Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 31 octobre 2014

Apiculture. Julien Gouissem, qui produit du miel et ses dérivés, élève des essaims et des reines à Neuvic, vient d’inaugurer un bâtiment de stockage et d’extraction de 400 m2. Tous ceux qui ont contribué à la réussite de son projet étaient invités.

Une miellerie moderne pour 400 ruches

L’apiculture à papa, avec quatre ou cinq ruches au fond du jardin, est toujours pratiquée. Mais il est une autre apiculture qui se professionnalise et produit de gros volumes pour un marché loin d’être saturé.
Julien Gouissem fait partie de ces jeunes apiculteurs qui voient loin et grand. Installé en 2011 à Neuvic-sur-l’Isle, il s’est lancé dans son nouveau métier avec 40 ruches. Pas de DJA, ni de bâtiment  : pas le temps ni les moyens de faire les choses comme il faut. Son père qui a 150 ruches a une petite miellerie où Julien officie. En 2012, le jeune apiculteur passe à 250 ruches, en 2013 à 400. Il se sent à l’étroit dans la miellerie paternelle et songe à construire la sienne.
Oui mais voilà, du rêve au projet, il faut du temps. Beaucoup de contretemps depuis le dépôt du permis de construire en septembre 2013 jusqu’à la finalisation du bâtiment à l’été 2014. Au printemps dernier, alors que le premier miel est prêt à être extrait, le bâtiment n’est toujours pas opérationnel. Julien se fait quelques frayeurs, il ne peut pas être partout. Finalement, plus de peur que de mal. La saison sera bonne, très bonne même.

Remercier ceux qui l’ont aidé

Le 23 octobre, Julien Gouissem a organisé une inauguration de son bâtiment en présence de ceux qui y ont apporté leur contribution.
En fait, le projet a eu de solides soutiens, notamment de la Région qui a donné un sérieux coup de pouce à l’apiculteur au titre de la transformation à la ferme. Le jeune a également bénéficié d’un prêt d’honneur d’Initiative Périgord, adossé à un prêt bancaire réalisé auprès du Crédit mutuel. Le Conseil général interviendra aussi. Des soutiens qui viennent rendre plus supportable l’investissement de 117 000 e pour construire ce bâtiment de 400 m2. Étaient invités également ceux qui ont encouragé le projet : les JA, syndicat auquel adhère Julien, les syndicats apicoles, la Chambre d’agriculture, la municipalité de Neuvic...
Le bâtiment est quasi vide aujourd’hui que la saison est terminée et pas tout à fait fini d’aménager. Manquent les sanitaires, prévus au cas où Julien devrait se faire épauler par du personnel, les séparations entre les différents espaces...
L’apiculteur étale sa production en installant ses ruches partout en Dordogne, dans 25 sites différents, du printemps jusqu’à septembre avec son miel de tournesol qui clôt la série des miels mono-floraux, acacia, tilleul, tournesol, châtaignier... Il vend en pots aux particuliers et en fûts aux conditionneurs.

Du volume et de la qualité

Cette année, les 12 tonnes de miel produites seront passées par la chambre chaude de 40 m2 aménagée dans le bâtiment. Chauffée  à 30° C, équipée d’un humidificateur, elle permet de contrôler le taux d’humidité pour une bonne conservation du produit. « Sans avoir besoin d’attendre que le miel soit operculé, je peux l’extraire rapidement après avoir vérifié son taux d’humidité avec un réfractomètre », explique Julien.
Un gain de temps non négligeable sachant que l’apiculteur élève aussi 150 essaims par an pour renouveler les siens (9 % de perte par an) et en vendre à ses  collègues, ainsi que des reines, pour renouveler les cheptels.
Adhérent à l’Anercea, association nationale des éleveurs de reines, basée à Surgères, David Gouissem s’investit beaucoup pour professionnaliser l’apiculture.


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