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1916_projetProjet atypique. Christophe Pressoir s’est installé à Razac-de-Saussignac en développant la culture de spiruline, une micro-algue qui a des vertus nutritionnelles hors pair. Il vient de terminer sa première campagne de production.
Agriculteur par passion de l’algue bleue

La spiruline, ça vous dit quelque chose ? La micro-algue bleue a pourtant bonne réputation chez les naturopathes et toutes les personnes intéressées par les compléments nutritionnels naturels qui apportent tous les éléments qu’on ne trouve pas forcément dans l’alimentation moderne. 
Christophe Pressoir a testé les bienfaits de la spiruline sur lui et sa famille et n’en est pas revenu. Avec une richesse en protéine inégalée, contenant des vitamines A, E, B, du fer..., la micro-algue aurait bien d’autres vertus encore. « Elle est réputée depuis les années 1970 lorsque des scientifiques se sont aperçus qu’au Sahel, une seule tribu arrivait à survivre à la famine en consommant des galettes faites à partir d’algues extraites du lac Tchad », explique Christophe Pressoir. La tendance de l’alimentation santé fera le reste, notamment auprès des sportifs et des végétariens qui trouvent dans la spiruline un apport en protéines non animales. 

Retour à la nature
Quand il songe à une reconversion professionnelle, Christophe Pressoir pense à la spiruline. Il veut se recentrer sur la nature, le vivant, la Dordogne et sa famille. Il posera ses valises à Razac-de-Saussignac, après une formation et des stages en Provence-Alpes-Côte-d’Azur.
Il a trouvé l’endroit idéal : à 139 mètres d’altitude, au-dessus du village de Saussignac, un coteau très ensoleillé qui échappe aux brouillards de la vallée. « Exactement ce que je cherchais, avec un bon environnement d’agriculteurs et de viticulteurs ayant fait le choix de produire sans pesticides. »
Seul bémol, les 750 m2 de serres plantés sur le coteau sont particulièrement exposés aux vents. Qu’à cela ne tienne, l’agriculteur construira une digue de terre, plantera des haies coupe-vent, se servira un jour du vent pour faire de l’éolien.
En début d’année, à la croisée de trois départements, avec son plus proche collègue producteur de spiruline dans le Lot et une bonne dose d’optimisme, cet ancien commercial, qui été paysagiste « dans une vie antérieure », plante son local de séchage, son laboratoire et ses bassins sous serre dans un des plus beaux endroits du Bergeracois.

Une culture très technique
La première mise en culture a démarré au printemps 2010. Des souches de spiruline ont été placées dans 4 bassins de 138 m2 emplis d’une eau saumâtre (pH supérieur à 10) : le milieu dans lequel se développe naturellement la micro-algue.
L’ensoleillement et la température de l’air vont influer sur la culture dont le cycle de production va de mai à octobre. La cyanophycée (tel est son nom scientifique) commence à croître à 26 °C, son développement est à son optimum à 33-35 °C puis elle meurt lorsqu’il fait plus de 42 °C.
« À son optimum, la micro-algue double sa masse tous les 5 jours. C’est impressionnant », explique le producteur qui recueille la biomasse après l’avoir mesurée à l’aide d’un disque de Secchi. Celle-ci, qui a un peu la consistance d’un fromage blanc, sera filtrée, égouttée, mise sous presse pour obtenir une pâte ayant un peu la texture du foie gras. Ensuite, direction le laboratoire de transformation où la spiruline est séchée à basse température, grâce à un système de séchoir solaire, pendant 5 à 7 heures pour ne pas altérer les propriétés de l’algue.
Analysée, conditionnée, elle sera vendue fraîche pour quelques amateurs mais surtout sous forme de paillettes ou de poudre.
Nelly Fray

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