Auteur : Suzanne Boireau-Tartarat
Publié : vendredi 28 juillet 2017

Allas-les-Mines. La famille Boom vient d’ouvrir La rue du temps qui passe, un musée composé de 28 échoppes qui présente une formidable collection d’objets anciens. Un bel hommage au monde rural.

Rue du temps qui passe : Marche arrière toute !

Dans l’entrepôt de pièces détachées automobiles réaménagé en musée, au pied des anciennes mines, le temps s’est arrêté entre deux siècles, plaçant le curseur entre les années 1860 et 1940. Passé le bistrot à l’ancienne aménagé à l’entrée, la promenade s’engage dans des ruelles bordées d’échoppes. L’œuvre d’une vie. Celle de Michel Boom, collectionneur compulsif, incapable de se séparer du moindre objet et prompt à la récupération en série. Tout a commencé lorsqu’il avait 7 ans. Avec des yeux d’enfant encore brillants, il sort la boîte métallique dans laquelle sommeille son premier trésor, une montre médaillon digne d’Un long dimanche de fiançailles. Et il raconterait tout aussi bien l’histoire de chacun des milliers d’objets qui l’entourent.
Ce qui aurait pu rester à l’état d’accumulation a pris la forme d’un musée savamment organisé. À l’heure de la retraite du carrossier d’origine belge, sa collection d’objets anciens et de tous horizons avait pris une telle importance qu’il était bien dommage de ne pas la partager. Michel Boom a réalisé son rêve avec l’aide et les encouragements de sa fille Christelle, et la curiosité de son petit-fils, Titouan, ravi d’évoluer dans ce petit paradis. Ils ont imaginé la disposition permettant une approche thématique à travers des boutiques : salon de coiffure, boulangerie, mercerie, bureau de poste, librairie, caviste, fleuriste, artiste peintre..., et même une chapelle ! Tous les corps de métiers sont représentés et parfois parrainés par de très contemporains mécènes de la même corporation, passés par le site de financements participatifs Ulule.
Sauvegarder un patrimoine rural
Ce jour-là, Jean Bonnefon est venu en voisin déposer l’un des outils utilisés par son père, menuisier. Ils sont nombreux, comme lui, à avoir passé le témoin à Michel Boom, en lui confiant leur madeleine de Proust.
Michel Boom a aussi racheté la collection d’un musée qui fermait, en Auvergne, ou encore un plein fourgon confié par un cirque. « Un visiteur a remarqué que je n’avais rien dans la catégorie chasse et pêche. Il m’a offert des antiquités qui lui appartenaient. Je vais préparer une échoppe. »
La famille a réalisé elle-même les aménagements pour recréer ce monde ancien avec les objets chinés : tout est fait maison. « Les travaux ont commencé il y a cinq ans, à partir de croquis réalisés par papa, précise Christelle. C’est un amoureux des devantures et il a restitué certaines façades. » On admire au fil de la visite la première voiture trouvée par Michel Boom, au détour d’une grange, alors qu’il avait 17 ans. « Il sauvait toutes sortes d’objets pour leur éviter la destruction ou l’oubli, jusqu’au sabot troué avec de la paille, parce que celui-là a vécu ! »

Boom, quand notre cœur fait Boom...

Se sent-il investi d’une mission ? « D’une passion, s’enthousiasme-t-il. On a dû me mettre dans une vieille poussette quand j’étais petit, je suis un collectionneur né ! Je suis riche de m’être parfois baissé pour ramasser ce dont les autres ne voulaient pas. » Avec son épouse, Martine, ils couraient les vide-greniers avec une somme à dépenser : l’argent économisé sur les cigarettes qu’ils n’ont jamais fumées !
Les réserves sont encore remplies d’objets inanimés, qui ont certainement une âme..., que la famille Boom saura réveiller en ajoutant quelques rues à son musée. Un jeu est en préparation pour faire deviner la destination des pièces les plus insolites.
La promenade dans la vie quotidienne au temps jadis passe par une Rolland-Pilain 1918 ou des plaques émaillées de réclame pour Michelin, se poursuit dehors avec des wagonnets de mine (clin d’œil au passé local), une charrue et un travail de maréchal-ferrant. Puis il fait bon s’attarder sur les majestueuses rives de la Dordogne.


Réussir le Périgord
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