Auteur : Lionel Robin
Publié : vendredi 19 septembre 2014

Un mariage de raison et de passion

Un ministre de la République dans un château, qui plus est des Affaires étrangères voilà qui peut être cocasse. Pourtant, c’est bien Laurent Fabius qui est venu lundi soir au château de Monbazillac remettre à 25 récipiendaires leur label Vignoble et patrimoine alors que le matin il participait à la conférence sur la paix en Irak à Paris. Le ministre des Affaires étrangères l’a reconnu, il a demandé à ce que le tourisme, dans le cadre du développement international, soit rattaché à son ministère.
« Je fais le tour du monde une fois par mois et, à travers mes voyages, quand on me parle de la France, on évoque le tourisme, la gastronomie et le vin. Nous serions bien bêtes de ne pas tout faire pour développer le tourisme et le vin ensemble quand ce sont deux activités qu’on ne peut pas délocaliser et qui peuvent générer autant de la richesse que des emplois », a expliqué le ministre des Affaires étrangères. Car sa visite en Bergeracois obéissait bien à sa volonté de développer l’œnotourisme.
Laurent Fabius a répondu favorablement à l’invitation de Florence Cathiard, présidente du Conseil supérieur de l’œnotourisme qui décerne le label Vignoble et patrimoine. Cette marque est attribuée pour trois ans à des acteurs de l’œnotourisme qui font preuve d’initiatives. Elle récompense autant des viticulteurs, qui vont faire de l’hébergement ou proposer des animations, que des prestataires qui mettent à l’honneur des vins ou des propriétés.

Table ronde avec les viticulteurs

Avant la cérémonie de remise des plaques, le ministre a participé à une table ronde avec des professionnels viticoles. « Je suis ici pour vous écouter »,  leur a dit Laurent Fabius avant de leur rappeler que « en 1950, il y avait 25 millions de voyageurs qui prenaient l’avion, aujourd’hui 1 milliard, dans quinze ans deux milliards. Il faut que ces voyageurs viennent ici, y restent et y consomment ».
Les préoccupations des viticulteurs tournent autour de la publicité des alcools par rapport à la Loi Évin et de la promotion des vins et des vignobles via internet. Florence Cathiard a expliqué à quel point les acteurs de l’œnotourisme avait besoin d’un portail internet « beau et efficace ».
Par rapport à la loi Évin, Laurent Fabius a admis qu’il fallait « trouver un équilibre sans passer de l’autre côté du cheval ». Quant à internet, il a promis de s’en préoccuper rapidement pour apporter des solutions sur la création de ce portail.
En revanche, le ministre des Affaires étrangères a souligné que le tourisme et l’œnotourisme ne se développeraient que si les professionnels faisaient ce qu’il fallait pour soigner l’accueil, se formaient pour parler les langues étrangères, en particulier l’anglais. « Je veux qu’on dise de la France que c’est un pays accueillant. Alors il y a les langues mais c’est aussi la qualité de l’accueil, l’hospitalité, c’est une culture à développer, une mentalité à acquérir. »
En conclusion, et pour le plus grand plaisir des professionnels du vin présents, le ministre a affirmé qu’il croyait en l’œnotourisme parce que c’est « un mariage de raison et de passion ».


 

2115 j pecoudPOINT DE VUE

Jocelyne Pécoud, viticultrice labellisée
Pour moi, être labellisée Vignoble et patrimoine est une belle reconnaissance de ce que je fais : partager des instants de vie avec mes clients. Nous avons revisité la façon de faire déguster le vin à nos visiteurs. Au lieu de leur donner un verre à boire accouder sur une barrique, on leur a proposé des goûters, des tartines, des visites le long de nos vignes où nous avons pris le temps de leur parler de notre métier, de nos vins, de notre passion. C’est ce qui a su séduire nos clients.


Réussir le Périgord
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