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1914_veaux_batiment  Veaux sous la mère. Mardi, une journée porte ouverte était organisée à l’EARL de La Pichie à Ribérac pour découvrir une nouvelle stabulation et une salle de tétée attenante permettant d’améliorer considérablement efficacité et confort de travail.
Un bâtiment qui change la vie de l’éleveur



Patrick est tellement bien dans son nouveau bâtiment qu’il y passerait sa vie ». Commentaire d’épouse.
Depuis que la nouvelle stabulation libre est construite, Catherine, Patrick et leur fils Sébastien, associés dans le cadre de l’EARL de La Pichie, voient le travail autrement. « Je ne surveille plus la tétée depuis que sont installées les logettes alternées. La vache vient toute seule rejoindre son veau, le veau tète sa mère ou sa voisine, mais c’est sans importance du moment que la tétée se fait toute seule. »
Toute seule ou presque. Grâce au temps libéré, les éleveurs en profitent pour curer les box. Le fumier est ensuite raclé vers la fumière dans le prolongement du bâtiment. « On n’a plus du tout la même conduite, ça nous change la vie », atteste Patrick.
La famille Dubesset, éleveurs de veaux sous la mère à Ribérac, ne s’est pas lancée dans le projet sans réflexion. C’est en quelque sorte pour clôturer cette lente maturation du projet, jusqu’à ce que sorte le premier lot de veaux, que la Chambre d’agriculture a organisé, mardi 12 octobre, une journée porte ouverte chez eux.
Une chose était sûre, a souligné Patrick Dubesset, il n’était pas question d’augmenter le cheptel dans les bâtiments existants. Or, l’installation de Sébastien sur l’exploitation familiale rendait le projet d’extension nécessaire.
D’abord, un aménagement de l’ancienne étable avait été envisagé. Mais un diagnostic du service bâtiment d’élevage de la Chambre d’agriculture avait montré les difficultés de faire avec l’existant. « Avant même d’entrer dans la phase conception, le projet est à mûrir dans toutes ses dimensions », explique Xavier Grizeau, technicien Chambre d’agriculture qui a suivi le dossier.

Tout mettre à plat
D’abord, il fait le point avec les exploitants sur le système d’élevage actuel et sur ses évolutions futures. Quelles sont les priorités de l’éleveur ? Le technicien n’omet pas de s’informer sur le contexte général et l’environnement sociétal de l’exploitation. Celle-ci est soumise à des réglementations très strictes du fait de sa proximité avec la Dronne. Les bâtiments de France ont même dû donner leur avis sur les matériaux et les couleurs du bac acier. Autant de contraintes à prendre en compte avant de commencer.
Dans tous ces domaines, ce sont les détails qui comptent. Il faut faire l’inventaire de toutes les spécificités de l’exploitation, tant sur le plan topographique que réglementaire, sur le mode de conduite pour l’alimentation, la reproduction... « On met tout à plat et seulement ensuite peut acommencer la phase diagnostic », déclare Xavier Grizeau.
Ensuite, plusieurs étapes nécessitent une bonne compréhension entre les agriculteurs et le chef de projet qui réalise un avant-projet sommaire et un premier chiffrage. « On adapte les objectifs aux contraintes pour arriver au meilleur compromis, tenant compte, bien sûr, de la capacité à investir. »

Un projet à usage unique
« Attention à ne jamais faire du copié-collé car ce qui marche ici ne sera pas forcément adapté à un autre site, à une autre conduite d’élevage », prévient le technicien à l’attention des quelque 70 éleveurs de veaux sous la mère venus visiter le bâtiment.
Des visiteurs particulièrement intéressés par le système de logettes en tête à tête, séparées par un couloir de paillage, inhabituel dans les cheptels bovins viande. Ils ont aussi apprécié la luminosité grâce aux filets brise-vent et au bardage métallique. La circulation des vaches allaitantes (les seules à être logées dans le bâtiment neuf, les gestations et les vêlages étant restés dans les anciens bâtiments) a été bien réfléchie pour que les bêtes se rendent deux fois par jour dans la salle de tétée. 
Les logettes alternées, qui libèrent l’éleveur de la contrainte de mener le veau à sa mère, ont évidemment retenu l’attention. D’autant que la coopérative Univia a démontré qu’il n’y avait aucun effet défavorable sur le poids et la couleur des veaux. Seul le coût (288 200 euros HT, soit 6 000 euros par vache) n’a pas emporté l’adhésion de tous, même si des aides (près de 10 % du coût total dans le cadre du dossier Area/PMBE) viennent alléger l’investissement.

Nelly Fray


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