Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 17 octobre 2014

Les associés du Gaec Roussille, à Douville, font partie des éleveurs participants aux rencontres nationales Made in viande, organisées par l’interprofession Interbev du 25 au 31 octobre dans toute la France.


Rencontrer les éleveurs près de chez soi

Mercredi 29 octobre, dans l’après-midi, François Molin et Étienne Voisin accueilleront le public pour une visite de leur élevage à Douville. Les visiteurs pourront s’informer sur le métier d’éleveur, découvrir les élevages ovin, bovin, l’engraissement, l’activité vente à la ferme... Une visite très riche à n’en pas douter. François Molin, président du syndicat ovin, espère d’ailleurs que des agri-
culteurs se joindront à cette visite tout public pour s’informer sur la production d’agneaux où il y a des débouchés, la Dordogne manquant cruellement d’éleveurs.
Pour ces deux jeunes associés du Gaec Roussille, ce sera aussi l’occasion de parler de leur parcours d’installation. Étienne Voisin s’est installé en 2005, en créant un atelier de bovins à côté de l’exploitation de son père spécialisée en ovins. Dès 2006, il développe la vente directe sur l’exploitation, augmente le cheptel bovin.
En 2009, le Gaec Roussille est créé. Il intègre François Molin d’abord dans le cadre d’un parrainage d’un an et demi pour voir si François, qui vient du Gers et n’est pas du milieu agricole, prend ses marques aux côtés d’Étienne, un copain du lycée agricole.
En 2012, François s’installe dans le Gaec et le père d’Étienne prend sa retraite. Il s’occupera de la partie mouton tandis qu’Étienne gérera les bovins viande.


Le choix de la vente directe


Les deux associés développent les deux cheptels : ils arrivent à une soixantaine de vêlages annuels, de façon à vendre une partie des génisses engraissées (l’autre partie est gardée pour l’accroissement du cheptel) et les mâles engraissés, en broutards ou en veaux rosés.
Choisissant de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier, ils commercialisent les agneaux issus de 550 brebis de race romane en direct, mais aussi à Univia sous l’IGP Agneaux du Périgord. Une décision qui demande une gestion fine des agnelages (trois ou quatre périodes par an pour avoir des agneaux toute l’année).
Ayant opté pour la vente directe mais pas à la ferme, les éleveurs livrent eux-mêmes leurs caissettes de viande découpée. Notamment auprès de groupes d’acheteurs, une Amap sur Périgueux, un magasin de producteurs en Bergeracois, une centaine d’agneaux à une clientèle maghrébine lors des fêtes de l’Aïd. Le fait d’avoir plusieurs types de viandes à proposer est un atout incontestable. « Avec notre véhicule-frigo, on part cette semaine à Bordeaux livrer en caissettes une vache, un veau, neuf agneaux, une brebis », explique Étienne Voisin qui avoue être souvent sollicité pour faire déguster ses produits, ce que les associés font parfois. Le temps manque pour être partout, quand bien même ils sont aidés par leur salarié et leur apprenti.
En revanche, leur emploi du temps plus que chargé ne les empêche pas de faire visiter leur ferme aussi souvent que possible. « Les lobbies anti-viande ont tellement pris de place dans les médias qu’on doit garder une relation directe avec les consommateurs », précise François.



L'ENTREPRISE

Gaec Roussille à Douville
2 associés, 1 salarié à temps plein, 1 apprenti
Production d’agneaux, élevage bovin, vente directe
550 brebis + 70 bovins adultes sur 180 ha


Réussir le Périgord
7, rue du Jardin Public - BP 70165 - 24007 Périgueux cedex