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Créé : vendredi 8 octobre 2010

 

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Pédagogie. Au château de Campagnac, près de Sarlat, le CFPPA de la Dordogne met en place un site pédagogique dédié au maraîchage bio. Douze stagiaires ont intégré lundi 4 octobre le premier chantier-formation.
Un an pour devenir
maraîcher bio

Le développement de la plate-forme d’approvisionnement de la restauration collective en produits de proximité et bio du Sarladais a vite mis en exergue sa limite : le manque d’offres disponibles pour des besoins croissants.
En parallèle, la Chambre d’agriculture (voir ci-dessous) avait de nombreux contacts avec des porteurs de projets. De son côté, le CFPPA (Centre de formation professionnelle agricole pour adultes) de Dordogne avait envie de se réimplanter en Périgord noir, pour diversifier son offre. D’où l’idée conjointe de créer une offre de formation en maraîchage bio sur Sarlat. « Nous ne sommes pas focalisés sur le bio, assure Jean-Marie Laval, responsable de l’antenne Périgord noir de la Chambre d’agriculture. Formés techniquement au bio, ils pourront venir au conventionnel s’ils le souhaitent », nuance-t-il.

Différents horizons
Douze stagiaires ont fait leur rentrée lundi 4 octobre au château de Campagnac, la ville de Sarlat ayant mis à disposition des locaux et 4 hectares de terrain. Le dispositif est accompagné financièrement par les collectivités territoriales, notamment la Région et le Département.
Venus de toute la Dordogne, ces jeunes ont eu vent de cette formation par différentes sources : le pôle emploi, la mission locale, le CFPPA... Tous souhaitent faire du bio dans les environs, comme salarié ou s’installer. Les premières semaines leur permettront de se déterminer, savoir aussi s’ils veulent passer les diplômes proposés : BPA et BPREA.
Car la formation, d’une durée d’un an, peut être diplômante pour ceux qui le souhaitent.
« C’est vraiment à la carte, explique Éric Villatte, formateur responsable de la formation. Les entrées et sorties sont permanentes. Si certains maraîchers veulent nous rejoindre pour quelques modules, c’est possible. »

Mise en route
Faute de matériels déjà en place, les cours ont commencé par de la théorie. Ils devraient néanmoins être plutôt orientés vers la pratique avec la mise en place grandeur nature de cultures qui sont attendues par la plate-forme d’approvisionnement. Quatre tunnels devront, entre autres, arriver la semaine prochaine.
Des visites sur le terrain, pour tisser un réseau avec les maraîchers du secteur et connaître les différents types de commercialisation (Amap, vente directe...), ainsi que des interventions extérieures sont programmées. « Il se peut qu’il n’y ait pas de stage à effectuer car, au moment où les maraîchers auront besoin de mes stagiaires, j’aurai aussi besoin d’eux ici », affirme Éric Villatte.

Préparation grandeur nature
Si cette première promotion essuie les plâtres d’une formation naissante (locaux en cours de restauration, calendrier incertain,...), c’est aussi une chance. « Tout est à faire, argumente Éric Villatte. Ils vivent grandeur nature un début d’activité. On ne peut rêver mieux pour se préparer à sa future installation ».
Pour le formateur, il s’agit aussi d’un beau challenge : jusqu’à présent enseignant en maraîchage et horticulture au CFPPA, il avait envie de revenir sur le terrain, produire et refaire du concret. Les stagiaires ne vont donc pas se cantonner aux carottes, poireaux et radis mais cultiveront un large panel de légumes.
Pour l’heure, le chantier-formation part pour une durée de deux à trois ans, le temps de former suffisamment de maraîchers qui approvisionneront la plate-forme. Après, cela dépendra de l’avancée globale du projet mais la mutation en chantier d’insertion est déjà évoquée.

Marie-Laure Chabalier

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