Auteur : Alexandre Merlingeas
Publié : vendredi 14 septembre 2018

Filière ovine. La Sica Creo de Glane, à Coulaures, et Asseldor vont créer un comité technique pour suivre la construction d’une bergerie avec des brebis laitières en bio et une fromagerie en 2019, projet initié par l’intercommunalité.

La Sica Creo retrouve de l’élan

L’an passé, l’incertitude pesait sur l’avenir du centre d’expérimentation ovine de Glane avec un compte de résultat pourtant dans le positif. Cette année, l’espérance semblait bien faire son retour le 11 septembre à Coulaures pour l’assemblée générale, en dépit d’un déficit de 26 000 e pour l’exercice 2017 marqué par une baisse des subventions. Nicolas Roche, nouveau président de la sica depuis un an, espère redynamiser la structure avec le projet initié par la communauté de communes Isle-Loue-Auvézère en Périgord. Il s’agit de construire une nouvelle bergerie pour des brebis laitières en bio et une fromagerie pour faire de la vente directe. Le projet va entrer dans sa phase de réalisation active en 2019.
Lors de l’assemblée générale, Nicolas Roche, François Molin, président du syndicat ovin, et François Gilard, directeur d’Asseldor, ont posé les bases de la création d’un comité technique d’une dizaine de personnes compétentes et intéressées pour suivre la réalisation du projet. « Il faudra fixer un cap technique pour le passage en brebis laitière et en bio. Il va y avoir des décisions à prendre rapidement : évaluer, chiffrer, combien de personnes à embaucher et lesquels », a détaillé François Gilard.

Une vitrine

Le projet n’est pas encore complètement abouti mais il comprendra la construction d’une bergerie pour environ 400 brebis, dont 250 à 300 brebis laitières, avec des animaux pour la viande (50 ou 80 brebis selon la capacité d’alimentation en fourrage). Le site sera géré par Asseldor avec le recrutement de salariés. Bruno Lamonerie, le président de la Communauté de communes Isle-Loue-Auvézère en Périgord est venu faire le point : « On espère avoir un permis de construire avant la fin de l’année pour que les travaux puissent commencer. Sur le plan financier, 64 % de subventions sont obtenues sur 80 % demandées mais certaines peuvent tomber en 2019. Je ne vous parlerais pas du montant du projet car il faut rester discret si on veut gagner de l’argent. Je suis très enthousiaste pour ce projet qui a une envergure départementale et parce que c’est du développement économique sur un secteur comme le nôtre qui en a besoin ». Le rôle de la collectivité est de faire construire un bel outil mis à la disposition de professionnels.
« Il existe une obligation de résultat car ce sera une vitrine pour relancer cette filière de brebis laitière sur le département et montrer son intérêt économique », a dit Yannick Frances, président d’Asseldor. « C’est impératif même si cela doit nous coûter un peu d’argent », a précisé le président de l’intercommunalité.


 

POINT DE VUE

2319 nicolas rocheNicolas Roche, président de la Sica Creo
« Je suis président depuis un an. Il y a eu pas mal de changement. On va orienter le troupeau de brebis viande vers le lait avec une conversion biologique. On a eu une opportunité via le contrat de territoire avec la communauté de commune. Sinon, on n’aurait pas pu se permettre un tel changement vu les investissements. C’était une opportunité à saisir. On vient de faire démonter et désamianter l’ancienne bergerie pour reconstruire l’autre. Cela permet d’avoir de nouveaux objectifs en partant sur de la production laitière avant d’aller sur de la transformation et de la vente directe. La conjoncture agricole est compliquée. La Creo doit continuer d’être une vitrine qu’on veut redynamiser pour pouvoir proposer aux agriculteurs de nouvelles alternatives. En viande, on s’en sort mais les cours ne sont pas là toute l’année. On n’a jamais un prix fixe. La vente directe permet de faire une plus-value pour s’en sortir un peu mieux. À terme, avoir un fromage de brebis de Glane peut nous donner une bonne image et nous ouvrir des perspectives. Il n’y aura pas d’installations d’agriculteurs car on a eu des mauvaises expériences par le passé. Il faudra au minimum trois salariés ».


Un projet subventionné

2319 entretienComment est venue l’idée de développer ce projet avec le centre de recherche et d’expérimentation de Glane ?
Bruno Lamonerie : j’ai découvert ce site il y a deux ans après la fusion des intercommunalités car elle n’était pas sur mon territoire. L’idée de départ était de faire du pastoralisme avec le camp militaire à côté du site. On a vu que le terrain militaire n’était pas adapté par ce qu’il n’y avait rien à manger. Du coup, on a eu la possibilité de continuer sur de l’élevage ovin mais pour produire du lait, laisser tomber le pastoralisme et créer une fromagerie. L’idée serait aussi de faire de l’expérimentation et de commercialiser sur des fromages frais de brebis et des glaces au lait. En sachant qu’il y a un contrat déjà tout fait avec la laiterie le Petit basque.

Quel est l’état d’avancement de la construction de la bergerie et de la fromagerie ?
B. L. : On a choisi l’architecte. On va faire les appels d’offres. La construction se fera en 2019 avec une mise en service en fin d’année ou début 2020. C’est un projet qui va être largement subventionné. Aujourd’hui, à hauteur de plus de 60 % mais d’autres demandes sont en attente. L’État aide dans le cadre des contrats territoriaux, ainsi que le Département. Je voudrais que la Région s’implique un peu plus.

Qui assurera la gestion de la structure ?
B. L. : Asseldor va s’en charger. La communauté de communes sera maître d’ouvrage. Ensuite elle percevra un loyer de la part de l’exploitant. Au bout de ce bail rural de 18 ans, on léguera le bâtiment. L’idée est que cela ne coûte rien à la communauté de communes. Le loyer doit coïncider avec les annuités qu’on aura pour l’emprunt réalisé sur la somme restante hors subvention.


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