Auteur : Valérie Hubert-Cassant
Publié : vendredi 30 janvier 2015

Bergerac. Créer des vitraux nécessite les mêmes outils qu’au XVe siècle. Aude Leblond a choisi d’être vitrailliste parce qu’elle veut perpétuer cette tradition. Avec un petit grain de folie, elle façonne aussi des œuvres tout à fait contemporaines.

Le vitrail dans tous ses états

Rien n’est plus troublant que de jouer avec la transparence du verre et de la lumière, assure Aude Leblond. Vitrailliste depuis une dizaine d’années, la jeune femme conte des histoires sur ses morceaux de verre. Qu’ils soient contemporains ou médiévaux, ses vitraux sont uniques. Elle accueille ses clients dans son atelier-boutique au cœur du vieux Bergerac.
C’est en fac d’histoire de l’art que l’étudiante a découvert la beauté des vitraux ancestraux. Quelques mois plus tard, elle quitte la fac pour intégrer le monde des “maistres” vitraillistes. C’est la voie de l’apprentissage qui a sa préférence : « Il a fallu partir à la recherche d’un employeur. Après, l’inscription au Cerfav a été automatique » (le Cerfav est un centre dédié à la recherche et à la formation aux arts verriers, ndlr).

Casser les codes
Son diplôme en poche, Aude Leblond intègre immédiatement une entreprise de restauration de vitraux. Salariée durant neuf ans, elle a ensuite créé son entreprise.
« J’avais envie de créer des nouveautés. Alors, j’ai monté mon entreprise. Bien sûr, le traditionnel cistercien me plaît beaucoup, mais j’aime aussi créer des œuvres contemporaines. On peut faire ce qu’on veut. Je peux fusionner plusieurs couches de verre, faire des inclusions, ajouter des pigments de couleur, des produits qui font des bulles, de la poudre de verre, des métaux... C’est amusant de pouvoir casser les codes, » note la jeune femme de 34 ans.
Méthodique et calme, la jeune femme a le geste précis. Il faut être rigoureux, rester concentré :
« le verre, ça coupe, assure-t-elle en riant, vous voyez, ça fait juste une demi-heure que je suis là », et elle montre son annulaire ceint d’un pansement. Et les coupures sont-elles nombreuses ? Elle répond franchement, avec un large sourire : « oui, je me coupe presque tous les jours. Il y a toujours une miette de verre qui traîne ».
Aujourd’hui, elle se plonge dans la création d’un vitrail cistercien, on vient de lui commander une dizaine de vitraux pour un couvent. Après l’avoir dessiné, elle fait chanter le diamant sur la plaque de verre et découpe des petits morceaux de verre coloré.
Elle commence alors son fragile puzzle de verre avec le sertissage qui est l’étape permettant d’assembler les morceaux avec des profilés en plomb. Dernières étapes : mastiquer le verre avec le plomb et souder les intersections avec le fer à souder.
Le vitrail est prêt. Il servira de témoin à l’histoire ou embellira une maison. Il reste cependant le vestige d’un travail séculaire dont les techniques traversent le temps.

 


 

DEVENIR VITRAILLISTE

  • Niveau V : CAP arts et techniques du verre option vitrailliste, 2 ans.
  • Niveau IV : BMA verrier décorateur, 2 ans. FCIL formation complémentaire d’initiative locale peinture sur verre, 1 an.
  • Niveau III : DMA décor architectural, option domaine des matériaux de synthèse, option transparence, (ENSAAMA - Paris), 2 ans.
  • Niveau I : Master conservation restauration des biens culturels (Université Paris I Panthéon Sorbonne), 5 ans.
  • Site internet du CERFAV, centre de formation aux arts verriers : www.cerfav.fr

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