Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 27 mars 2015

Ovin. Toujours confrontés à un déficit de production, les administrateurs des coopératives Univia et Expalliance, réunis dans l’OP Agnel, prônent l’agrandissement des cheptels, la contractualisation des apports et les agnelages à contre-saison.


Agnel mise tout sur les éleveurs qui restent

Une poignée d’éleveurs étaient présents à l’assemblée générale de l’organisation de producteurs ovins, mercredi dernier à Coulaures, mais jeunes et motivés. Certes, le nombre d’agneaux commercialisés baisse chaque année (-10 % en 2014, soit 17 244 agneaux), mais cela ne donne qu’une image imparfaite d’une filière qui s’est dotée de signes officiels de qualité (IGP Périgord et label rouge Agneau fermier des Pays d’Oc), dont les produits sont reconnus et plébiscités. Et qui ne se porte pas si mal économiquement !
C’est le paradoxe d’une filière qui perd des éleveurs (à peine 187 en 2014) malgré des prix en augmentation. « Plus 20 e par agneau par rapport à 2010 », rappelle Philippe Lacaze, technicien de l’Union de coopératives Agnel. Avec un prix moyen sur l’année de 118,36 e par agneau, avec plus-value, toutes catégories confondues, et de 125,33 e pour les agneaux label, pas de quoi se plaindre. Pourtant, certains dénoncent une politique de prix qui encourage trop la production à contre-saison. Un débat s’engage sur l’intérêt à produire quand il y a déficit. « Il va falloir s’habituer à sortir des agneaux lorsque les abattoirs en ont besoin », intervient Alex Gouaud, président d’Univia. L’éleveur Hugues de Froment n’est pas d’accord. Il a d’ailleurs initié un travail avec cinq étudiants ingénieurs en marketing de Purpan pour voir comment valoriser l’agneau du Périgord toute l’année. Une « démarche originale » saluée par le président d’Agnel, Philippe Collas.

Un plan de développement

Philippe Collas ne cache pas ses inquiétudes, des marchés ont été perdus faute de produits. Un point de vente sur Sarlat a renoncé à commercialiser des agneaux du Périgord au profit d’une marque locale. « En 2014, les agneaux d’Expalliance ont été livrés à Arcadie Thiviers, mais il nous faut continuer à conforter cet outil. Ce n’est pas gagné. »
Le risque de perdre des débouchés et de ne plus être collecté localement existe. Alors Agnel tente un coup de force pour augmenter les effectifs et lance un plan de développement ovin destiné à faciliter les investissements des nouveaux ateliers et des éleveurs qui voudraient accroître leurs effectifs. Un dispositif qui passera par des facilités d’accès à l’emprunt (prêt moyen terme à taux attractif pour l’achat d’agnelles, cautionnement extérieur...) grâce à un partenariat avec le Crédit agricole Charente-Périgord. Un appui technique renforcé et des aides de la Région devraient compléter ce dispositif pour encourager l’élevage de moutons dont les atouts environnementaux ne sont plus à démontrer.

Prix minimum garanti

Un plan qui s’ajoute à d’autres soutiens, le plan départemental étant reconduit pour un an et les aides au désaisonnement accordées par les coopératives se traduiront en 2015 par une plus-value label de 0,25 e/kg, contre
0,10 e, durant les périodes déficitaires. D’autre part, la commission spécialisée ovine a choisi de fixer un prix minimum garanti de 7 e/kg d’agneau label, plus-value compri-
se, du 1er janvier au 28 février et du 1er octobre au 31 décembre. Pendant ces périodes, le complément de plus-value sera porté à 5 e par agneau contractualisé. « Il va sans dire que nos coopératives n’aideront que ceux qui contractualisent avec elles et leur apportent la totalité de leur production », précise Philippe Collas.

 


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