Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 15 septembre 2017

États généraux de l’alimentation. Le gouvernement a ouvert cet été une réflexion publique sur le devenir de l’agriculture. Des concertations locales ont eu lieu les 6 et 12 septembre, à l’initiative de la députée Jacqueline Dubois.

Les agriculteurs sarladais consultés

La méthode est nouvelle, donc elle surprend. Réunie sur l’exploitation de Pierre-Henri Chanquoi à Grèzes, une quinzaine d’agriculteurs est chargée de formuler des propositions pour les États généraux de l’alimentation.
Lancée cet été, cette concertation nationale sur le devenir de l’agriculture s’est traduite par la création de quatorze ateliers où des représentants de l’agriculture, de la transformation, de la distribution débattent sur des thèmes aussi vastes que “Rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs pour les agriculteurs”, “Mieux répondre aux attentes des consommateurs en termes de qualités nutritionnelles et environnementales, d’ancrage territorial, de bien-être animal et d’innovations”... Une méthode qui fait grincer des dents aussi puisque le syndicat FNSEA a refusé de co-présider un atelier qui le mettait en présence de responsables de la grande distribution et ne lui laissait pas les mains libres pour revendiquer ses positions.
A priori loin des préoccupations locales. Pourtant Jacqueline Dubois, députée de la 4e circonscription, a décidé de consulter les agriculteurs de son secteur pour savoir quelles propositions porter au national. Elle a donc organisé deux concertations, les 6 et 12 septembre, sur des exploitations de Grèzes et de Marcillac-St-Quentin, suivies en soirée d’une réunion publique pour recueillir les doléances des consommateurs.

Des solutions nouvelles

Il s’agit, selon ses mots, de « trouver ensemble des solutions nouvelles ». Et, pour faire émerger les propositions, elle a elle-même organisé ses propres ateliers censés recenser toutes les problématiques abordées lors de ces États généraux.
Le 6 septembre, la quinzaine de participants a choisi de réfléchir à quatre thématiques sur les cinq proposées. Les prix, les relations commerciales et contractuelles, les coûts de production, les normes et la transformation de l’agriculture ont fait émerger un ensemble de propositions qu’il serait souhaitable de mettre en œuvre pour les agriculteurs qui ont choisi de jouer le jeu et de constituer des groupes de réflexion.
Bien évidemment, comme ils l’ont dit eux-mêmes, les agriculteurs consultés savent pertinemment que les décisions prises à l’issue de ces États généraux n’émaneront pas du local. Néanmoins, comme le souligne l’une d’eux, Magali Catinel : « C’est important de s’impliquer localement sur ces sujets car il ne faut pas que les débats sur notre avenir ne se mènent qu’à Paris. » Elle-même participe à la consultation nationale, au nom de l’organisation des producteurs de lait livrant le groupe Savencia (Sunlait) dans un atelier traitant des prix d’achat. Pour elle, plus il y aura d’initiatives locales, plus l’agriculteur sera légitime dans ses revendications.


LE CALENDRIER

Le premier chantier à avoir été mis en route fin août est consacré à la création et à la répartition de la valeur, il se décompose en sept ateliers. Un autre sur l’alimentation saine, pure et durable va démarrer en octobre. Enfin un axe transversal, sur le thème de l’avenir, est chargé de synthétiser toutes les propositions faites dans les ateliers, il est co-présidé par le Périgourdin Jean-Pierre
Raynaud. La consultation publique, jusqu’en octobre, se déroule aussi sur internet : www.egalimentation.gouv.fr

 


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