Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 20 novembre 2015

Coopération - Aquitaine. En cette Semaine de la solidarité internationale, plusieurs rendez-vous mettent à l’honneur l’action des Cuma au Bénin, née il y a vingt ans en Dordogne : un colloque de la FAO à Kétou et une conférence-débat à Périgueux.

Mécanisation partagée entre les peuples

C’est une reconnaissance et un honneur : la FAO, organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a organisé du 17 au 19 novembre à Kétou, au Bénin, les journées nationales des coopératives d’utilisation du matériel en commun (Cuma) du Bénin. Le Landais Ivan Alquier et le Girondin Gérard Besac représentaient les Cuma d’Aquitaine, chevilles ouvrières de la mise en place d’un réseau de Cuma au Bénin.
À des milliers de kilomètres de Kétou, à Périgueux en Dordogne, le Conseil départemental fera intervenir Thierry Guérin, président de l’association Cuma Bénin Aquitaine, le 20 novembre à 18 h au Centre de la communication à l’occasion de la Semaine de la solidarité internationale. Thierry Guérin rappelle que c’est en Dordogne, il y a vingt ans, qu’a démarré l’action au Bénin sous l’impulsion des agriculteurs de l’association Afdi 24 et d’un président de Cuma, Claude Ladoire.
Depuis, le réseau des Cuma intervenant au Bénin s’est étendu à toute l’Aquitaine, plus des départements limitrophes. Il a permis à 120 Cuma de voir le jour dans tout le pays, mais surtout au nord, « le grenier du Bénin ». Aujourd’hui, 20 000 Béninois seraient sortis de la pauvreté grâce à la modernisation de l’agriculture familiale. Car l’émergence de groupes d’agriculteurs permettrait à la population d’accéder à l’autosuffisance alimentaire.

Commerce équitable

Au Bénin, les conditions naturelles sont propices à l’agriculture, mais les méthodes traditionnelles et les outils rudimentaires ne permettaient pas de cultiver des produits en quantité et de qualité suffisantes et diversifiés. L’action des Cuma a consisté à faire naître des groupes d’agriculteurs, à les former et à leur permettre d’acheter du matériel. « On ne fait pas de la charité, mais du commerce équitable. Les Cuma de Dordogne achètent en France à petit prix du matériel d’occasion, le font réparer pour l’envoyer au Bénin où il est revendu à prix étudiés », explique Thierry Guérin.
Plusieurs conteneurs partent tous les ans avec des tracteurs désuets pour les agriculteurs français mais très utiles à leurs collègues africains. Au préalable, ils ont pu être restaurés par les partenaires des Cuma, comme la MFR de Thiviers (lire page 7). Dans les conteneurs aussi, du matériel divers et des pièces détachées. Car les Cuma ont financé la formation de cinq mécaniciens et celle des agriculteurs béninois grâce à la présence sur place de quatre animateurs-techniciens.
Avec une population croissante, le Bénin doit accélérer la modernisation de son agriculture et une dizaine de nouvelles Cuma devraient voir le jour chaque année. Mais les fonds du ministère des Affaires étrangères et de la Région Aquitaine attribués pour cette action se sont épuisés l’an dernier. Aujourd’hui, une dotation du Conseil départemental de Dordogne permet de poursuivre l’opération. Thierry Guérin ne cache pas qu’il va devoir trouver de toute urgence de nouveaux partenaires pour faire perdurer ce modèle de solidarité internationale.


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