvre la réalisation du parvis et du mur de soutènement.

L’objectif est de permettre aux stagiaires, dont certains ont déjà élaboré un projet professionnel, d’aborder plusieurs champs d’actions liés au bâti ancien, et de choisir celui ou ceux qui leur correspondent le mieux.

La formation est complétée par des apports de l’Afpa – cours, supports pédagogiques, ressources techniques – et par un stage de 70 heures en entreprises, que les stagiaires, avec le soutien de leurs encadrants, doivent trouver. Il s’agit, en plus de leur apporter des compétences, de les rendre le plus autonome possible et de favoriser l’accès ou le retour à l’emploi.

Cette formation est aussi qualifiante, puisque deux certificats de compétences seront délivrés aux stagiaires, avec possibilité de poursuivre à la fin du chantier la formation à l’Afpa ou en contrat de professionnalisation en entreprise, pour l’obtention du titre professionnel complet “maçon du bâti ancien”.

Les encadrants veillent également à l’unité du groupe. Par exemple, les repas de midi sont systématiquement pris en commun, confectionnés, alternativement, par deux restaurants, l’un de Thiviers, l’autre de Corgnac.

Voilà donc un chantier qui tisse des liens entre les personnes, mais aussi entre le passé et l’avenir.

Nadine Berbessou


Réussir le Périgord
7, rue du Jardin Public - BP 70165 - 24007 Périgueux cedex