Auteur : Nelly Fray
Publié : mercredi 24 décembre 2014

Année agricole

2014 est marqué par la chute des prix des céréales et du maïs, tandis que certaines filières, comme la viticulture, retrouvent un équilibre. Grosse inquiétude par contre pour la pomme du Limousin, dont les volumes baissent.


Repli des cours des productions végétales

En fin d’année, les Chambres d’agriculture font le bilan de l’année pour les principales productions agricoles. Alain Plaud, conseiller à la Chambre de Dordogne, a livré ses conclusions, montrant que beaucoup de filières ont subi en cours d’année « des prix volatils qui ont chuté pour de nombreux produits ». Un phénomène qu’a souvent aggravé une météo capricieuse et pas mal d’incertitudes sur les impacts des changements réglementaires de la nouvelle PAC à partir de 2015.
En productions végétales, ce sont d’abord le blé et le maïs qui ont fait les frais de la situation mondiale. Des stocks importants en blé et une production abondante ont contribué à faire reculer les prix à leur niveau d’il y a 5 ans.
Une production soutenue en maïs, proche des records de l’an passé (980 millions de tonnes), la consommation (961 millions de t) progresse moins vite que la production. Conséquence, les stocks mondiaux (194 millions de t) sont à leur plus haut niveau depuis... 27 ans, entraînant une chute des cours mondiaux.


Vins de Bergerac : du positif !

À l’inverse des céréales, les stocks mondiaux de vins sont orientés à la baisse (-10 % dans l’hémisphère sud).
Si la production française (46 millions d’hl) augmente, ce n’est pas le cas en Espagne et en Italie. Néanmoins, les faibles récoltes en France ces dernières années ont creusé le manque de disponibilités et les prix progressent dans toutes les catégories. En outre, la consommation en grande distribution est en hausse. Seul bémol, les exportations françaises reculent sur presque tous les marchés, en particulier en Chine (- 15 %).
À Bergerac, l’année 2014 est marquée par des rendements enfin corrects et une qualité satisfaisante. De plus, le rapprochement des interprofessions de Bergerac et Duras est un signe favorable pour la prospection de nouveaux marchés et la poursuite du raffermissement des cours.


Tabac, fraise : du mieux

Les prix commerciaux du tabac augmentent en 2014 et les prévisions de rendement sont correctes. L’expérimentation de récolte mécanisée se poursuit, mais le nombre de tabaculteurs continue de s’éroder de 10 %. Il n’y a plus que 118 tabaculteurs dans le département pour 182,34 ha.
La fraise en revanche a vu ses volumes se stabiliser en 2014, autour de 7 000 tonnes. Néanmoins, les difficultés de la production remontante se confirment et les dégâts sanitaires importants à cause de la drosophile suzukii risquent de mettre à mal les efforts de la filière ces dernières années pour maintenir et développer cette production phare de Dordogne.


Fruits : la pomme dans la tourmente

L’année 2014 aura été mitigée pour l’arboriculture en Dordogne. Le marché de la noix est porteur et la récolte de 8 600 tonnes (pour 5 150 ha de noyeraie), avec des rendements en hausse, est plutôt encourageante, même si les calibres plutôt moyens ont déçu.
Avec un marché international mieux positionné, le pruneau d’Agen se relève et voit ses prix augmenter. Ce qui n’est malheureusement pas le cas de la pomme du Limousin qui voit sa récolte chuter de 14 % par rapport à la moyenne quinquennale (- 24 % par rapport à 2013). En plus, ses prix sont mis à mal par une baisse de la consommation, des stocks élevés et les conséquences de l’embargo russe qui la touche fortement.

 


Perte d’effectif en productions animales


Bilan. Cette année, le repli des coûts de production pourrait redonner une bouffée d’air à l’élevage, mais l’érosion du nombre d’éleveurs fait craindre l’extinction de certaines filières en Dordogne.

10 BASDans certaines filières animales, tout pourrait aller mieux. Avec un repli des coûts de production, une demande mondiale soutenue, une nouvelle PAC plutôt favorable aux éleveurs, les bovins et ovins viande pourraient enfin souffler. Mais le manque de productivité numérique et la diminution constante du nombre d’élevages sont inquiétants pour notre département.
En bovin viande, le rythme de la décapitalisation tend à ralentir en 2014 sur l’Aquitaine et même on commence à voir une amorce de recapitalisation en race limousine. Un phénomène à suivre sachant que certaines productions ont du mal à maintenir leur cours, les broutards et les jeunes bovins par exemple à cause d’une pression baissière sur l’export. La baisse de production se poursuit aussi pour les veaux de boucherie, mais aussi pour les veaux sous la mère dont les cours progressent toujours.
En ovin viande, malgré une dynamique sur les prix (moins marquée en 2014 qu’en 2013 tout de même), les effectifs continuent de chuter. Les abattages en forte diminution, tout comme la vente des reproductrices en 2014, constituent un mauvais signal.

Les producteurs de lait inquiets

Après avoir bien commencé, avec un prix du lait au 1er semestre nettement supérieur aux années précédentes, l’année 2014 marque une nette baisse des prix en ce dernier trimestre. Le nombre de livreurs continue de baisser (437 en 2014, - 7 %). L’effectif des vaches laitières baisse aussi de  2,2 % (28 675 vaches). La collecte de 159 millions de litres a diminué sur la campagne de 3,31 %.
Beaucoup d’inquiétudes aussi du côté de la filière caprine car, malgré le maintien du prix en 2014, supérieur de 60 e/1 000 l  par rapport à ce qu’il était en 2012, les laiteries manquent de lait et n’ont plus de stocks.
Mais les filières lait ne sont pas les seules à avoir des difficultés à renouveler leurs générations. Les éleveurs de volailles de chair ont également des difficultés à installer. Malgré cela, les volailles label mises en place en Aquitaine sont en augmentation sur les 9 premiers mois de l’année (+ 1 %, 28 millions de volailles label).
D’autres filières tendent à stabiliser leurs effectifs. C’est le cas des porcs qui ont connu en 2014 une dégradation des cours mais une stabilisation des volumes produits. Les abattages sont même en légère augmentation : + 1 à 1,5 % fin septembre (par rapport à la même période en 2013). Le lancement de la commercialisation de l’IGP Porc du Sud-Ouest, pour la viande fraîche, au printemps dernier, devrait constituer un encouragement.
Quant aux canards gras, leurs effectifs augmentent de 2 % tant au niveau national que régional. Dans le même temps, la consommation de foie gras augmente fortement : en France, elle est de 12 % supérieure à l’an passé sur les sept premiers mois de l’année. Quand on sait que la consommation explose au moment des fêtes, les éleveurs de palmipèdes gras ont de quoi se réjouir.

 


BIO : ATTENTION À L'ÉQUILIBRE

 

En Dordogne, 639 producteurs travaillent en agriculture biologique en 2013 pour 17 298 ha, soit 5,7 % de la surface agricole utile du département. Les conversions se poursuivent, surtout en polyculture-élevage et en grandes cultures (quelques projets en Dordogne), mais dans une moindre mesure par rapport aux années précédentes. Dans certaines filières, il semble que l’équilibre entre la production et les marchés puisse poser problème à terme.

 


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