Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 28 novembre 2014

Coopération. La Fédération départementale des Cuma, en assemblée générale au lycée agricole le 25 novembre, a donné la parole à ceux qui s’engagent dans l’agriculture de groupe et aux enseignants qui en parlent à leurs élèves.

Le défi des Cuma : rajeunir ses troupes

Les Cuma, c’est ringard ? Thierry Guérin, directeur de la Fédération des Cuma, et Jean-François Gazard-Maurel, son président, s’emploient à les « déringardiser ». L’an dernier, ils ont innové en organisant le premier forum sur l’agriculture de groupe pour les jeunes. « Nous avons besoin d’eux, ne serait-ce que pour remplacer ceux qui vont partir à la retraite », note le président de la FDCuma. « Trop souvent, pour les jeunes, Cuma veut dire matériel toujours cassé, jamais disponible », regrette le directeur. Or, s’installer seul en achetant tout son parc matériel serait périlleux. Adhérer à une Cuma permettrait de limiter les risques, serait un tremplin à la prise de responsabilités.

Prendre des responsabilités

Preuves à l’appui. Lors de l’assemblée générale de la FDCuma, le 25 novembre au lycée de Périgueux, c’est d’abord un des plus jeunes présidents de Cuma qui a pris la parole au cours d’une table ronde sur l’expérience de la coopération. À la tête d’une Cuma qui a 50 ans et 80 adhérents, Jean-Philippe Cheyssou, agriculteur en Ribéracois, a pensé ne pas durer à la présidence. « Il y avait des problèmes, le président a démissionné. J’étais vice-président, je me suis dit “je règle le problème et je passe le flambeau” ». Le jeune cumiste se prend au jeu, s’impose, cela lui permet de sortir de sa ferme et de rencontrer d’autres agri-
culteurs... « C’est pour ça que j’y suis toujours. »
Assis à ses côtés, Jean-Claude Jégu préside la Cuma de Saint-Aubin-de-Cadelech depuis 40 ans. La plus ancienne Cuma de Dordogne avec celle de Firbeix, créée en 1947, compte une centaine d’adhérents pour une quarantaine de matériels. Le président, également à la tête de la MFR de Bourgougnague (Lot-et-Garonne), travaille à faire de sa Cuma un outil pédagogique. La MFR répare le matériel en morte-saison, la Cuma met ses outils à la disposition des élèves pour des travaux pratiques. Cet échange de bons procédés contribue à la motivation de ce président qui songe à passer la main... bientôt.
Sébastien Lechevalier, un des responsables du syndicat JA et adhérent de trois Cuma, a souligné qu’il était difficile de motiver des jeunes à s’investir et à prendre des responsabilités. « Pourtant, rejoindre un groupe donne une vraie ouverture d’esprit. »
Daniel Benoist, directeur de la Fédération des MFR, estime qu’il est du devoir des établissements scolaires d’encourager les élèves à s’affirmer : « prendre la parole, c’est prendre des responsabilités. »
Pour Emmanuel Legay, enseignant en BTS au lycée agricole, l’image des Cuma n’est pas si dégradée auprès des jeunes qui ont bien intégré sa dimension sociale.

LA FDCUMA EN CHIFFRES

La Fédération départementale des Cuma a fait le point sur une campagne 2013-2014 dynamique. Après une année blanche sur le plan des aides, le nouveau programme Feader a permis de percevoir 1,5 million de subventions pour les investissements en Cuma (21 dossiers déposés en 2014). Des investissements qui, même l’an dernier, s’élevaient à 4,3 millions. Le montant de ceux de l’année en cours n’est pas encore connu. Cette année, il y a eu 2 constitutions de Cuma (à Vaunac et Corgnac-sur-l’Isle) et une dissolution. En tout, 205 Cuma sont actives sur les 218 recensées sur la Dordogne.
Les Cuma, c’est tout un tissu social puisque leur fédération départementale a créé l’Udag pour la réalisation de fiches de paye pour leurs salariés mais aussi ceux des groupements d’employeurs. En tout, l’Udag, en partenariat avec la fédération des groupements d’employeurs agricoles et la FDSEA pour la partie juridique, a réalisé 792 fiches de paye.
Au cours de l’assemblée, la FDcuma est revenue sur ses actions. Ainsi, l’action machinisme (banc d’essai moteur, contrôle pulvérisateur, démonstrations au champ...) a montré un réel dynamisme. Même satisfaction pour tout ce qui tourne autour du bois-énergie (4 Cuma sont équipées de déchiqueteuses), les 7 plate-formes de collecte et broyage de déchets verts, ou encore la méthanisation dont 2 réalisations sur les 5 de Dordogne le sont en Cuma et 5 projets de groupe sont en cours.


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