Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 19 septembre 2014

Réorganisation des équipes au 1er janvier

Aujourd’hui, vous réunissez les élus de la Chambre d’agriculture pour la session de rentrée et le vote du budget modificatif. Lors de la dernière session, vous annonciez un travail interne sur une nouvelle organisation des équipes. Où en êtes-vous ?
Jean-Philippe Granger, président de la Chambre d’agriculture : La réorganisation de nos équipes est une nécessité. Le monde agricole évolue, les agriculteurs, moins nombreux, ont des demandes précises en termes de conseils pointus, de réponses rapides à leurs questions. Il fallait se donner les moyens d’avoir plus de transversalité, dans un contexte de restrictions budgétaires. Nous devions optimiser les compétences de nos agents et l’organisation actuelle ne le permet pas. Ce constat a conduit au projet de réorganisation qui est le projet de notre mandature. Nous l’avons mûrement réfléchi, il a été validé en bureau le 17 juin et présenté dans la foulée au personnel. Je vais le détailler aujourd’hui en session à tous les élus siégeant à la Chambre d’agriculture. Il sera mis en application au 1er janvier.

Pouvez-vous présenter les grands axes de ce projet de réorganisation ?
J.-P. G. : Nous allons revoir complète­ment l’organigramme de la Chambre. Il y aura quatre pôles au lieu de sept, très transversaux. Un pôle compétitivité des entreprises. Un pôle développement et conseil en productions animales. Un pôle développement et conseil en productions végétales et gestion de l’eau. Un pôle dynamiques environnementales, foncières et service aux collectivités. Par ailleurs, quatre managers seront désignés pour chapeauter ces pôles, sous l’autorité de la directrice bien sûr, suppléée par un directeur-adjoint. La nouveauté sera aussi que ces responsables de pôles seront aussi les responsables des antennes. Je souhaite que le comité de direction se restreigne à 8 ou 9 personnes seulement.

Est-ce que ce découpage en quatre pôles aura des incidences sur le personnel au siège et dans les antennes de la Chambre ?
J.-P. G. : Les salariés, qui vont se retrouver dans des équipes plus conséquentes, auront des compétences ciblées. Mais pas question de perdre en proximité avec les agri­culteurs. Entendons-nous bien, pour moi, la proximité, ce n’est pas qu’une question de lieu, plutôt la capacité à faire émerger et accompagner des projets, à impulser des dynamiques locales. Pour cela, nous avons décidé de créer trois équipes, au lieu de cinq actuellement dans les antennes. Les CRDA sont des associations d’élus agriculteurs et la Chambre met ses agents à disposition de ces associations. Nous voulons aujourd’hui coller plus avec les territoires de projet, les pays. Donc, à terme, il devrait y avoir un CRDA sur le pays du Périgord vert, où les équipes de Ribérac et de Thiviers se retrouveront. Un sur le Périgord noir qui prendrait en charge une partie des équipes de Douville et de Thiviers. Un autre sur le Bergeracois, complété par les techniciens de Douville.

Mais les CRDA avaient été bâtis sur des logiques de filières. La fraise à Douville, la viticulture à Bergerac... pour ne citer que ceux-là. Est-ce qu’en limitant le nombre d’antennes, vous ne prenez pas le risque d’éloigner les techniciens des producteurs ?
J.-P. G. : Nous maintiendrons la proximité, même si cela doit entraîner plus de mobilité chez nos collaborateurs. Les sites ne sont pas remis en question dans leur ingénierie. Les équipes resteront en place, mais elles travailleront sur un territoire élargi. Nous allons désigner dans chacune des équipes un animateur territorial qui fera le lien entre les projets des agriculteurs et le CRDA. En gros, nous inventons la Chambre d’agriculture de demain. Nous allons perdre 10 à 15 agents dans les trois prochaines années, suite à des départs à la retraite. Ils ne seront pas remplacés puisque le recrutement en interne est privilégié. Nous allons devoir faire plus avec moins de monde et il faut être inventif.

Quels bénéfices comptez-vous tirer de cette nouvelle organisation ?
J.-P. G. : À coup sûr, plus d’efficacité et de compétences au service des agriculteurs. Sur le plan financier, nous ferons des économies mais pas dans les deux premières années car, tout ce que nous gagnerons d’un côté, je compte le réinvestir dans l’accompagnement et la formation de nos collaborateurs. J’ai conscience que nous allons avoir une année de transition difficile, avec l’obligation pour les techniciens de terminer leurs missions en cours. J’ai réuni tout le monde pour annoncer les changements. Je comprends que cela puisse faire peur. Nous travaillons ensemble pour l’avenir de notre Chambre départementale, pour qu’elle existe encore demain. Et je suis sûr d’une chose : le système actuel a atteint ses limites.

 


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