Auteur : Laetitia Lemaire
Publié : vendredi 17 octobre 2014

Les coulisses d’un chai en bois en construction étaient ouvertes au public, à Monbazillac, à l’initiative de la Fédération française du bâtiment, lors d’une journée portes ouvertes. L’occasion de découvrir ses métiers sous un autre jour.


« Les conditions ne sont plus les mêmes »


Casque de chantier de rigueur pour tout le monde. Qu’ils soient 25 ou quatre, les visiteurs de ces journées portes ouvertes dans “Les coulisses du bâtiment“ se sont tous soumis aux mêmes règles en vigueur sur un chantier. Une contrainte largement acceptable pour découvrir, ce jeudi-là, les travaux assez inédits en Dordogne de la construction d’un chai en bois. 72 mètres de long, neuf mètres et demi de large pour le bâtiment principal où seront bientôt stockées les cuves. « Actuellement, on cherche à montrer des chantiers en relation avec la construction durable, la rénovation énergétique etc., remarque Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment (FFB) de Dordogne, à l’origine de ces journées. Les entreprises se forment, ont évolué sur le bois, les fenêtres, les isolants. Il faut le montrer. »
Les collégiens venus sur place ont beau ne pas se sentir de vocation pour devenir ouvrier du BTP, il n’empêche qu’ils ont assisté, avec intérêt sinon admiration, à la pose des murs d’une partie de ce chai. Car avec une ossature bois, pas de béton, pas de maçonnerie une fois la chape de base coulée. Les murs peuvent être posés en une journée. « L’objectif est aussi de leur expliquer tout le travail en amont que ce genre de chantier peut nécessiter, précise Christophe Mazeau, chargé de relations entreprises au sein de la FFB Dordogne. Il faut prévoir l’implantation, penser aux réseaux de récupération des eaux, la résistance de ce genre de structure au vent ou à la neige, globalement aux pires conditions météorologiques. »


Dépoussiérer l’image du BTP


Cette année, “les coulisses du bâtiment“ en Dordogne, c’étaient deux chantiers très différents : ce chai en bois à Monbazillac et la médiathèque de Boulazac. « Sur le premier, les jeunes ont pu voir un projet à 75 % abouti. La médiathèque, quant à elle, est plutôt moderne. La présence de l’architecte pour faire la visite et expliquer les plans et les conditions de travail est importante. »
La démarche vise en effet à lutter contre des préjugés persistants. « Le bâtiment, pour beaucoup, c’est encore la voie de garage. C’est pénible, c’est sale, déplore Olivier Salleron. Or, on leur montre qu’on peut aussi être en costume sur les chantiers, la sécurité est très encadrée, on ne porte plus de charges très lourdes, les salaires, c’est 12 % au-dessus du Smic quand on débute. Les conditions ne sont plus les mêmes. On est aux 35 heures et les avancées sociales ont été nombreuses ces dernières années. »
L’opération a lieu depuis dix ans et est ouverte autant au grand public qu’aux collégiens. « Nous leur montrons ce qu’est vraiment un chantier, à un moment où ils sont en pleine recherche d’orientation. Cela ne déclenche pas forcément le désir de travailler dans le BTP, mais les visites de ces coulisses ont eu tellement de succès d’année en année qu’aujourd’hui, nous nous retrouvons avec une demande qui dépasse même notre capacité d’accueil », conclut Olivier Salleron.



EN CHIFFRES

  • 540 jeunes environ sont reçus chaque année sur deux chantiers de BTP
  • 1700 salariés perdus en 5 ans

 


 


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