Auteur : Laetitia Lemaire et Solal Dia
Publié : vendredi 27 mars 2015

Bâtiment. Les artisans du bâtiment sont toujours vent debout contre le compte pénibilité dont les décrets d’application étaient parus en fin d’année dernière. La Capeb dénonce toujours plus de contraintes sur les petites entreprises.

Une nouvelle contrainte pénible à digérer

En pleines négociations au niveau national sur ce compte pénibilité qui les fait grincer des dents, les artisans ne décolèrent pas sur le fond du dossier, et le font savoir. « Nous continuons de nous battre contre ce compte pénibilité qui ne convient pas du tout aux petites entreprises », explique Patrick Meynier, président de la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment), laquelle tenait son assemblée générale le 20 mars.
Pour Patrick Meynier, ce compte pénibilité n’est qu’un prétexte pour “taper“ sur les employeurs. « Si un salarié part tôt parce qu’il fait un métier pénible, on va nous dire que c’est parce que l’entreprise n’a pas fait ce qu’il fallait pour lui faciliter le travail. Or, dans une petite entreprise du bâtiment, qui travaille sur de petits chantiers, ça me semble compliqué de faire intervenir des machines sur toutes les tâches dites pénibles. Cette loi concerne des entreprises du CAC 40, pas celles de cinq salariés. On va à l’encontre de ce que veut l’entreprise artisanale : protéger ses salariés. Alors que je ne connais pas un seul artisan qui ne rencontre pas chaque jour ses salariés pour faire le point », s’énerve le président de la Capeb.
Les petites entreprises seraient donc encore surchargées de contraintes, alors même qu’elles rechignent en grande majorité à embaucher. Selon la Capeb Dordogne, 60 % des 4 500 entreprises artisanales du bâtiment ne sont composées que de l’entrepreneur qui préfère travailler seul sans prendre d’apprenti ou d’employé. La faute à ces contraintes qui s’accumulent sur un secteur déjà en forte tension. « Si on continue avec ce compte, nos entreprises n’embaucheront plus du tout. »

Micro-entrepreneur
toujours dans le viseur

D’autres points d’accroche de cette loi télescopent par ailleurs des thèmes chers à la Capeb Dordogne, tels que l’autoentrepreneuriat. « Comment va-t-on considérer l’aspect pénibilité pour des micro-entrepreneurs sur leur activité secondaire ? », interroge Patrick Meynier, satisfait néanmoins d’avoir remporté quelques « batailles » sur cette question.
« Ils sont désormais obligés de mentionner leur décennale sur leur devis ou facture, de s’inscrire au registre des métiers et de suivre un stage à l’installation, avec qualification ou trois ans de métier. Mais on se bat toujours sur le fait qu’ils doivent avoir la TVA sur la facturation et les devis. Pour l’instant, c’est toujours une forme de concurrence déloyale. »


EN CHIFFRES

  • 60 % des entrepreneurs préfèrent travailler seuls, sans apprenti ou salarié, en Dordogne
  • 3 500 emplois perdus dans le secteur du bâtiment, en Dordogne, depuis 2008



LE COMPTE PÉNIBILITÉ, QUÉSACO ?

Un livret “pénibilité“ est ouvert par l’employeur pour tous les travailleurs affiliés au régime général, qui peuvent exercer une activité censée réduire leur espérance de vie. Le travailleur exposé pourra recevoir jusqu’à 4 points pénibilité par an. Pour les plus de 50 ans, ils pourraient recevoir 8 points. Avec les points obtenus, les travailleurs pourront “acheter“ des mois de retraites et partir plus tôt.

 


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