Auteur : Nelly Fray
Publié : vendredi 5 février 2016

Mobilisation. À l’appel des FDSEA, JA, FDPL, les agriculteurs se sont couchés mercredi devant la préfecture pour symboliser la disparition des actifs agricoles. Des manifestants, qui mènent des actions en Bergeracois depuis lundi, les ont rejoints.

« Nous sommes tous en train de mourir »

« Qu’un agriculteur se couche et c’est cinq chômeurs de plus », explique Pierre Veyssi, président par intérim de la Fédération départementale des producteurs de lait (FDPL). Ce mercredi, il manifestait sa colère devant la disparition progressive des actifs agricoles en face de la préfecture de Périgueux : « Nous sommes tous en train de mourir », clamait-il dans son porte-voix. Une semaine après une première tentative de faire entendre leur malaise en bloquant des routes, les syndicats agricoles ont choisi une action symbolique puisqu’ils ont engagé les manifestants à se coucher, pendant une dizaine de minutes, devant la préfecture.
La FDSEA, les JA, la FDPL étaient rejoints par des agriculteurs du Bergeracois qui se sont mobilisés sur leur territoire toute cette semaine. La Coordination rurale a lancé les hostilités lundi matin à Bergerac, rejointe par des agriculteurs, toutes filières et syndicats confondus, informés de l’action par SMS. Les manifestants, dont beaucoup sont sans étiquette, ont rencontré lundi la sous-préfète de Bergerac, Dominique Laurent, et la députée du Bergeracois, Brigitte Allain. Ils expliquent qu’ils n’ont jamais connu une telle situation : « Je ne suis d’aucun syndicat, je viens parce que c’est la première fois qu’une banque me refuse un emprunt », explique ce maïsiculteur de St-Aubin-d’Eymet. Un de ses collègues, éleveur, fait le constat d’une impasse : « L’argent ne rentre pas, les charges nous tuent, on voudrait changer de production, faire autre chose, mais rien ne marche ».
Les actions s’enchaînent, tantôt ce sont des barrages filtrants et une pétition contre la paupérisation des agriculteurs que les manifestants font signer aux automobilistes. Puis, ce sont les accès du centre Leclerc de Bergerac qui sont bloqués, ou bien la laiterie des Chaumes, prise d’assaut en soirée par des agriculteurs. En fin de semaine, de nouvelles actions sont prévues.

Bloquer Rungis ?

Mercredi, une délégation a été reçue par le préfet pendant une heure et demi. Au sortir de la rencontre, les agriculteurs étaient très abattus. « Le bout du tunnel, on ne nous l’annonce pas avant 2020. On leur demande juste de nous aider à sauver l’agriculture et ils nous renvoient à Bruxelles », explique Fabien Joffre après sa rencontre avec les services de l’État. Il n’exclut pas de nouvelles actions, ni d’être dépassé par une base « de plus en plus difficile à tenir ».
De leur côté, les Jeunes Agriculteurs de la Dordogne veulent mobiliser leurs collègues d’autres départements pour aller bloquer le marché de Rungis.

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