Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : vendredi 31 juillet 2015

Crise agricole. Les agriculteurs au désespoir se sont mobilisés toute la journée du 23 juillet pour manifester leur colère. Ils étaient aux péages, devant les grandes surfaces et le transformateur Fromarsac jusque tard dans la nuit.

« On est étranglés. Arrêtez les promotions »

« Arrêtez les palettes gratuites. Vous en achetez vingt, vous en mettez cinq gratuites. Le prix, c’est une chose mais quand il y en a cinq gratuites, ça fait 20 % de produit gratuit. Vous imaginez ? C’est ce qui nous manque, à nous, les 20 %. Vous entendez ça ? » Le directeur général du Leclerc Trélissac, Jean-Noël Bergère, entend. Il le dit, mais ça ne suffit plus. « Mais vous faites que ça entendre et vous n’écoutez pas ! Vous êtes une bande de voyous ! Là, on est étranglés, on en a jusque-là, on n’en a plus rien à faire ! » Ils sont plusieurs, des larmes de colère dans la voix, à crier dans le hall du Leclerc, alors que leurs responsables syndicaux ont essayé juste avant de faire passer le message fermement mais calmement.
L’ambiance est électrique et des noms d’oiseau fusent entre agriculteurs et responsables du magasin et parfois avec les clients, dont une partie a dû être évacuée par les issues de secours. La plupart de l’opinion publique s’est pourtant révélée compréhensive face à la détresse des agriculteurs. Car s’ils ont déversé leur colère autant que du lisier et du fumier aux entrées et sur les parkings des grandes surfaces, ils ont également essayé d’expliquer aux consommateurs les raisons de leur désarroi. « Je travaille 15 heures par jour, 7/7 jours. Pour 700 euros. Si on gagnait le Smic à 35 heures, on ne se plaindrait pas. Mais vous voyez, on en est loin », détaille cet éleveur de veaux de lait de Ste-Orse.

Continuer la mobilisation

Le soir, à Fromarsac, entreprise de transformation du lait, environ 70 tracteurs bloquaient l’entrée, prélude d’une longue soirée de mobilisation. « Est-ce qu’il faut que nos laitiers crèvent et qu’on finisse par faire venir du lait d’ailleurs ? », s’est énervé Fabien Joffre, président de la FDSEA, debout sur un tracteur, face à 500 agri-
culteurs. Pour lui, la lutte continue malgré les avancées obtenues sur la viande. « Ça avance mais nos représentants ont besoin de nous. Il faut continuer à se mobiliser. » Même discours de Pierre Veyssi, président par interim de la FDPL : « On est avec nos politiques. Ayez le courage d’aller chercher l’argent chez ces grandes familles de la grande distribution. » La Coordination rurale, quant à elle, a rencontré Germinal Peiro, durant une réunion de deux heures, dans la nuit de vendredi à samedi.
Après la grande distribution, c’est vers la restauration collective que les agriculteurs ont ciblé leurs actions dès hier.

2160 manif


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